Bonne lecture mes
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Quidditch et Patronus (suite et fin du chap)
Il avait du mal à croire ce qui venait de se passer. Tout semblait aller à la perfection, les choses s’arrangeaient, il retrouvait le moral, mais comme d’habitude, il avait fallu que quelque chose vienne tout gâcher…
- Je me retrouve trop souvent dans un hôpital ou une infirmerie à mon goût, finit-il par dire.
- Tu ferais mieux de boire ta potion, Harry, conseilla Hermione sur un ton à la fois compatissant et inquiet.
Sans un mot, Harry vida son gobelet d’un trait et frissonna : il avait l’impression que l’on répandait de la glace dans tout son corps.
Mme Pomfresh l’autorisa à sortir de l’infirmerie le lendemain, à l’heure du déjeuner.
La samedi après-midi, il avait pu convaincre Ron, Hermione et Neville d’achever leur rattrapage des cours et de le laisser seul. Les joueurs de l’équipe avaient fini par sortir eux aussi, se disant désolés pour Harry et lui souhaitant de se rétablir vite – même Dean qui semblait désormais plus conciliant à son égard. Mais un petit quart d’heure plus tard, l’un d’eux était revenu et lui avait tenu compagnie pendant près d’une heure, malgré les protestations de Mme Pomfresh.
- Vous avez besoin de repos, Potter ! avait-elle répété pour la millième fois – si Harry en croyait sa lassitude.
- J’ai aussi besoin de parler à mes amis, avait-t-il répliqué.
L’infirmière avait alors soupiré.
- Vous êtes majeur, c’est vous qui voyez, mais faites bien attention : si vous ne vous sentez pas bien, mettez un terme à votre conversation et reposez-vous.
Et elle avait une nouvelle fois soupiré avant de repartir dans son bureau, non sans un regard irrité pour la visiteuse imprévue de son patient.
- Salut Harry, avait dit celle-ci, un peu gênée.
- Salut Ginny, avait répondu Harry. Assieds-toi, l’avait-il invitée en montrant le bord du lit.
D’un geste hésitant, la jeune rousse s’était installée sur le matelas.
- Ca va ? avait-elle demandé.
- Ca peut aller, avait dit Harry, même si j’aurais de loin préféré ne pas être ensorcelé.
Ginny avait eu un sourire…
Ils avaient parlé de tout et de rien, avaient plaisanté, ri, parlé avec énergie des points qu’il leur faudrait gagner aux prochains matches s’ils voulaient gagner la coupe de Quidditch, mais aussi de sujets plus sérieux concernant Voldemort et le travail de Scrimgeour.
Harry se sentit alléger d’un poids en discutant aussi librement et profondément avec Ginny. Malheureusement, Mme Pomfresh finit par la chasser de l’infirmerie. Ils s’embrassèrent sur les joues – donc pas aussi intimement que Harry l’aurait souhaité, mais cela constituait pour lui une excellente raison pour flotter sur un petit nuage… et pour retrouver le moral qu’il avait perdu.
Il entra donc dans la Grande Salle au beau milieu du repas du dimanche midi, et les Gryffondor l’accueillirent chaleureusement, bien qu’il savait que ses camarades cachaient leur déception du mieux qu’ils pouvaient. Il fut soulagé de constater que personne ne lui en voulait.
Il se sentait assez détendu, avec un profond sentiment de plénitude difficile à expliquer en ces circonstances peu joyeuses. Il répondait vaguement quand on lui parlait, ses pensées se trouvaient ailleurs…
Il reprit cependant ses esprits lorsqu’il vit Zacharias Smith se lever de la table voisine et s’approcher de lui.
Il semblait mal à l’aise.
- Potter, il faut que je te parle, déclara-t-il sur un ton très sérieux.
- Laisse-le, Smith, lança Ron avec une voix menaçante.
- Il faut que je te parle, répéta Smith en ignorant du mieux qu’il pouvait le regard agressif de Ron et de tous les autres élèves de Gryffondor. Est-ce qu’on pourrait se voir… dehors ?
