Voili voilou! J´espère que vous apprécierez.
Puisqu’il était impossible de discuter dans ce couloir, ni devant l’ascenseur où d’autres sorciers stationnaient, Harry et Hermione durent attendre de se trouver au 6ème étage qui régulait les transports magiques avant d’échanger quelques commentaires.
« Ça rime à quoi, toutes ces mesures ? s’énerva Harry. J’avoue être heureux de passer ce permis plus tôt que prévu, mais…
- Ils tenteraient une action contre le train ? Tu te rends compte. Si elle avait lieu, ce serait une catastrophe ; l’école ne s’en relèverait pas. »
Ils n’eurent guère plus de temps pour s’interroger que déjà ils arrivaient au centre d’essai de transplanage. Une seconde plus tard, ils se tenaient devant Wilkie Tycross, le professeur auquel ils avaient eu affaire antérieurement dans l’année.
Toujours l’air aussi fragile, ce petit sorcier farfouillait dans des documents, relevant à peine la tête vers les arrivants :
« Ah, oui, Potter ! Voyons… Vous vous souvenez des trois D, n’est-ce pas ?
- Destination, Détermination et Décision.
- Parfait ! Voilà votre attestation. »
Incrédule, le garçon réceptionna le document :
« Euh… C’est tout ?
- J’ai autre chose à faire, voyez-vous ! Allez, ouste !
- Ne deviez vous pas nous dire… ajouter quelque chose… »
Tycross tiqua sous la remarque de Hermione, il se massa le front semblant assez perdu, puis ses traits s’éclairèrent. Il fouilla sa paperasse, en ressortit deux enveloppes qu’il tendit à Harry, lui désignant la porte d’un coup de menton volontaire.
Dans le couloir, Harry et Hermione regardèrent les enveloppes que le garçon tournait et retournait dans ses doigts.
« Ce ne sont pas des beuglantes, c’est déjà ça !
- Celle-la est pour moi, donne ! »
Deux déchirures succédèrent, chacun se plongea dans la lecture.
Le visage de Hermione rayonna bientôt de joie.
« C’est magnifique, Harry ! Je suis nommée préfète en chef ; et toi ? »
Harry, ahuri, n’arrivait pas à détacher ses yeux du papier qu’il fourra dans les mains de son amie.
« Je ne peux pas accepter ça ; ils sont fous ! »
Lisant rapidement, Hermione resta bouche bée avant d’exploser :
« C’est formidable, Harry ! Félicitation ! »
Dans un élan d’enthousiasme, elle lui sauta au cou, l’embrassant fougueusement sur les joues. C’est à ce moment qu’une porte s’ouvrit, livrant le passage à une grosse corbeille bourrée à raz bord de documents. Elle lévitait sous la direction de la baguette d’un jeune homme roux qui apparut juste derrière elle.
VLAM ! La manne et son contenu churent par terre, faisant sursauter Harry et Hermione. Tournant vivement la tête vers la source de ce bruit incongru, le couple ébahi réalisa avec effroi la position délicate dans laquelle il se tenait. Hermione se décramponna de Harry en agitant les mains devant elle.
« Ce n’est pas du tout ce que…
- C’est ça ! ricana méchamment Ron Weasley. Vous me prenez pour Trelawney ? Dites toute de suite que j’ai des visions !
- Je félicitais Harry ! Figure-toi qu’ils…
- On félicite TOUJOURS Harry Potter, l’élu, le survivant ! Un gamin tellement noble ! En a-t-il accomplies, des œuvres ! On oublie un peu trop souvent que, sans nous, il ne serait probablement plus là, à parader au nez des autres. »
Harry éprouvait d’énormes difficultés à garder son calme sous les affronts expédiés avec autant de cynisme par celui qu’il considérait encore comme son meilleur ami. Au nom de cette amitié, il résista à la furieuse envie de répliquer vertement. Cependant, cette apparente passivité, loin d’apaiser le rouquin, l’excita davantage. Une volée de jurons, passant de la bouse de dragon à d’autres termes proscrits par les bonnes mœurs, vola dans les airs. Ron hurlait tellement que des têtes curieuses, ou choquées, se montrèrent aux portes, contemplant ahuries ce déluge d’obscénités.
Un sorcier voûté et chenu tenta de s’interposer :
« Ce n’est pas un lieu pour les duels, il vous faut… »
Le malheureux vieillard se demande probablement encore aujourd’hui comment il s’est retrouvé subitement la tête en bas, comme suspendu par un pied. Cette réaction stupéfia l’assistance qui hésita dans la riposte. Pourtant, quand Ron brandit sa baguette sur Harry en criant :
« Endolor… »
Ils furent six à lui sauter dessus en même temps, le bloquant complètement. Le grand jeune homme se débattit tel un possédé du démon. Il fallut recourir au Stupefix avant, d’enfin, en venir à bout.
Désolés, Harry et Hermione assistèrent à l’évacuation du corps inanimé de Ron.
« Que… Que va-t-on lui faire, Harry ? demanda la jeune fille qui ne cherchait pas à cacher ses larmes.
- C’est… C’est très grave, cette fois. Je ne sais pas comment Arthur pourra lui éviter… »
Incapable de prononcer le nom de la prison maudite, Harry Potter baissa la tête, anéanti.