Je ne sais pas comment on fait. Demande à Ano; il sait tout.
Puisque vous avez été de supers
voici la suite promise. ça a l´air décousu, mais je rappelle le titre de ce 5ème volet: chez les uns et chez les autres.
Au même instant, près de Loutry Ste Chaspoule, régnait une certaine agitation dans une habitation peu commune. Des cris de protestations et divers éclats de voix faisaient vibrer les vitres du Terrier. Au centre de la petite cuisine, Molly Weasley, gonflée de colère rentrée, poings sur les hanches, dardait d’un œil noir sa fille, assise dans un coin, la mine hautement renfrognée.
« Attends que ton père revienne ! Tu vas voir ce que tu vas prendre.
- Je m’en moque ! hurla Ginny. Je veux y aller, c’est tout.
- Et je te répète pour la dixième fois : TU N’IRAS PAS ! Tu ne sais d’ailleurs pas où ils sont.
- Je les trouverai ! Ils ont besoin d’aide.
- Cesse de répliquer ! Et… »
La force de l’habitude poussa Mrs Weasley à regarder l’horloge murale où une aiguille venait de s’écarter de sa position de « danger de mort » pour indiquer « en déplacement »
« Ton père arrive ! » constata-t-elle avec une satisfaction non dissimulée.
Elle atteignit la porte qu’elle refusa d’ouvrir sans l’échange traditionnel des mots de passe.
« Tu tombes à pic, Arthur ! dit-elle, soulagée. Viens sermonner notre entêtée de fille. Moi, j’abandonne. »
Un peu surpris par cet accueil singulier, Mr Weasley pénétra son home en tournant sa tignasse rousse à la recherche de la fautive. Ginny, les bras croisés, fixa le bois de la table.
« Qu’y a-t-il, ma chérie ? Encore cette histoire ? Tu sais pourtant que…
- Mais papa, tu ne comprends donc pas ?
- Plus que tu ne le crois, ma petite fille ! dit Arthur d’une voix douce en s’asseyant près d’elle. Nous savons ce qui s’est passé entre Harry et toi, à l’école. Cette romance t’a perturbée, tes Buses…
- J’en ai eu huit ! Et alors ? Est-ce de ma faute si des Mangemorts ont envahi Poudlard et tué Dumbledore ? Je…
- Ne détourne pas la conversation, nous parlons de Harry et de toi. Que tu veuilles le suivre partout, ne fera que l’agacer. C’est un garçon solide qui a besoin de toute sa force de concentration pour mener à bien la tâche dévolue. S’il se met à craindre pour toi, il…
- Hermione est avec lui ! Pourquoi, moi, je ne pourrais pas y aller ?
- Je viens de t’en donner la raison principale. La secondaire est que tu es encore mineure et, qu’à ce titre, tu dois obéir à tes parents. »
Ginny inspira si fortement qu’Arthur craignit une fraction de seconde qu’elle ne lui jette à la figure son sort de Chauve-furie. Heureusement, elle ne possédait pas de baguette à portée de main.
« Tu les reverras à la rentrée ; Harry et Hermione se débrouillent très bien sans toi dans leurs pattes. Quatre Mangemorts neutralisés, d’un coup ! Il a régné une belle pagaille au ministère quand ils ont atterri au milieu de la grande salle. Nous ne savions plus où donner de la tête, ni à qui on devait ce cadeau inattendu. Heureusement, nous avons reçu un hibou de la part de Hermione qui nous a raconté l’histoire. Ils se cachent bien ; personne ne sait exactement où ils sont.
- Tout ça, c’est la faute de ce crétin de Ronald !
- Ne traite pas ton frère ainsi, intervint Molly. Il a commis des bêtises et en assume les conséquences.
- Trier la paperasse du ministère : belle punition ! Il aurait dû aller à Azkaban. Là, au moins, il aurait…
- Bloclang ! » cria Mrs Weasley en pointant sa baguette sur Ginny qui ressembla à une carpe hors de l’eau par ses inutiles efforts pour articuler.
« Je te remercie de m’avoir appris ce sort, ma fille ! J’aurais dû l’employer bien plus tôt. File dans ta chambre, et n’en ressors pas sans que je t’y autorise. »
La rousse demoiselle se leva d’un bond, haussa les épaules, avant de se précipiter dans l’escalier.
Dès qu’ils furent seuls, les époux s’entreregardèrent, navrés. Molly sortit un mouchoir de son tablier, s’en tamponna les yeux tandis qu’Arthur soupirait bruyamment :
« Les filles ! Quel souci !
- Et les garçons, alors ? pleura Molly. Ronald a tellement changé ; je le reconnais à peine… quand il daigne nous honorer de sa présence.
- Il est apprécié, au bureau. Sa décision d’habiter avec les jumeaux…
- Au moins, ils ont l’œil sur lui. Je suis si inquiète, Arthur. »
Mr. Weasley ne répondit pas. Il attira sa femme contre son épaule et, le visage tourmenté, lui caressa doucement les cheveux.