Prêts? Lisez!
Il se creusa les méninges à la recherche de l’idée géniale qui lui permettrait cet exploit.
Le soir tombait qu’il n’avait aucune solution à son problème. Après avoir reçu son propre dîner, tel une mécanique bien huilée, il descendit à la grande salle quasi déserte, où il assista au repas de ses amis qui se tenaient à l’écart du couple Luna-Drago.
Encore là, ces deux-là ? Que Drago n’ait pas quitté Poudlard, c’était normal : il ne savait pas où aller ; l’école était devenue son seul refuge. Luna était restée par amour, sûrement. Vraiment étrange la vie. Qui aurait pu croire que… Enfin, Harry avait d’autres chats à fouetter que de s’intéresser aux méandres des sentiments d’autrui. Il regretta simplement que Ginny soit absente. Rien que la voir, l’aurait comblé.
D’autres convives étaient néanmoins attablés. Le grand Cadwallader, poursuiveur de Poufsouffle, discutait avec Chambers, son homologue de Serdaigle. Dans un autre coin, Millicent Bullstrode faisait les yeux doux à Harper, l’attrapeur actuel de Serpentard.
Un mouvement attira son attention, il s’étonna de voir Malefoy se diriger vers Ron et Hermione.
« Excusez-moi de vous déranger. J’aimerais des nouvelles de Potter.
- Pourquoi ? aboya Ron. Pour aller cafter à ton maître qu’il n’a plus de soucis à se faire ?
- PAS DU TOUT ! s’emporta Drago, vexé. Quand comprendrez-vous que…
- Garde tes fausses excuses pour toi, Malefoy. Nous, on sait de quel bord tu es. »
Hermione essaya de ramener Ron dans le droit chemin. Hélas, l’insulte avait frappé Drago, mieux qu’une gifle.
« Tu me traites de menteur, Weasley ? répliqua-t-il d’une voix blanche.
- Parfaitement ! C’est ce que je pense. Tu joues la comédie du brave petit repenti qui a perdu sa maman, et…
- Tu dépasses les bornes, Weasley. Je… Je demande réparation, sur-le-champ ! »
Des murmures d’intérêt s’élevèrent. Un duel, ici ? Maintenant ?
« Choisis ton témoin, je choisirai le mien.
- Luna.
- Je désigne Hermione. »
Les témoins cités s’entreregardèrent avec des lueurs d’effroi au fond des pupilles. Ce n’était pas possible, ils n’allaient pas…
Mais déjà Ron s’était levé, insensible à l’émoi de sa compagne.
Les adversaires grimpèrent sur la grande table des Serdaigle débarrassée à la hâte. Ils se firent face. Tenant leur baguette telles des épées, les duelistes se saluèrent avec raideur.
« Tu te souviens des règles, ou dois-je te les rappeler ? grinça Malefoy, ironique.
- À trois ! rugit Ron, tétanisé. »
La baguette derrière l’épaule, ils s’affrontèrent.
« Expell, commença Drago.
- Protego ! riposta Ron. »
Malefoy recula de plusieurs mètres comme frappé d’un bélier invisible.
« Petrificus…
- Levi Corpus ! »
Ron se retrouva tête en bas, empêtré dans les plis de sa robe.
« Un partout, s’empressa de crier Hermione pour calmer le jeu. »
Drago semblait sourd. Il avança vers Ron, les traits déformés de rage.
« Traite-moi encore de menteur, et tu connaîtras ta douleur, Weasley ! cracha-t-il menaçant. »
Harry craignit le pire. Il ne savait rien faire pour s’interposer. Pourtant, ce qu’il lisait dans les yeux de Drago lui dressait les cheveux sur la tête. Endoloris ! Malefoy allait le projeter sur son meilleur ami, et il ne pouvait agir.
« Drago, non ! supplia Luna, décomposée.
- Weasley ! Pour la dernière fois, suis-je un menteur ?
- Oui ! Tu l’es, crâna Ron. »
C’était la phrase à ne pas dire. Drago inspira un grand coup, et brandit sa baguette.
« Finite Incantatem ! clama une voix sévère au bout de la salle. Où vous croyez-vous ? Quelles sont ces pratiques ? »
Ron heurta le bois de la table, immédiatement secouru par Hermione. Tous se tournèrent sur une Mrs McGonagall hautement outrée.
