Après avoir bien rigolé avec notre chère elo
Voici la fin du chapitre 7. Bonne lecture à tous !
Livré à lui-même, Harry décida d’aller se promener hors du château. D’abord, il visita la grande volière où il caressa longuement sa chouette blanche.
Il devinait qu’Hedwige s’ennuyait mais, à présent, la lâcher l’exposerait à trop de dangers. Il la consola par des friandises, puis changea d’orientation.
Le grand lac s’irisait de reflets changeants sous les rayons du gai soleil qui l’accompagna dans sa balade. Là-bas, près de la rive, une dalle de marbre blanc l’attirait mieux qu’un aimant. S’y rendant sans hâte, Harry revécu une fois de plus toute l’horreur de cette nuit cruelle où son plus grand soutien lui avait été ôté. Arrivé à proximité, Harry ralentit l’allure, la gorge étonnamment nouée. Il aurait tant souhaité que ce ne fût qu’un cauchemar ! Hélas, la pierre était là, symbole du tournant magistral de son existence. Aucune larme ne franchit ses paupières, le jeune homme raidi se surprit à sourire. Partout, autour de la tombe, s’étalaient les hommages des visiteurs. À croire que chaque être de la forêt interdite était venu déposer son obole : arc de Centaure, fil d’Acromantule, crin de Licorne, et tant de menus présents ! Le plus singulier était certainement cette paire de chaussettes grossièrement tricotées placée à l’abri des intempéries ; Harry estima qu’elles ne pouvaient provenir que de Hagrid. L’émotion, néanmoins, le submergea ; il préféra détourner ses pas.
Son errance hasardeuse le ramena droit vers la cabane de Hagrid. Elle était bien différente que celle dont il gardait le souvenir. Il est vrai qu’elle avait beaucoup souffert lors de l’incendie provoqué par les Mangemorts en déroute.
Maintenant, la maisonnette était toute pimpante, plus aucune trace de brûlure ne transparaissait ; une aile secondaire, de belle taille, avait même été ajoutée.
D’un poing allègre, Harry frappa l’épaisse porte de bois. Des aboiements féroces répondirent en retour ce qui soulagea le jeune homme. Crockdur n’avait donc pas gardé de séquelles de ses mésaventures. Peu après, Hagrid se présentait sur le seuil :
« Oh, c’est toi ! Entre donc, je me préparais un thé. Tu en veux ? »
Harry resta un instant interdit face au géant. Hier soir, il n’avait rien remarqué mais là, dans la clarté du jour…
Mal à l’aise, il passa devant Hagrid, puis tenta de dissimuler son trouble par une inspection des lieux. Il y contempla l’énorme lit habituel avec le même couvre-lit en patchwork : le mobilier n’avait guère varié ; au plafond pendaient toujours jambons et oiseaux morts. L’unique différence résidait dans une seconde porte monumentale, très intrigante.
« Vous… Vous êtes bien installé, à présent. Une seconde pièce, je vois ?
- Euh… Oui ! C’est plus pratique… pour... Enfin, tu comprends, je ne pouvais pas… le laisser dans la forêt.
- Graup est… ici ? sursauta Harry, lorgnant le panneau avec inquiétude.
- Pour l’instant, il se promène. Il ne rentre que pour dormir. Il s’est bien adapté, je t’assure. »
Se rappelant l’attitude raisonnable du demi-frère du géant lors des funérailles de Dumbledore, Harry accepta ces dires sans trop de réticences.
Il s’assit sur l’un des vastes sièges et observa du coin de l’œil les allées et venues de Hagrid qui s’affairait autour du fourneau.
« Et ce bibelot de chez Malefoy ? Vous en avez fait quoi ?
- Rien ! Rien du tout, avoua le jeune homme. Mais… allez-vous bien, Hagrid ? Je vous trouve…
- Fatigué ? Je le suis, j’ai eu pas mal de travail pour établir mes cours de façon à satisfaire le ministère. »
Harry jugea la réplique trop rapide pour être entièrement sincère. Il avait toujours connu Hagrid vif et alerte, même après avoir reçu des coups à terrasser un dragon de la part de Graup. Ici… Le géant avait les traits tirés, de larges cernes se dessinaient sous ses yeux sombres, sa peau semblait grisâtre… Qu’est-ce qu’il couvait ? En plus, il était maladroit ; il venait de renverser de l’eau bouillante à côté de la théière. Heureusement, ses gants le protégeaient des brûlures.
Le breuvage chaud le réconfortant, Harry prit plaisir à bavarder avec le demi-géant. Malheureusement, l’évocation inévitable de leur cher disparu déclencha des sanglots désespérés que Harry n’arriva pas à contenir. Hagrid paraissait ne plus pouvoir s’arrêter. Il avait déjà inondé le quart de la pièce quand, enfin, il sortit son grand mouchoir à pois qu’il emplit à grand renfort de bruits de trompette.
« Une si belle âme… personne ne l’égalera… si bon… »
Harry dût encore subir près d’une heure de discours sur les merveilleuses qualités du noble Albus Dumbledore avant de pouvoir se dérober dignement.
La matinée était bien avancée maintenant. Harry ressentit un léger gargouillis stomacal, lui prouvant que l’heure du déjeuner approchait. Revenant sur ses pas, il entrevit les serres d’où il perçut des éclats de voix inhabituels. Sa curiosité naturelle le poussant dans cette direction, il tendit l’oreille. Pas de doute, le professeur de botanique et l’infirmière discutaient ferme, là-dedans.
