ginnie86
je ferai attention, promis.
Pour ceux qui la désirent, voici la fin de ce chapitre. Bonne lecture et j´espère dépasser les 4500 ce soir
Harry avait pris de l’altitude et surveillait machinalement les abords en souhaitant voir l’éclat du Vif d’or. Ses amis seraient sans doute déçus s’il l’attrapait avant qu’ils aient marqués quelques points, tant pis.
« Warrigton marque ! cria Denis dans la voix duquel perçait un profond désarroi. »
Ron n’avait rien pu faire contre un tir aussi puissant que tordu. Maintenant, il zigzaguait entre les anneaux dorés, les défendant au mieux. Avec horreur, il vit le trio des poursuiveurs revenir sur lui à vive allure. Peakes et Sloper battirent ensemble le cognard avec force en direction des attaquants qui en furent désarçonnés ; hélas pas suffisamment. Ron encaissa un second but.
« Weasley est un grand maladroit ; il rate son coup à chaque fois ! » entonnèrent les tribunes colorées en vert.
Lamentablement, les Gryffondor se faisaient écraser par des Serpentard survoltés.
Sur son petit nuage, perdu dans ses pensées, Harry ne réagissait pas au désastre de son équipe. Il fut tout surpris de trouver Dean et Ginny devant lui :
« Qu’est-ce que tu attends pour réclamer un arrêt de jeu ? l’apostropha la jeune fille, furieuse.
- Tu es capitaine ou tu fais la sieste ? » rouspéta le garçon.
Rappelé à l’ordre, Harry consentit à assumer son rôle. D’un geste, il signifia à Madame Bibine de stopper le match.
Sous les huées et les quolibets, l’équipe des Gryffondor s’isola pour une courte mise au point.
« On est mené par soixante-dix à vingt ! s’énerva Ginny.
- Je fais ce que je peux, mais…
- Ron, tu es trop nerveux, dit Harry, placide. Tous vous faites n’importe quoi ! C’est un jeu ; rien de plus ! Quand nous nous entraînons ou que nous jouons chez nous entre amis, nous nous amusons, non ? Alors, j’aimerais que vous cessiez de vous braquer sur un autre objectif que celui-ci : le jeu ! Ne cherchez pas la victoire à tout prix, elle viendra d’elle-même si vous prenez plaisir à ce que vous faites. Oubliez la coupe, les honneurs et tout ça ; ne pensez qu’à votre joie de jouer. »
Ce petit discours sidéra ses équipiers. Il y eu des froncements de sourcils, des haussements d’épaules puis, radieuse, Ginny s’exclama :
« Je crois que j’ai pigé ! Oui, jouons pour le plaisir de jouer pas pour celui de briller ! »
Ses yeux enflammés rencontrèrent ceux de Harry. Une bouffée de tendresse infinie envahit le garçon qui, brutalement se détourna pour ordonner froidement :
« On reprend la partie. Ne vous trompez pas d’objectif. »
Les Serpentard éprouvèrent très vite leur douleur. Qu’avait donc dit Potter pour que, soudainement, son équipe se comporte… comme des gosses ? Le Souafle s’échangeait si rapidement entre des partenaires hilares, que les batteurs adverses n’arrivaient pas à les coincer. De mémoire de Quidditch, jamais match ne connut un tel revirement en un temps record. Mieux que de combler l’écart, Gryffondor s’offrit le luxe de marquer une incroyable série de tirs effectués par une Ginny survoltée. Le pauvre Dennis Crivey en pleurait d’émotion, inondant ses commentaires de longs éloges envers cette joueuse exceptionnelle de virtuosité.
Harry, heureux de constater les fruits de sa harangue, perçut brièvement l’éclat tant attendu. Harper n’avait rien remarqué, il volait en rond à une cinquantaine de mètres de lui. En douce, Harry s’approcha, lorgnant les mouvements du Vif d’or et ceux de l’autre attrapeur. D’un coup, Harry plongea dans un piqué vertigineux. Main tendue, il n’était qu’à deux petits centimètres de l’objet de son désir quand une douleur atroce lui déchira le crâne. Tout bascula.
Une clameur alarmiste monta des tribunes qui assistaient à une scène hallucinante.
