c´était très amusant Renniw.
Enfin, voici un petit bout de suite, ce ne sont que 5 pages. C´est toujours ça.
Chapitre 23 : Le sang du sphinx
Après ce nouvel exploit, Harry fut fêté en héros. D’un seul coup, l’armée de Voldemort avait subi de lourdes pertes. Mrs McGonagall, malgré les agapes de la veille, commanda un dîner spécial aux elfes qui se surpassèrent pour régaler leur sauveur.
S’il en était heureux, le jeune homme n’en demeurait pas moins tracassé.
« Pourquoi tires-tu cette tête, lui demanda Ron en se goinfrant de dinde aux girolles. Une trentaine d’ennemis éliminés, tu peux être fier.
- Tu crois que ça me réjouit d’avoir tué toutes ces personnes ?
- C’était eux ou nous, Harry ! Tu nous as protégé d’une invasion.
- Peut-être, oui, Hermione. N’empêche que nous allons devoir réviser nos plans pour l’Egypte.
- Pourquoi ?
- Ron, nous ne pouvons plus utiliser la moto : l’espace est bouclé ! La directrice a décrété que cette mesure serait imposée tout le reste de l’année scolaire.
- Et le courrier ? Les hiboux…
- Supprimés ! Plus de lettres, ni de journaux : c’est le blocus. Seuls les plis urgents seront livrés par un émissaire spécial via cheminée.
- Mince ! Je venais de m’abonner à une nouvelle revue de Quidditch.
- C’est bien le moment de songer à ce sport, le gourmanda Hermione. Ce que dit Harry est beaucoup plus sérieux. Ne pourrions-nous démonter la moto et la faire passer par…
- Tu n’y songes pas ? s’étrangla Harry. Si nous la remontons à l’envers…
- Et le sort de réduction… comme pour le dragon ? Ensemble… ça devrait marcher, non ? »
Le jeune homme cessa de mastiquer, avala puis sourit :
« C’est… une excellente idée. Nous essaierons dès que possible, et nous sortirons par le passage secret de Honeydukes ! Merci, Hermione, tu me soulages d’un grand poids. »
Ce détail réglé, Harry profita plus largement du banquet. Il restait néanmoins un fameux point noir à solutionner : Drago Malefoy !
Il se tenait à sa place habituelle, entre Millicent et Luna. Harper, en face, semblait décrire, à grand renfort de gestes, la façon dont il s’y prendrait pour saisir le vif d’or lors de leur prochaine rencontre avec Poufsouffle. Apparemment, Drago ne tenait pas à reprendre sa place au sein de l’équipe. Harry, du coin de l’œil, contempla le quatuor. Ainsi Malefoy les avait vus partir. Il ne fallait pas être grand devin pour concevoir sa traîtrise. Maintenant que tous ses souvenirs étaient en place, Harry se rappelait l’horrible bagarre qu’il avait évitée : Drago n’y participait pas ! Qu’en déduire ? Seule, Hermione se portait garante de la sincérité du repenti.
Quelques jours passèrent dans la routine des tours de baguettes à appliquer à la potion, et des indispensables révisions des cours à rattraper.
Ses amis secondèrent beaucoup Harry dans cette dernière tâche, si bien qu’il fut rapidement à niveau. Le soir, il quittait tôt la salle commune, laissant les amoureux en tête-à-tête, s’isolant dans le dortoir vide où, rêveur, il faisait le point à moins qu’il ne détaille les cadeaux de ce dernier Noël au château. Molly l’avait encore gâté avec des pâtisseries et un pull assorti – disait-elle – à la couleur de ses yeux, orné d’une splendide effigie d’hippogriphe gris clair. Ron lui avait offert un exemplaire du Quidditch à travers les âges dans lequel il apprit de nouvelles techniques pour les attrapeurs. D’autres babioles s’ajoutaient à ces présents, notamment un mouchoir brodé d’un beau L que Harry considéra comme un trésor puisque sa tante Pétunia le lui envoyait en certifiant qu’il avait appartenu à Lily Evans, la mère du garçon ; Harry s’était ému devant cette découverte inattendue. Les Granger ne l’avaient pas oublié non plus. Sa marraine désirait-elle combler tous les Noëls ratés depuis 17 ans ? Elle avait expédié un album dans lequel photos moldues et animées, façon sorcier, se côtoyaient, prouvant les liens étroits qui unissaient les deux familles à une lointaine époque. Nostalgique, le garçon ne se lassait pas de consulter ces souvenirs, imaginant ce qu’aurait été sa vie sans l’intervention cruelle d’un certain Voldemort. Hermione n’était pas demeurée en reste ; son cadeau, quoique inutile, plut beaucoup au jeune homme : elle avait fait réparer le miroir à double face donné par Sirius Black. Seule, l’intention comptait, mais Harry fut reconnaissant à la jeune fille qui s’était débrouillée pour réaliser ce prodige en lui subtilisant l’objet lors de leur séjour au Square Grimmaurd.