« J’en ai absolument besoin ! criait Mrs Pomfresh.
- L’Ellébore ne pousse pas sur un coup de baguette ; quant au suc de filet du diable, il sera bientôt prêt.
- C’est terriblement urgent ! Faites au plus vite. »
Harry s’éloigna, les idées à l’envers, tentant de se rappeler les vertus associées à ces plantes.
Alors qu’il abordait l’allée menant au château, il vit Hermione accourir à sa rencontre.
« Je t’ai cherché partout ! Où étais-tu ? »
Bras dessus, bras dessous, ils rejoignirent l’antique monument sans cesser d’échanger des confidences. Harry lui narra ses dernières découvertes, et ce qu’il redoutait se produisit lorsqu’il parla du décès de Winky : Hermione fondit en larmes. D’abord Hagrid, maintenant Hermione, le garçon se demanda qui serait la 3ème personne à pleurer devant lui, aujourd’hui. Par bonheur, la vue de la table bien garnie remonta le moral de la jeune fille qui attaqua gaillardement les nombreux plats exposés à leur féroce appétit.
« Que te voulait la directrice ?
- Petite réunion concernant mes nouvelles attributions. »
Le jeune homme tiqua légèrement. Plus de trois heures d’entretien pour une simple mise au point ? Par expérience, il savait que si Hermione avait décidé de se taire, rien ne la ferait changer d’avis.
Ils savouraient une succession de desserts plus délicieux les uns que les autres quand Harry, les yeux rêveusement levés sur le plafond reflétant un ciel sans nuages, toussa copieusement.
« Tu t’étrangles ? Attends, je peux… »
Les gestes de dénégations eurent raison du sort que la jeune fille allait appliquer. Elle se pencha anxieusement vers son ami :
« Toi, tu as pensé à quelque chose ! Dis-moi, vite ! »
Harry s’épongea fébrilement les yeux en ôtant ses lunettes. Il les chaussa et fixa sa compagne.
« J’ai eu une idée… dingue ! Quelle heure est-il ? »
Surprise, Hermione consulta rapidement sa montre :
« Tout juste midi, pourquoi ?
- Le Poudlard Express part toujours à onze heures, non ? Il est donc en route…
- Tu m’inquiètes, qu’as-tu en tête ? »
En guise de réponse, Harry lui signifia que le déjeuner était terminé, qu’ils devaient se hâter. Il enjamba le banc de bois, et se rua vers la sortie, suivi de près par une Hermione affolée. Elle le bombarda de questions tout au long de leur course dans les étages. Harry restait sourd à ces demandes répétitives, fonçant aussi vite que ses jambes le lui permettaient pour atteindre la salle commune de Gryffondor. Après avoir fait pivoter la grosse dame assez choquée de tant de précipitation, Harry fonça vers son dortoir.
« Prends ton balai ! cria-t-il avant de disparaître dans le second escalier. »
Nouvelle cavalcade descendante. Fort heureusement, les volées de marches ne changèrent pas de direction, ce qui aurait contrarié leur parcours. Essoufflés, ils s’arrêtèrent devant une statue du 2ème étage. Elle représentait une horrible sorcière bossue et borgne.
« Tu… Tu veux sortir ? haleta Hermione en nage. »
Harry se contenta de glisser derrière la statue dont il tapota la protubérance dorsale en prononçant la formule habituelle :
« Dissendium »
Aussitôt, la bosse pivota sur le côté, libérant un passage secret. Sans attendre, le garçon s’y faufila. Hermione, contrariée, tapa un pied rageur avant de suivre son ami.
Après un léger toboggan, ce fut la traversée du sombre boyau qui débouchait dans la cave de Honydukes, le célèbre magasin de bonbon de Pré-au-lard. Harry déploya sur eux sa merveilleuse cape tissée de poils de Demiguise qui les dissimula instantanément à la vue de quiconque se trouvant dans les parages. Ils n’éprouvèrent aucune difficulté à traverser la boutique fermée à cette heure de repas, et la serrure ne résista pas à l’Alohomora de Harry.
Ils s’éloignèrent des habitations pour gagner un chemin de terre perdu dans la campagne environnante.
« Me diras-tu enfin ce qui se passe, Harry ? Si tu ne t’expliques pas, je rentre ! N’oublie pas que je suis préfète en chef et, qu’à ce titre, j’ai pour devoir de…
- La rentrée officielle est seulement pour tantôt, du moins…si elle a lieu ! Tu te souviens de ce que Scrimgeour nous a dit dans son bureau ?
- Qu’il avançait la rentrée par mesure de sécurité, et que…
- Imagine qu’il y ait un ou plusieurs espions au ministère. Je suis persuadé qu’il en traîne encore. Et, ce transplanage imprévu ? S’ils nous croient dans le train, rien ne les empêche de l’attaquer. Le ministre pense déjouer leur plan ; moi, j’ai des doutes. »
Hermione battit des cils, triant les éléments livrés par son ami. Elle se plaqua une main sur la bouche, étouffant un « ho » de stupeur avant d’approuver gravement :
« Cela se pourrait ! Ne devrions-nous pas prévenir…
- Pour nous faire traiter d’illuminés s’il ne se passe rien ? Alors, tu viens ou non ?
- Comme si j’avais le choix ! dit la jeune fille maussade, en enfourchant son balai. »