« Vingt points de moins pour Gryffondor et Serpentard. Un duel ! En plein dîner ! On aura tout vu. »
Furieuse, la directrice à peine apparue, rentra dans ses quartiers laissant l’assemblée à ses états d’âme.
« Tu ne perds rien pour attendre, siffla Ron mauvais.
- Quand tu veux et où tu veux. », répliqua Drago que Luna entraînait en arrière.
message trop long
donc coupé
Après cet épisode tumultueux, Harry escorta ses amis jusqu’à leur salle commune. Qu’est-ce qu’ils se prenaient la tête !
« Tu aurais dû m’écouter ! Braver Drago était une idiotie monumentale.
- C’est ça, défends-le, comme tes elfes ! Il se moque de nous, j’en suis persuadé. Harry l’était aussi.
- Laisse Harry en dehors de ça ! Il lui est déjà arrivé de se tromper et…
- Ben voyons, s’il était là, il te le confirmerait. »
Harry vit le poing de Hermione se crisper ; tout son être dégageait une telle volonté de riposter violemment qu’un réflexe pour la défense de Ron le poussa à agir. Le coup partit, Ron l’esquiva, trébucha…
« Qui a fait ça ? s’ébahit le rouquin.
- Quoi, t’expédier au tapis ? C’est moi, nigaud.
- Non, quelque chose m’a frôlé ou… passé au travers.
- Ne fais pas l’imbécile, Ron. Si tu essaies de détourner la conversation, je te jure que… »
VLAM ! Un précieux vase, qui ornait le dessus de la cheminée, éclata en mille morceaux au contact du plancher.
Interdits, Ron et Hermione fixèrent les bris de cristal puis s’entreregardèrent avec étonnement.
« Pas normal, ça !
- Ce n’est pas Peeves, qu’est-ce que c’est alors ? » dit Hermione en lançant machinalement un « reparo »
Le bel objet se reconstitua, et lévita jusqu’à sa place antérieure.
Vlam ! Le voilà à nouveau par terre.
« Il… Il y a un fantôme, ici ! bredouilla Ron, mal à l’aise en jetant des yeux paniqués dans les coins de la pièce vide.
- Il y a sûrement quelqu’un ou quelque chose. Attends, je vais chercher Pattenrond.
- Ton chat ? Pourquoi ? Eh, ne me laisse pas…»
Sans l’écouter, la jeune fille répara le vase et partit en courant.
Évitant tout mouvement, Harry prit en pitié son ami qui paraissait terrorisé. Ron était sur ses gardes, baguette brandie, prêt à se défendre à la moindre alerte. Son isolement ne dura pas, Hermione arriva tenant Pattenrond dans ses bras. Délicatement, elle le posa au sol, attentive à ses réactions.
Le chat n’hésita pas une seconde, il fila droit sur les pieds de Harry qu’il traversa à plusieurs reprises en ronronnant copieusement.
« Il ou elle se tient là où est Pattenrond, sourit Hermione. Vu son attitude, il a repéré un ami. Quel dommage qu’il ne puisse parler et nous dire ce qu’il voit. »
À ces mots, le chat arrêta sa danse, se dirigeant directement vers le dortoir des garçons.
« Pourquoi fait-il ça ? s’étonna Ron. On dirait qu’il veut grimper.
- Suis-le, et raconte-moi ensuite. Tu sais que le même système anti-intrusion est aussi appliqué à votre dortoir, maintenant. »
Cette fois, c’était Hermione qui demeurerait seule avec l’être invisible.
« Vous m’entendez ? » murmura-t-elle, craintive.
Un des volumes posés sur la table glissa de quelques centimètres. La jeune fille s’approcha, scrutant désespérément le vide autour d’elle.
« Ami ? »
Harry déplaça le livre de haut en bas ; Hermione sourit largement.
« Mon chat ne se trompe jamais sur les individus. Ah, voilà Ron qui revient. »
Le grand rouquin apparut, blafard. Aussitôt, Hermione se précipita sur lui :
« Qu’est-ce qui te met dans cet état ? Pattenrond s’est installé sur un lit, hein ? Lequel ?
