Suites aux pages 463,466,469,471,473,475,478,480,483, 485, 488, 489, 491, 493, 498, 501, 505, 518, 523, 527.
c´est court, je sais, c´est la fin du 11, bonne lecture.
Ils discoururent encore un moment, la question principale étant : comment débusquer l’infâme assassin ?
Diverses propositions s’échangèrent puis Charlie Weasley dit :
« Nous pourrions lui tendre un piège !
- Tu as raison, s’emballa Fred. Provoquons-le !
- C’est juste, renchérit Bill. Nous n’allons pas attendre gentiment qu’il nous tombe dessus.
- D’autant, dit Podmore, que si nous sommes très prudents, il ne se manifestera plus.
- On ne va pas le regretter, siffla Mrs Figg entre ses dents serrées.
- Bien sûr que non, fit Arthur. Mais à un moment où l’autre, surtout si ça dure, notre attention se relâchera et, là, nous serons vulnérables.
- Oui, reconnut Harry. Cet individu doit avoir une patience à toute épreuve. Si nous ne tentons rien, il peut nous laisser mijoter des mois avant de nous avoir par traîtrise. »
Un moment silencieux, ils cogitèrent sur cette option.
« Il nous faut un appât, et un de taille, déclara Harry. Ce gars a l’air de m’en vouloir personnellement, je me propose.
- Non, Harry ! s’opposa vivement Hermione. Il t’en veut, c’est sûr, mais tu ne dois pas t’exposer. D’abord, ta présence est souvent requise à Poudlard ce qui t’empêche, même involontairement, d’être au premier rang. De plus, je ne crois pas me tromper en affirmant que tu es le dernier sur sa liste. Il désire te faire… souffrir un maximum avant de t’attaquer. »
Le jeune homme l’avait compris, cependant il souhaitait détourner l’attention sur lui afin de protéger les autres. Il remercia mentalement la jeune femme pour ne pas avoir exprimé qu’en raison de ses tares il serait certainement nul face à un adversaire de force supérieure.
« Tes intentions sont nobles, mon garçon, souffla Arthur comme à regret. C’est l’un d’entre nous qui doit être le bouc ou la chèvre, je ne sais plus comment disent les moldus. Bref, je le ferai.
- Pas question, s’insurgea Molly. Tu as encore charge de famille ! Que deviendrons-nous s’il t’arrivait…
- Tu ne me crois pas capable de me défendre ?
- Molly n’a pas tort, releva Hermione. Même avec les autres membres à proximité, on ne peut pas être certain qu’il n’y aura pas de risque. Ce type a un énorme avantage sur nous : il nous connaît alors que nous ignorons à qui nous avons affaire. »
Cette réplique jeta un froid que le bon feu de la cuisine ne réchauffa pas. Le défi était conséquent. Quel moyen utiliser pour offrir un appât en toute sécurité ?
« Votons ! dit Podmore. Celui qui récoltera le plus de voix, se sacrifiera. »
Même si Harry déplorait ce système, il n’en avait pas de meilleur à soumettre. Plumes et parchemins circulèrent. Chaque membre écrivit le nom de son candidat. Lorsque tous les bulletins furent réunis, Hestia Jones les dépouilla, le décompte commença. Il ne fallait par être devin pour comprendre que, comme Harry l’avait fait, tous s’étaient portés volontaires. On arriva à la fin quand un nom se démarqua avec deux voix : Dedalus Diggle ! Puisque aucun parchemin n’indiquait Arabella Figg, celle-ci rougit copieusement :
« Je… Je suis désolée, Dedalus. Je suis trop peureuse et nulle pour ce genre d’aventures. »
Personne ne la blâma, au contraire, car grâce à elle ils tenaient le gagnant.
« J’accepte de porter le chapeau, rit-il assez nerveusement en rajustant son haut-de-forme. Quel sera mon rôle au juste ? »
Nouveau dilemme. On ne savait rien de la tactique de l’adversaire. Pourquoi choisissait-il cette victime plutôt qu’une autre ?
« Je crois, s’avança Harry, que notre homme cherche à m’atteindre dans ce que j’ai de plus cher, sa dernière lettre le démontre assez clairement. Je ne vais pas clamer que j’adorais Mrs McGonagall mais je lui vouais une profonde reconnaissance affectueuse. Personnellement, je pense que le décès de Mrs Pomfresh n’était pas prévu au premier plan des priorités de ce malade. Vous connaissez mes sentiments pour Lupin et Tonks ; j’aimais aussi beaucoup Maugrey, quant à Shacklebolt, il connaissait mon père ce qui créait un lien entre nous. Bref, il faudrait, mon cher Diggle, que vous répandiez la nouvelle comme quoi, vous et moi serions les meilleurs amis du monde.
- Il ne marchera pas, Harry ! Il possède tes souvenirs, soutint Hermione.
- Euh… Une annonce… Une interview… prouvant que cette sincère amitié est… récente. Quelque chose du genre devrait suffire.
- Oui, murmura Arthur réfléchissant à haute voix. Et, dès la parution de l’article, nous redoublerons de prudence en surveillant notre allié.
- Et nous-même ! insista Harry. Ce fou est très capable de flairer le piège, alors… »
Dedalus se montra enchanté de sa mission. Il promit de s’y atteler sitôt rentré. La soirée était déjà avancée, l’heure des adieux sonnait.