« Est-ce une nouvelle feinte inventée par Harry Potter ? Le voici tête en bas qui fonce droit vers les buts de Serpentard. » s’enfla la voix de Dennis.
Chasser toute émotion, repousser la force… Harry se libéra et redressa la situation juste comme il allait percuter le pauvre Bletchley désemparé face au boulet de canon qui fondait sur lui.
Il avait perdu de vue le Vif d’or mais il était intact. Lord Voldemort venait encore de se trahir : il était fâché. Sans chercher à savoir pourquoi, Harry se remit en quête de cette petite balle aux ailes d’argent.
Elle était là, presque sous son nez, le narguant de ses battements vifs et subtils. Un sursaut d’orgueil le galvanisa, il se lança à sa poursuite. Harper ne le loupa pas. D’un piqué téméraire, il se positionna à sa hauteur.
« Quel coude à coude ! s’exalta le commentateur. Oh, c’est de la triche ! Harper a frappé Potter. Madame Bibine, vous ne sifflez pas ? »
L’arbitre ne pouvait regarder partout. Elle venait d’accorder un Penalty à Gryffondor, et Ginny était désignée pour le tenter.
Depuis le centre du terrain, la jeune fille se rua en avant, Souafle à la main, tandis que Harry plongeait sur le Vif d’or. Le nez en sang par la traîtrise de Harper ne le gêna pas, ses doigts tendus serrèrent bientôt la balle récalcitrante à l’instant même où son aimée envoyait le Souafle dans un anneau ennemi.
L’ovation énorme qui déferla des tribunes salua dignement ce double exploit. Agitant victorieusement le poing qui retenait le Vif d’or, Harry redescendit doucement vers le sol.
C’est alors qu’il la vit.
Que faisait-elle là ? Pourquoi courrait-elle ainsi ?
Mrs Rosmerta, en proie à une grande effervescence, élevait ses bras au-dessus de sa tête avec une expression des plus affolées :
« À l’aide, au secours ! Venez m’aider ! », vociférait l’aubergiste que suivait péniblement Rusard.
D’un changement de direction, Harry se posa devant elle :
« Qu’avez-vous ? On vous attaque ?
- Ils ont débarqué pile devant chez moi ! Je ne sais pas quoi faire.
- Des Mangemorts ? Encore, mais…
- Non, Pas du tout ! C’est… »
L’effervescence de la victoire fut balayée par un vent d’inquiétude issu de cette intervention inattendue. Que de précipitation et de désordre !
Perdue au milieu de la foule des élèves accourus aux nouvelles, Madame Rosmerta déballa son histoire. Vite, Mrs McGonagall donna ses directives et un petit comité se détacha pour se rendre à Pré-au-Lard.
En tête se hâtaient l’infirmière, la directrice et Madame Rosmerta ; Harry – par prérogative professorale -, Tonks et Slughorn fermaient la marche.
L’occasion, quoique déplacée, était trop belle pour la négliger. Harry retint Tonks en arrière, se laissant distancer par Slughorn.
« Nous n’avons pas beaucoup l’occasion de parler à l’école. J’aurais voulu des nouvelles de Lupin. Remus va bien ? »
La jeune femme tressaillit vivement, ce qui renforça les soupçons de Harry.
« Ne mentez pas, Tonks, Je sens qu’il y a quelque chose qui vous tracasse depuis un moment.
- Tu as raison, mais je n’ai pas le droit d’en parler.
- Avec Ron et Hermione, nous appartenons aussi à l’Ordre-du-Phénix, donc…
- Tu sais aussi bien que moi que votre adhésion était bidon ! C’était juste pour vous faire avouer vos manigances. Remus était furieux que l’on vous traite ainsi, mais… sa voix n’a pas eu beaucoup de poids.
- Il y a un traître dans nos rangs, le savent-ils ?
- Tu te trompes, Harry.
- J’en suis sûr ! Ce soir-là, on a versé du Véritasérum dans nos tasses.
- Je sais ! C’est Molly qui s’en est chargée. Elle est terrorisée par ce que vous entreprenez tous les trois, à l’insu de tous. Elle voulait absolument savoir ce que vous trafiquiez. »
Harry encaissa ces révélations en fronçant les sourcils. C’était plausible, somme toute. Il réattaqua :
« Et Remus ? Où est-il ? Va-t-il bien ?