- Il faut l’avoir vu pour y croire, il a sauté sur… Sur Harry ! Il s’est frotté à son visage, comme s’il quémandait des caresses. Puis, il s’est couché en rond sur sa poitrine ; il y est toujours. »
Brièvement interloquée, Hermione se tourna vers la table.
« Harry, c’est toi ? »
Le livre effectua un second va-et-vient très explicite.
« Ça veut dire oui ? bêla Ron, ahuri. Cette chose qui déplace le bouquin, c’est… Harry ? »
Tout doute se dissipa avec un nouveau mouvement.
« Harry ! s’extasia Hermione. C’est merveilleux ! »
Le livre se déplaça de gauche à droite et inversement.
« Tu n’es pas… content ? »
Harry pestait tellement de ne pouvoir parler ou écrire qu’il expédia le volume au travers de la salle.
« Il n’est pas du tout content, conclut Ron.
- Ça en à l’air, en effet. », dit sa compagne en replaçant le livre sur la table.
Une succession de questions et réponses s’échangea par tome interposé.
Très circonspects, les amis de Harry résumèrent la situation :
« Si nous avons compris, tu es là… d’esprit et non de corps. Tu ne sais que déplacer les objets et tu ne sais pas si tu arriveras à rentrer en toi. Si tu échoues, tu… mourras ? »
Une lente affirmation se produisit, démoralisant Ron et Hermione qui promirent solennellement de tout mettre en œuvre pour l’aider.
Harry, lui, se sentait vanné après ces efforts de communication. Il avait essayé d’attraper une plume qui traînait, en vain. Il n’était parvenu qu’à pousser des bibelots, même pas à les soulever. C’est avec plaisir qu’il accueillit la proposition de grimper au dortoir. Il y monta le premier, laissant les amoureux à leurs adieux.
Quand il se vit allongé, tout raide sous ses draps, son moral tomba au plus bas. Pattenrond devina-t-il ses intentions ? Il détalla en vitesse quand Harry se jeta sur son corps. Il tenta d’en reprendre possession, mais rebondit dessus, se cognant comme dans une porte.
« Je traverse tout, sauf moi ! soupira-t-il. »
Fatigué, il s’installa à côté de lui et ferma les yeux. Demain, peut-être…
encore trop long, pourtant...
Hélas, son réveil ne lui apporta pas le changement souhaité. Il s’observa à la dérobée durant sa toilette, prit son petit déjeuner par la bouche de son double puis s’ennuya… à mourir. Il communiqua un peu avec ses amis qui s’enfermèrent dans la bibliothèque afin d’éplucher tous les ouvrages en rapport avec l’état du malade.
Sans but, il erra ; traversant les portes mieux qu’un courant d’air. Pour se distraire un peu, il s’orienta vers le domaine des Serpentard.
Le labyrinthe des cachots ne l’impressionnait plus depuis longtemps. Inutile, cette fois de connaître le mot de passe, il fonça dans le mur nu repéré lors de sa deuxième année, et se retrouva dans la salle commune de la Maison de Drago. Cette pièce tout en longueur au décor sobre, sauf dans ses sièges aux tournures exagérées, laissa Harry indifférent ; il cherchait Drago. Était-ce cela sa chance d’être malade ? Pouvoir découvrir la vérité sur la duplicité de Malefoy ?
Il l’aperçut enfin ; il dormait. Une irrépressible envie de s’amuser s’empara de Harry. Flanquer la frousse à Malefoy ? Pourquoi pas ? Mais d’abord, espionner. Il reluqua chaque recoin, déplaçant en douceur une feuille ou l’autre, lisant des bribes de textes qui ne l’éclairèrent en rien. Des formules pour mémoriser plus rapidement les sortilèges, d’autres pour augmenter ses capacités physique : que du vent.
Dépité, Harry décida de remuer un peu son adversaire. Avisant une potiche de belle taille, il la poussa délibérément.
BOUM !
Drago se redressa, hagard :
« Qui… Qui est là ? »
Un second accessoire chut sur le sol. Malefoy n’en menait pas large :
« Peeves, c’est toi, hein ? Ignoble rejet de l’au-delà. Montre-toi ! »
Loin de lui accorder ce plaisir, Harry poursuivit son hécatombe. Livres, vaisselle, bibelots : un torrent d’objets se renversa, au grand dam d’un Malefoy étourdi.