Par petits groupes, afin de ne pas donner l’éveil à un éventuel Moldu couche-tard, ils se séparèrent. La famille Weasley parut moins froide à Harry. Il reçut une brève accolade de Molly qui lui souffla avant de rejoindre les siens :
« Fais bien attention à toi, mon chéri. »
Demeurés seuls, Hermione et le directeur entreprirent de ranger la cuisine où le débat avait eu lieu. Ils éteignirent tous les foyers, puis se retrouvèrent en tête-à-tête.
« Nous ne sommes pas obligés de les imiter et de retourner au château, dit la jeune femme. Nous pourrions très bien… dormir ici ? »
La tentation était très forte, Harry ne céda pas :
« Il y a un temps pour tout, ma douce. Nous ne serons pleinement heureux qu’une fois ce meurtrier à sa place, à Azkanban. »
Si la demoiselle fut déçue du peu d’entrain de son chevalier servant, elle ne le bouda pas pour autant. Rassemblant ses affaires, elle l’accompagna dehors où, tendrement, elle l’enlaça pour transplaner.
Au matin, dès le courrier déposé via hiboux, Harry et Hermione se plongèrent immédiatement dans leur exemplaire de la Gazette du Sorcier. Un sourire de satisfaction éclaira les traits du directeur :
- Il l’a fait ! s’enthousiasma-t-il. Diggle a tenu parole.
- C’est formidable ! Avec un article pareil, tu deviens son meilleur ami !
« Moi et Harry Potter » quel scoop ! Il n’y a pas été de main morte.
- L’autre mordra-t-il à l’hameçon ? Je vais expédier des messages aux membres : en aucun cas, il ne doit être perdu de vue. »
Il s’éloigna, laissant Hermione détailler l’encadré où ce sorcier, déclaré de peu de jugeote par feu Mrs McGonagall, relatait ses rencontres avec l’actuel directeur de Poudlard :
« Lorsqu’il était encore enfant, j’ai eu l’honneur de lui serrer la main dans un magasin. Plus tard, je fus l’un des premiers à le rencontrer au Chaudron Baveur, la veille de sa rentrée scolaire. Il y a peu, je l’ai revu à Londres où nous avons passé une bonne fin d’après-midi autour d’un verre qu’il a absolument tenu à m’offrir en souvenir du bon vieux temps. Il se souvenait que c’était moi qui avais provoqué une pluie d’étoiles filantes pour saluer la disparition de Voldemort. Il m’a avoué se sentir un peu isolé et s’est montré ravi de croiser une ancienne connaissance. Nous devons dîner ensemble chez moi, un de ces soirs. Je m’en réjouis d’avance. »
Dedalus Diggle avait parfaitement rempli son rôle : le filet était tendu.
Dans son bureau, Harry se concentra sur le souvenir heureux qui déclencherait son Patronus. Jamais il n’aurait osé avouer à Hermione en quoi il consistait. Par quelle magie, cette évocation lui provoquait-elle une telle émotion ? Il en fut tout retourné quand le sourire d’une fillette rousse l’éblouit à nouveau. Lou-Anne ! Il ne comprenait pas pourquoi l’image de l’enfant radieuse le mettait dans un état proche de l’euphorie.
Le Patronus se forma sans difficulté, il lui délivra ses instructions, priant Diggle de redoubler de prudence à présent. Si, pour mieux coincer leur proie Harry devait se rendre chez ce sorcier, c’est avec plaisir qu’il irait. Aux autres membres, il recommanda la vigilance. À eux d’organiser une garde rapprochée de leur équipier dans cette chasse à l’assassin. Ses messages expédiés, il regretta de ne pas participer plus activement à la traque. Il est vrai, qu’avec ses faibles pouvoirs, il serait plus encombrant qu’utile. Néanmoins, c’est le cœur gros qu’il rejoignit Hermione au déjeuner.
« Ça a fonctionné, dit-il en s’asseyant.
- Je n’en ai jamais douté, je suis si heureuse de constater tes progrès. Tu vois, Mrs McGonagall avait raison de t’inviter ici. Tu t’épanouis davantage qu’à l’hôpital.
- Avec leurs ponctions, ils m’affaiblissaient, c’est exact. Je suis mieux, et c’est en grande partie à toi que je le dois. »
Elle lui pressa chaleureusement la main, leur complicité était totale. Brusquement, Harry se massa le front.
« Toujours ton tic ! pouffa Hermione.
- Euh… oui ! Quand une contrariété arrive, c’est comme si elle existait toujours, cette cicatrice ! »
Il avait menti à nouveau. Pourquoi inquiéter sa compagne ? Pour une douleur surgie de… du passé ? Il chassa ses idées noires, se lançant dans un joyeux bavardage.
« J’irai à Londres, après-demain, annonça-t-il. Tu pourrais te charger de la direction ?
- Bien sûr, mais…
- Nous sommes déjà fin octobre. Halloween est proche. Je dois contacter des marchands pour organiser une grande fête. Puis ce sera Noël, j’en profiterai pour commander mes cadeaux.
- Je n’aime pas te savoir seul dans la capitale.
- Je ne le serai pas, je vais demander à la petite Weasley de m’accompagner.
- Tu vas l’emmener ? Son père doit…
- J’obtiendrai son autorisation, cela va de soi. Je ne vois pas pourquoi Ron refuserait. L’avis d’un enfant à propos de ces réjouissances est très important.
- Et si j’allais avec vous ? sollicita-t-elle pleine d’espoir.
- Où serait la surprise, alors ? »
Hermione rosit de façon charmante, une bouffée de tendresse inonda le directeur.