- Je suis désolée, je ne peux pas te répondre, s’étrangla Tonks avec des larmes dans la voix. Je dirai simplement que je l’espère de tout cœur. Je suis sans nouvelles depuis des semaines. »
Cogitant sombrement sur ses piètres informations, Harry accéléra l’allure pour rattraper les autres.
Ils arrivèrent enfin au village, se dirigeant vers les Trois Balais.
Essoufflés, ils gravirent l’escalier menant aux chambres de l’établissement.
« Je les ai mis là en attendant ! » expliqua l’aubergiste en leur ouvrant la porte.
La petite pièce sembla rétrécir avec l’invasion des six personnes qui contemplèrent les lits où reposaient trois corps.
« Par la barbe de Merlin, qu’ont-ils fait de vous, Sibylle. » s’exclama Mrs McGonagall en se jetant sur l’infortunée professeur de divination.
Mrs Pomfresh s’approcha, et ouvrit rapidement la trousse qu’elle portait.
« Mais qu’est-ce qu’ils lui ont infligé, ces barbares ! », s’épouvanta l’infirmière en constatant l’état déplorable de la victime inconsciente.
Pendant que les deux femmes portaient secours à Mrs Trelawney, Harry s’intéressa aux deux créatures inertes qui respiraient faiblement sur les couches voisines.
D’une main tremblante, Harry caressa le crâne chauve de Dobby, la seule partie de ce corps absente d’ecchymoses.
À ce contact, l’elfe ouvrit ses yeux énormes qu’il posa, éperdu de gratitude, sur le responsable de la fin de son esclavage :
« Harry Potter est un grand monsieur ! Deux fois il a libéré Dobby. Dobby n’oubliera jamais. »
Cet effort de conversation eut raison de l’elfe qui s’évanouit à nouveau.
Kreattur ! Son maître frissonna en constatant les dégâts subis par son domestique. Bourrelé de remords pour l’avoir expédié aux portes de la mort, Harry se pencha sur cette chose inanimée.
« Pardon, s’étrangla-t-il, ému, tu as bien travaillé. Je te le promets, jamais je ne te donnerai de chaussettes. Bats-toi ! Je… me suis attaché à toi. »
Une larme roula sur la joue du garçon affligé.
Mrs Pomfresh termina son diagnostic. Lugubre, elle décréta:
« Il faut alerter Ste Mangouste au plus vite !
- C’est fait, dit Mrs McGonagall. Je me doutais que ce serait… ardu. Ils ne devraient pas tarder à venir les chercher. »
Comme de juste, un remue-ménage éclata en bas, prouvant l’arrivée d’une équipe de choc.
Tout se régla rapidement avec un transplanage massif qui emporta les blessés vers l’hôpital des sorciers.
« Souhaitons qu’ils se rétablissent, murmura Mrs McGonagall en se tournant vers Harry. Je suppose que vous n’êtes pour rien dans ce sauvetage inopiné ?
- J’ai… J’avais ordonné à mon elfe de les ramener à tout prix, avoua le jeune homme, confus.
- Joli travail qui risque de leur coûter la vie. Réfléchissez-vous parfois aux conséquences de vos actes, professeur Potter ? »
Harry sentit ses entrailles se liquéfier sous cette froide semonce. Non, devait-il amèrement reconnaître. Il agissait le plus souvent par instinct, sous des impulsions qu’il regrettait, parfois, ensuite. Laura… Kreattur… Qui serait la prochaine victime de ses bourdes ?
Tête basse, il reprit le chemin inverse.
Bombardé de questions à son retour dans la salle commune où la fête battait son plein, il avoua :
« Ils sont gravement blessés. Nous saurons ce qui s’est passé s’ils en réchappent. Ste Mangouste s’occupe d’eux. »
Incapable de participer aux agapes, Harry grimpa jusqu’à son dortoir. Épuisé tant moralement que physiquement, il s’écroula sur son lit avec une certitude à l’esprit : Voldemort n’avait pas du tout apprécié l’évasion de ses prisonniers.