Poudlard se repeupla bientôt avec le retour des vacanciers. Neville et Ginny s’effarèrent de l’extraordinaire expérience vécue par Harry tout en se réjouissant de le revoir si en forme :
« J’étais très inquiète, déclara la jeune fille. J’ai demandé de tes nouvelles tous les jours.
- Ah ! C’est gentil, je n’en ai rien su, répondit froidement Harry.
- Ron aura oublié de te le dire. J’aurais tant voulu rester, mais maman a insisté pour que je l’accompagne à Londres. Bill et Fleur vont avoir un bébé.
- Déjà ?
- Au mois de juin ! Maman les voit si peu, et papa est trop pris…
- Quelles sont les rumeurs du ministère ? Ont-ils commenté la nouvelle agression qu’a failli subir Poudlard ?
- Je ne sais pas ; papa n’a rien dit à ce sujet. Peut-être qu’il n’a pas voulu m’effrayer davantage. »
Harry ne demandait qu’à la croire. Sincèrement, il espérait qu’un jour… Si tout se terminait comme souhaité… Alors, il pourrait demander la main de Ginny à Arthur. Mais avant cet heureux moment, que n’auraient-ils pas encore à affronter ? Il s’éloigna très vite de la jeune fille, tel un pestiféré qui craint de contaminer le voisinage.
Les cours reprirent avec une intensité accrue. Qu’avaient donc les professeurs à inonder les élèves avec ces tonnes de devoirs ? Redoutaient-ils de ne pas arriver à boucler l’année scolaire ? Toujours est-il que le temps filait.
Harry avait revu Tonks qui déplora son absence lors des fêtes. Elle n’avait pas meilleure mine que lors de leur dernier échange, si bien que Harry se retint de l’ennuyer avec des questions sur Lupin ; sa physionomie trahissait suffisamment ses tourments.
Pour ses propres cours, Le jeune homme décida de profiter d’une trouvaille assez troublante de la part de Hermione. Depuis leur expérience accidentelle dans la caverne de Viperine, elle avait cherché des heures durant le pourquoi du phénomène produit. C’est assez excité que Harry décida de tester les conclusions de son amie.
« Voilà, déclara-t-il d’entrée de jeu, cours exclusivement pratique aujourd’hui. »
Cela enchanta l’ensemble de la classe qui fut aussitôt attentive.
« Miss Granger a découvert une particularité intéressante concernant les baguettes provenant de chez Ollivander. Je crois d’ailleurs que, pour la plupart, nous avons tous acheté nos baguettes chez ce malheureux commerçant. »
De vifs hochements de tête accueillirent ces paroles.
« Il est apparu, par pur hasard, que lorsqu’un sort est lancé, au même instant, par plusieurs baguettes contenant chacune un élément magique différent, la puissance du sort est multipliée d’autant.
- Ça n’a rien de neuf, ta théorie, Pott… Votre théorie, professeur.
- Juste remarque, Théodore. On sait depuis longtemps qu’en s’y mettant à plusieurs, l’effet est renforcé. Je vous signale une innovation, en raison des éléments différents provenant de chez Ollivander. Passons directement à la pratique, vous comprendrez mieux ce que j’essaie de dire. Bon, euh… Qui a du crin de licorne dans sa baguette, à part Ron ? Toi, Padma ? »
L’ancienne cavalière de Ron approuva lentement et s’avança vers le centre de la pièce au signe de Harry. Le rouquin se rapprocha également.
« Je voudrais que l’un après l’autre vous fassiez léviter cette pierre. »
Padma eut un rictus amer en estimant le poids de l’objet. Elle se concentra néanmoins puis lança un vigoureux :
« Wingardium Leviosa ! »
La pierre frémit et décolla de quelques centimètres.
« Très bien Padma ! À toi, Ron. »
Le jeune Weasley prononça la formule accompagnée du geste requis, la masse ne grimpa pas plus haut qu’avec Padma.
« Maintenant, vous allez le faire à deux en même temps. Attention, un… deux… trois ! »
Deux splendides « Wingardium Leviosa » fusèrent ; la pierre décolla de dix bons centimètres.
« Maintenant, voyons ce que ça donne si je me joins à Ron. »
Sous les yeux stupéfaits des élèves, le roc s’éleva de près d’un mètre de haut.
« Avec Hermione et Neville ! »
Cette fois, le plafond de la pièce fut atteint. Des applaudissements nourris saluèrent cette exhibition et, aussitôt, tous se montrèrent curieux quant à la suite.