Harry hésita quelques instants en voyant clairement une réponse négative dans les regards des autres mais étant plus décontracté et ouvert d’esprit qu’à l’ordinaire, il acquiesça. Il suivit Smith hors de la Grande Salle et ce dernier pila et se retourna une fois arrivé devant l’escalier de marbre.
- Potter, je voulais te dire que je suis désolé pour le match.
Harry n’en crut pas ses oreilles : Zacharias Smith qui s’excusait ?
- Je ne voulais pas gagner de cette façon, j’aurais voulu gagner à la loyale… marmonna-t-il.
- Qu’est-ce que tu veux dire par là ? demanda Harry en fronçant les sourcils.
- Qu’on a gagné seulement parce que quelqu’un t’a ensorcelé ! répliqua Smith, irrité. Je voulais donner la victoire à Poufsouffle mais je voulais gagner le match par moi-même, et pas grâce au cinglé qui a fait ça ! Poufsouffle n’a eu aucune gloire…
Il y eut un silence gêné.
- Et c’est tout ce que tu voulais me dire ? questionna Harry, toujours ahuri par les étranges regrets de Smith.
- Non, répondit ce dernier, je voulais aussi te dire que si je peux te rendre un petit service, il suffit de demander.
- Et bien… merci. Je… J’y penserai.
Embarrassé, Harry monta dans la salle commune sans rejoindre la Grande Salle. Il décida de faire ses devoirs dans lesquels il avait pris du retard à cause des entraînements de Quidditch…
- Et bien j’ai perdu mon temps ! dit Harry à voix haute, en effrayant quelques première année.
Il avait retrouvé son amertume ; et maintenant, il se posait des questions. Qui avait bien pu l’ensorceler ? Comment la personne en question s’était-elle débrouillée pour faire en sorte qu’il se casse la main… ? Et surtout pourquoi, oui, pourquoi l’avait-on attaqué ? S’agissait-il d’un Poufsouffle fanatique ou d’un homme de main de Voldemort ? Cette éventualité lui paraissait beaucoup plus probable – et inquiétante –, et cela lui donnait d’ailleurs une idée sur le coupable…
Penser à Ginny lui rappelait forcément Théodore Nott et sa bande de Serpentard dont l’attaque inopinée lui restait en travers de la gorge au point de l’étouffer. S’ils avaient réussi à ne pas se faire prendre après ce qu’ils avaient fait à sa petite amie, il ne faisait aucun doute qu’ils auraient également su lui jeter un sort sans se faire remarquer, même pas du visé lui-même… Il restait à comprendre comment ils s’étaient débrouillés pour réaliser ces « miracles ».
Il ne fit pas partager ses idées à Ron et Hermione quand ils le rejoignirent. Ils avaient enfin rattrapé leur retard et avaient également fait leur travail pour les jours suivants, aussi Harry les convainquit une nouvelle fois de le laisser seul. Neville sortit également de la salle commune, et Harry passa ainsi le reste de la journée à gratter sa plume sur du parchemin.
Et les heures passèrent…
Il finit par perdre toute notion du temps. Il ne savait plus où il se trouvait, ce qu’il faisait, qui il était, ses paupières devenaient lourdes…
Un vieil homme, à en juger par sa tignasse grise, gisait sur le sol, tourné sur le dos. Harry tenait sa baguette magique pointée vers lui… tout était complètement flou…
- Harry, réveille-toi !
Il rouvrit les yeux. Il avait l’impression que sa joue était mouillée, et il s’aperçut rapidement qu’il s’était endormi sur sa bouteille d’encre qui s’était renversée sous le choc. Les fenêtres de la salle commune ne filtraient plus que la lumière de la lune et des étoiles, tandis que Neville, l’air assez agité, se tenait devant lui.
- Qu’est-ce qu’il y a ? s’inquiéta Harry tout en tentant vainement d’essuyer l’encre qui commençait déjà à sécher sur sa joue droite.
- La réunion de l’Ordre ! s’exclama Neville. On t’attend tous ! Même Ron et Hermione ont pensé à sortir de leur placard à balai où ils s’embrassaient pour venir à l’heure et toi tu dors !