« Qui… qui est là ? Que… me voulez-vous ? bégaya-t-il apeuré. »
Que n’aurait donné Harry pour crier, en face, tout ce qu’il retenait dans son coeur depuis six années.
Soudain, l’absurdité, voire le ridicule de sa tentative, l’atteignit de plein fouet. Quel jeu puéril alors que…
Rappelé à ses tourments intérieurs, le dédoublé vida les lieux, presque honteux de sa piètre prestation.
Harry laissa ses pieds le mener où bon leur semblaient. Il ne s’étonna donc pas de se retrouver à la lisière de la forêt interdite, non loin de la cabane de Hagrid. Machinalement, il surveilla les traces de passages et fut soulagé en constatant leur absence : ses copains avaient respecté les consignes et effacés leurs pas dans la neige.
Il se promena, sans but précis, l’âme en vadrouille. Tiens ? Le ciel changeait de teinte. Un orage, en début d’hiver ? Sûrement une tempête de neige s’annonçait-elle. Pourtant… en y regardant de plus près… Ce n’était pas un nuage commun, ça. Cette tache noire qui grossissait était… Un véhicule ! Un camion volant !
L’Anglia empruntée à Arthur Weasley avait été une expérience inoubliable. Les Sombrals, eux aussi, ne se souciaient pas de l’espace aérien. La moto se moquait des mesures anti-intrusion, alors…
Se pourrait-il que d’autres aient compris le point faible de la cuirasse de Poudlard ? Cet engin en approche contenait-il…
« Des MANGEMORTS ! » hurla Harry en se mettant à courir à toutes jambes vers le château. Il devait prévenir ses amis. Ils allaient subir une attaque en règle, et ils étaient si peu nombreux.
Harry battit un record de vitesse malgré la neige sur laquelle ses pas ne se marquaient pas. Grimpant les quatre étages, il se rua à la bibliothèque. Comment faire comprendre à ses amis que… Oui ! Quel idiot, il aurait dû y penser plus tôt. Ici, avec tous ces volumes, en les choisissant bien, il saurait parler !
Boum ! Un tome tomba.
« C’est toi, Harry ? Tu veux quelque chose ? »
Le bouquin au sol s’agita en un « oui » furieux.
Boum ! Un autre livre tomba.
Ron et Hermione paraissaient à cent lieues de déchiffrer ce que Harry désirait.
Boum ! Trois d’un coup.
« Qu’est-ce qui se passe, Harry ? Pourquoi es-tu en colère ? » s’inquiéta Hermione en ramassant les ouvrages un à un. Elle allait les ranger quand, enfin, elle lut les titres des couvertures.
« Se prémunir des attaques des vampires ; Comment combattre vos ennemis ; Moyens de défense rapide, et… »
Hermione s’arrêta stupéfaite :
« Il y a un danger ici ? À Poudlard ? C’est ce que tu veux dire ? »
De joie, Harry l’aurait embrassée, il se contenta de remuer affirmativement un des exemplaires resté par terre.
Sentant l’urgence, ses amis réagirent sans demander plus d’explications. Ils dévalèrent les marches vers la porte de la directrice en criant dans les couloirs afin d’ameuter les rares étudiants traînants :
« Nous sommes attaqués ! Préparez-vous ! Alerte ! »
Prévenue par le boucan déclenché, Mrs McGonagall ouvrit avant même qu’ils ne frappent.
« En voilà du chahut ! Qu’est-ce qui…
- Nous allons être attaqués, professeur. Il faut avertir tout le monde, vite !
- Calmez-vous ! C’est ridicule, Poudlard est invincible. Nous sommes à la veille de Noël, qui oserait… »
Son regard se tourna vers le dehors, la directrice exorbitée crispa une main sur son cœur :
« C’est… épouvantable. » dit-elle d’une voix défaillante.
Ron et Hermione, tendant le cou, eurent une vision d’horreur. Ils étaient au moins trente à avoir débarqué, et se dirigeaient droit sur eux.