« Je vous demanderai à présent de former des groupes selon la nature de l’élément de votre baguette : les parties de licornes à l’extrême droite, celles de dragon au centre, puis les plumes de phoenix. Y a-t-il des personnes possédant d’autres ingrédients magiques venant de chez Ollivander ? »
Manifestement, le boutiquier préférait uniquement ces trois seuls ingrédients. La baguette de Crabbe lui avait été ramenée par son père au cours d’un voyage et contenait un ongle de troll ; Millicent Bulstrode ne connaissait pas l’origine de la sienne qui recelait un poil de Harpie.
« J’aimerais que, selon vos affinités, vous essayiez de travailler par trois ou quatre ; chacun disposant d’un élément différent, dit le jeune professeur. »
La répartition prit du temps ; des discussions s’élevèrent.
On arriva finalement à former des groupes où les représentants des diverses Maisons se voyaient mêlés malgré certaines frictions. Ainsi, Drago fit équipe avec Luna, Ginny et Ernie McMillan. Bien évidemment, le trio habituel oeuvra communément ; Neville s’allia avec Millicent et Terry Boot.
« C’est étrange, murmura Hermione. On dirait que l’union des Maisons se recrée. »
Cette constatation, loin de déplaire à Harry, le confortait au contraire dans la justesse de sa résolution. Le professeur Dumbledore serait ravi quand il apprendrait qu’il avait réussi à réunir ses condisciples dans une tâche commune.
Les résultats, d’ailleurs, étaient des plus encourageants. Avec un peu de discipline, les groupes parvinrent à trouver le rythme nécessaire pour créer un faisceau de forces conjuguées, beaucoup plus puissant que celui attendu séparément.
« Si nous devions à nouveau affronter l’ennemi, j’espère que vous vous souviendrez de ce cours et que, naturellement, vous chercherez vos partenaires afin d’unir vos efforts. »
Sur ces derniers mots, le cours s’acheva dans la bonne humeur.
Les préparatifs à la virée égyptienne se firent dans la plus grande discrétion. La réduction puis l’agrandissement de la moto s’étaient passées sans encombre… ou presque. L’engin, originellement doué pour s’adapter à la taille du conducteur, rejeta tout simplement les sortilèges que lui expédièrent les jeunes gens. Même en s’y mettant à quatre, la moto conservait sa taille normale.
« C’est dingue, pesta Harry. Cette ferraille est trop… magique, ça ne marche pas ! »
Il fallut à nouveau cogiter.
Ce fut Neville qui, involontairement, trouva la solution. Ce soir-là, il accompagna Harry à la cabane pour donner les trois tours de baguettes requis par le mélange. Ce rituel accompli, ils s’apprêtaient à quitter les lieux quand, paniqué, Neville se tâta les poches :
« Trevor, je l’ai perdu !
- Tu trimbalais cette bestiole avec toi ?
- Je l’ai toujours sur moi ; j’ai trop peur de le perdre. Ma grand-mère m’enverrait une de ces beuglantes s’il lui arrivait malheur !
- Cherchons-le, alors, soupira Harry. »
Ils se mirent en chasse, fouillant tous les recoins de la maison de Hagrid. Pas de crapaud en vadrouille !
« Tu es certain de ne pas l’avoir laissé tomber en cours de route ?
- Absolument. Je le sentais remuer quand nous sommes entrés, puis… »
Harry examina le bas de la porte donnant vers la chambre de Graup. Non, Trevor n’aurait pas su passer en dessous. Par contre, l’entrée…
« Je crains qu’il n’ait filé dehors.
- Oh, non ! Il va geler avec toute cette neige. »
Ils se ruèrent à l’extérieur après avoir refermé derrière eux. À la lueur de la lanterne emportée, ils cherchèrent des traces du batracien.
« Là ! » cria Neville en désignant un léger enfoncement dans le tapis glacial.
Ils suivirent la piste qui s’arrêta à l’appentis.
« Il est là-dedans, tu crois ?
- Nous serons vite fixés. » répliqua Harry en déverrouillant la porte.
Immédiatement, l’anomalie leur sauta aux yeux. La moto, qui avait conservé jusque-là la taille normale pour les jeunes gens, s’était réduite à la taille du crapaud juché dessus, l’air innocent.
« C’est merveilleux ! s’exclama Harry, enchanté. Nous réduirons encore un peu Trevor, et le tour sera joué. »
Neville tenta de protester tout en récupérant le fugueur. Il savait que c’était peine perdue si son ami en avait décidé ainsi. Soupirant, il empocha Trevor et sortit à la suite de Harry qui effaça soigneusement toutes traces de passage au long du chemin vers le château.
ça me fait bizarre d´être dans le même chapitre que vous. Ce 23ème n´est pas encore fini 