- Je ne voulais pas m’endormir, répondit Harry en se frottant les yeux. Bon… Désolé, finit-il par s’excuser. Mais pourquoi est-ce que tu as l’air si nerveux ?
- McGonagall veut tous nous voir immédiatement pour nous annoncer quelque chose. Si tu voyais sa tête, ça a l’air grave ! Dépêche-toi !
D’un rapide mouvement de sa baguette, Harry fit disparaître l’encre bleue de son visage et ils traversèrent au pas de course les couloirs qui les séparaient de la Salle sur Demande. Harry se confondit en excuses et prit place aux côtés de Ron et Hermione avec Neville.
Le professeur McGonagall était très pâle.
- Bien, dit-elle. Maintenant que nous sommes tous réunis, je dois vous annoncer de… tristes nouvelles. J’ai reçu un message d’Alastor par Patronus. D’après ce que j’ai compris, il a réussi à entrer dans Pré-au-Lard.
- Comment a-t-il fait ? demanda tout de suite Tonks.
- C’était assez difficile à comprendre, le message était flou, mais il semblerait que ce soit la Marque des Ténèbres géante qui se trouve au dessus du village qui permette d’y pénétrer.
Cette révélation déclencha une grande surprise sur les visages des membres de l’assemblée.
- De quelle façon la Marque pourrait-elle aider à entrer ? questionna Sturgis Podmore.
- Je… Je ne sais pas exactement mais… il faut d’abord que je parle d’autre chose.
Il y eut un silence. McGonagall se tourna vers Harry.
- Il y avait aussi quelque chose à votre sujet, Harry, déclara-t-elle.
Extrêmement surpris, Harry attendit, presque bouche bée. Qu’est-ce que Maugrey Fol Œil pouvait bien avoir découvert le concernant ?
- Il semblerait que Vous-Savez-Qui vous ait fait tomber dans un piège.
- Comment ? s’intrigua Harry.
- Je n’en sais pas plus, Harry, assura McGonagall sur un ton grave. Mais si cette information est exacte, cela signifie que vous êtes déjà tombé dans un piège tendu par Vous-Savez-Qui, et ce serait, nous le savons tous les deux, extrêmement grave.
L’assemblée sombra à nouveau dans le mutisme. Beaucoup regardaient alternativement Harry et McGonagall. Harry était à peu près certain que tout le monde ne devinait désormais que trop bien la nature de sa mission, en tout cas aussi bien que la Gazette du Sorcier…
Mais quelque chose lui parut suspect dans l’attitude du professeur McGonagall : il savait qu’elle n’aurait pas eu l’air tellement pâle, si bouleversée, s’il ne s’était agi que d’un danger potentiel.
- Qu’est-ce qui se passe, professeur ? demanda Hermione avant que Harry n’ait eu le temps de poser la question lui-même.
McGonagall mit un certain temps avant de reprendre le contrôle de sa respiration soudainement saccadée.
- Je n’ai pas pu avoir la totalité du message, finit-elle par répondre.
- Maugrey devait être pressé par le temps, Minerva…, commença Kingsley.
- Non, répliqua la présidente de l’Ordre, je veux dire que je n’ai pas eu la totalité du message apporté par le Patronus parce qu’il s’est brutalement évanoui, et de façon très inhabituelle. Il ne s’est pas évanoui, non, il a disparu d’un coup, sans même que sa lumière ne s’affaiblisse ne serait-ce qu’une fraction de seconde.
Ils demeurèrent tous silencieux. Harry se demanda si McGonagall voulait bien en venir à ce qu’il pensait…
- Nous savons tous qu’une telle chose n’a pu se produire qu’à une condition…
Un silence de mort régna dans la Salle sur Demande. McGonagall reprit encore une fois la parole :
- Alastor a été tué.
Harry ressentit soudain une brève mais très forte sensation de brûlure sur le front.
- Aïe !
- Qu’est-ce que tu as, Harry ? s’inquiéta Hermione.
Il se plaqua la main sur le crâne et caressa la vieille marque…
L’éclair s’était réveillé.