« Madame, que devons-nous faire ? Madame… »
Minerva McGonagall secoua la tête, battit des paupières, et revint au présent :
« Je… Bloquez les issues. Je contacte le ministère. Barricadez portes et fenêtres. »
Elle se précipita dans le couloir, pointa sa baguette sur sa gorge pour y appliquer un « Sonorus » puis hurla :
« Les élèves et tous les professeurs doivent impérativement se rassembler dans le hall d’entrée. Une attaque est en cours. Défendez-vous ! »
Quel branle-bas de combat ! Impuissant, Harry assista aux préparatifs d’urgence. Il vit accourir Slughorn qui distribua les sortilèges de calfeutrage à toutes les ouvertures possibles du rez-de-chaussée. Flitwick et Pomfresh, aidés de plusieurs étudiants, déplacèrent des meubles, les faisant léviter pour dresser un barrage entre la porte principale et le petit troupeau terrorisé.
Anxieusement, Harry les compta. Une vingtaine, professeurs compris. C’était la débâcle assurée !
Ron et Hermione avaient rejoint les autres. Des interrogations fusaient :
« Combien sont-ils ?
- Comment a-t-on su ?
- Qui les a vus ? »
À peine une dernière chaise posée en renfort, des coups de buttoir ébranlèrent le double panneau de chêne.
Slughorn s’adressa à l’assemblée sur un ton volontairement désinvolte :
« Nous n’en sommes plus à notre première altercation avec ces individus. Serrez les rangs, essayez de vous concentrer à plusieurs sur le même ennemi, l’effet sera renforcé. »
Hors d’haleine, Mrs McGonagall arriva :
« Les renforts sont en route ! annonça-t-elle avant de s’effarer face au petit nombre de résistants. Nous devons les contrer le plus longtemps possible.
- Madame, cria un tout jeune élève de Poufsouffle. La porte, elle fume ! »
Avec horreur, Harry constata cette triste vérité. Hermione brandit sa baguette :
« Refrigero ! »
Un mur de glace givra le panneau, mais se liquéfia presque aussitôt.
« Bien essayé, Miss Granger. Je crains qu’ils ne soient à plusieurs à incendier ce bois vénérable. », soupira la directrice.
Des coups se mirent à pleuvoir contre les vitres de la grande salle.
« Là, ils peuvent toujours courir. », rit Slughorn très fier de son calfeutrage.
Malheureusement, ni les Aguamenti ni les Refrigero n’arrêtèrent la combustion de la porte. La fumée ne gênait pas les résistants grâce au sortilège venteux que Mrs Pomfresh faisait circuler autour d’eux.
Harry dénombra des absents. Sibylle Trelawney n’avait sans doute rien entendu, perdue dans les vapeurs de calmants ou d’alcool. Le professeur Chourave… Dans ses serres, probablement.
« Pourvu qu’elle y reste. » songea Harry, très inquiet.
De même, Gobe-Planche n’était pas là, mais Harry savait qu’elle passait les fêtes en famille. Tonks ! Pourquoi manquait-elle à l’appel ? Et surtout… Malefoy ! Ce trouillard restait-il planqué dans les cachots ? Ou… allait-il révéler son vrai visage en refusant d’affronter ses amis Mangemorts ? Pire, en attaquant dans le dos des opposants ? Harry souhaita alerter ses condisciples de ce danger potentiel, mais un craquement sinistre l’en empêcha.
Cette attente, les doigts crispés sur les baguettes, avait éprouvé durement les nerfs. Ce fut presque soulagés que les embusqués accueillirent l’affrontement.
Les cinq premiers téméraires Mangemorts osant pointer leur affreux masque furent balayés immédiatement. D’autres suivirent lançant des boules de feu sur la barricade qui s’enflamma. Pendant que certains résistants étouffaient le feu, les autres se battaient bravement. Harry bouillait de rage. Voir ça et ne rien pouvoir faire !
Le vacarme était infernal. Des sorts de toutes les couleurs fusaient dans le hall, rebondissant sur le murs ou détruisant statues et portraits.
« Bloque-jambe, Expelliarmus, Protego, Petrificus Totalus ! »
Il s’en échangeait des incantations !
« Stupéfix ! » hurla une Hermione déchaînée qui ne rata pas sa cible.
Des renforts ! Il fallait absolument…
Harry se frappa le front et courut en direction des cuisines. Les elfes ont de grands pouvoirs, pourquoi ne pas les rallier à la défense de leur maison ?
Il traversa le mur, tombant en pleine agitation. Brave Dobby ! Monté sur une table, il haranguait ses congénères.
« Il faut aller là-haut ! Dobby sait de quoi ces êtres sont capables.
- Kreattur est d’accord. Il sait aussi, dit le domestique en grimpant auprès de Dobby. »
Les autres elfes semblaient très tièdes à se joindre à la lutte. Harry décida de manifester sa présence. Il avisa une pile d’assiette qu’il poussa. Plusieurs cris effrayés répondirent à cette explosion. Se concentrant un maximum, Harry aligna les morceaux de porcelaine. Un mot se forma.
« Harry ? s’exclama Dobby. C’est vous Monsieur ? »
Un nouveau mot apparut : oui !
L’elfe dansa sur place.
« Si Monsieur Potter est là, nous n’avons rien à craindre. Allons-y ! »
Tous s’armèrent. Couteaux, fourchettes, casseroles, tous les ustensiles disponibles trouvèrent acquéreur. Puis, au signal de Dobby, ils transplanèrent d’un étage.
Harry, lui, dût se contenter de remonter à toutes jambes.
L’arrivée des elfes parut une bénédiction. Ils étaient entrés directement dans l’action sans attendre de permission. Les Mangemorts furent désorientés par cet afflux insolite de renfort. Bombardés d’accessoires culinaires, renversés de sortilèges informulés, frappés de toute part, ils déchantèrent.
Pour un spectacle, c’en était un splendide. Harry applaudit lorsqu’il entrevit Kreattur sauter sur le dos d’un Mangemort pour lui marteler le crâne avec une bouilloire. De leur côté ses amis ne restaient pas inactifs, loin de là. Ron enflamma la robe d’un adversaire qui décampa vers la sortie. Hermione, elle, s’occupait de deux adversaires que, d’un mouvement de baguette, elle dénuda. Les pauvres, honteux, s’enfuirent également.
Bientôt, un des masques hurla l’ordre de repli espéré par les résistants.
« VICTOIRE ! rugirent élèves, professeurs et elfes réunis.
- Pourchassons-les, il faut en capturer le plus possible, dit Hermione.
- NON ! » cria Harry ; son cri se perdit, inutile.
Ils ne devaient pas sortir… Ces malfaisants pouvaient encore réagir.
Navré, il vit ses amis bondir à la suite des agresseurs. Il se précipita ; il n’avait pas atteint le seuil que retentit le sort le plus cruel à entendre :
« Avada Kedavra ! »
Un hurlement atroce vibra dans l’atmosphère. Harry hésita à franchir le dernier mètre. Il savait que ce qu’il verrait serait intolérable.
Il avança lentement, son cœur se déchira : Ron, effondré, berçait le corps sans vie de son aimée. Hermione, sa presque sœur, avait présumé de son audace ; elle n’était plus.
Glacé jusqu’aux os, tremblant d’une fureur ravageuse, Harry hurla toute sa douleur. Un attroupement, muet de chagrin se forma autour de la défunte.
« CELA NE SERA PAS ! râgea Harry. Si j’arrive… si Dumbledore a raison… Je pourrai l’empêcher… »
Fou de désespoir, il fonça vers son dortoir. Il se jeta sur lui, se frappa, gaspilla énormément de vaine énergie, puis sanglota éperdument.
Qu’il meure, lui, soit ! C’était déjà étonnant qu’il ait survécu à tout ce qu’il avait enduré ; mais pas elle, pas Hermione.
Il se redressa, essuyant ses larmes d’un revers de manche. Il existait sûrement un moyen ! Lequel ? Il regarda son corps inerte qu’il injuria copieusement :
« Espèce de nouille, réveille-toi ! Crétin, debout ! Remue-toi, lavette ! Tu obéis à Ron et Hermione, alors… »
Éblouissante, la vérité lui sauta à l’esprit ! Il la tenait la solution. L’ennui… c’est qu’il ne saisissait pas la manière de l’utiliser.
Qui ? Qui pourrait l’aider ? Il fallait quelqu’un de réceptif aux choses inhabituelles, quelqu’un de doué…
Harry secoua la tête et éclata d’un rire dément :
« Entre fou, on se comprendra ! »
Il dévala l’escalier.
Il en franchit des murs et des portes avant de trouver celle qu’il cherchait.
Endormie, elle reposait sur un grand lit tendu de voiles roses diaphanes. Le décor écoeurant de ce domaine privé ne l’affecta guère, Harry ne s’y attarda pas. Son instinct ne l’avait pas trompé, une forte odeur de xérès embaumait l’atmosphère. Doucement, il s’approcha :
« Professeur ! Professeur Trelawney, c’est Harry Potter qui vous parle. »
Sibylle grogna, et changea simplement de position.
« Elle est beurrée, c’est bien ma veine. » soupira Harry, dépité.
Repérant une pile de livres traitant de l’art divinatoire, il prit un malin plaisir à la pousser. Le vacarme eut l’effet escompté, le professeur battit des paupières embuées de vapeur d’ivresse :
« On a frappé à la porte ? Entrez ! C’est ouvert. »
Dérouté un court instant, Harry cria :
« M’entendez-vous ? »
Sibylle tâtonna sa table de chevet, y pêcha ses lunettes qu’elle chaussa.
« Quelqu’un parle ? Un esprit se manifesterait-il ? »
Pressé d’en finir, Harry agit d’instinct. Il sauta sur le professeur de divination, et se coula en elle.
« Je vous dirige ! Vous exécuterez mes directives, compris ? »
Raidie, Trelawney approuva d’un lent signe de tête.
« Dortoir des garçons de Gryffondor ; courrez ! »
Ramassant ses jupons, Sibylle sauta hors du lit, franchit la porte et grimpa les étages. Parvenue devant le lit où Harry gisait, elle se figea.
« Vous ne suivrez que mes ordres, n’est-ce pas ? »
Le professeur possédé opina gravement.
« Dites, à haute et intelligible voix, à ce dormeur qu’il doit se réveiller ! »
Harry croisa mentalement les doigts, son destin et celui de Hermione se jouaient à cet instant crucial.
« Réveille-toi ! lança fermement Sibylle. »
À peine ces mots prononcés, Harry se sentit aspiré en un long étirement d’un corps vers un autre.
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mes ![]()
Encore une fois, c´était parfait ![]()
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![]()
je viens de débarquer, internet vient juste de refonctionner, et je peux pas lire cette suite.
Combien d´autres en ai-je louper ?
Absolument magnifique! Seulement l´espoir de voir Harry reprendre l´affaire en main parvient à mitiger un peu l´horreur de savoir Hermione morte...ce serait tout simplement horrible! Tu es geniale, Tati!
Bravissimo!
Magnifique !
Quelle imagination !
Je suis sur les fesses, et j´espère que Harry réussira sa mission
:bravo
Waouh... Truc de fou... J´adore...
Alors là tu peux pas nous laisser comme ça tati!! il nous faut une suite! UNE SUITE!!! allez! je vais pas pouvoir tenir! ![]()
trop méga giga sublime!!!!!!!!!!!!excellent!!!!!! vivement la suite
C´est trop GÉNIAL, j´ai adoré, il y avait de l´action
. Mais j´espère que Harry réussira sa mission pour sauver Hermione
. Longue vie au trio! Mais c´est cruel de couper là ..lol J´ai hâte à la suite ![]()
non alor la respect serieux
- Oh, rien. Elle me regardait avec des yeux de merlan frit...
J´adore cette expression, c´est une des préférées de mon père ![]()
Je viens de tout rattrapper. La dernière suite... J´étais écroulée de rire!
Pauvre Hermione!
C´est la seule ombre au tableau... Tati, quand arrêteras-tu tes meurtres en séries ?
J´ai pas lu (la flemme je viens de rentrer de l´école) et j´ai commis la bêtise de lire le post au-dessus. Maintenant je me pose des questions !. ..
bravo
il me faut une suite......UNE SUITE^^
je suis drogué, il me faut une suite.
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moi aussi!
on est devenu dépandant
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super suite tati
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superbissime
Mitig
Euh pour la fic désolé tu devras attendre pasque j´ai tout changé e ce sera beaucoup meux ![]()
J´éspère
CDV changer ![]()