J´ai relu. Voici un petit bout.
elo
je dois aussi aller manger. Plus tard, sûrement.
Chapitre 16 : Une nouvelle quête ?
Ces émotions passées, Dumbledore invita Harry à échanger les souvenirs de Mrs Granger avec ceux du flacon II.
Le rituel recommença et, dès la pensine prête, le trio se laissa absorber par le tourbillon lumineux.
Quel bric-à-brac ! Harry crut être retourné chez Barjow et Beurk tant la similitude des lieux l’impressionna : un vrai capharnaüm de bibelots étranges et poussiéreux, probablement destinés à de la magie pas très blanche.
Des voix émanaient d’une pièce en retrait. Les amis, curieux, se faufilèrent jusqu’à une sorte de réduit que Harry compara avec la réserve de Rogue. Partout des étagères s’encombraient d’une multitude de fioles et de pots au contenu suspect. Deux hommes étaient en grande discussion.
L’un d’eux – probablement le propriétaire de la boutique, vu sa robe-tablier grise – ne payait guère de mine. Petit de taille, presque chauve et bossu, sa bouche édentée s’ouvrait sur un timbre éraillé :
« C’était la dernière fois Sylvère, je ne veux plus être mêlé à ça. »
L’autre sorcier, un baraqué aux yeux sournois, répliqua :
« Tu dois le faire ! Autrement, notre maître sera très mécontent. Tu sais ce qui arrive à ceux qui contrarient Lord Voldemort. »
Le boutiquier apothicaire grimaça affreusement, tremblant de tous ses membres décharnés :
« J’ai donné tous les ingrédients en ma possession ; je ne peux rien de plus, je le jure.
- Douterais-tu des pouvoirs du futur Seigneur des Ténèbres ?
- Non, évidemment ! Je suis seulement terrifié à l’idée des conséquences.
- Obéis à Lord Voldemort ! »
Le petit sorcier rabougri se tassa sur lui-même, cruellement partagé.
« Avez-vous seulement idée de ce qu’il compte faire avec ça ? Moi, je le sais. Il cherche l’immortalité et, puisqu’il a déjà requis mes talents à cinq reprises, il va encore en créer un.
- Un quoi ?
- Un… Horcruxe ! »
L’autre éclata d’un rire aussi épais que sa personne :
« Un Horcruxe, jamais entendu parler, vieux fou !
- Vieux, certes ; fou, loin de là ! Je connais, hélas la méthode… pour l’avoir essayée moi-même. Mon beau-frère brutalisait trop souvent sa femme, ma pauvre sœur Lucinda ; je l’ai éliminé sans jamais avoir été soupçonné. Il existe des poisons si rares… Pour en venir aux meurtres, condition essentielle pour élaborer un Horcruxe, j’avais enfin la possibilité de tenter l’aventure. Dès que Alde Baran mourut, mon âme se déchira ; je l’ai très bien, ou plutôt très mal ressenti. J’avais préparé l’objet destiné à recevoir ce fragment : un très beau vase en cristal. J’y ai versé la potion, et ai prononcé la formule. Ce fut horrible ! Je ne saurais décrire cette abomination. J’ai eu l’impression d’être coupé en deux et, ce soir-là, j’ai fait des choses… épouvantables, inadmissibles pour un être normal. Heureusement, mon bon côté a repris le dessus : j’ai utilisé l’antidote et la formule, le verre s’est brisé, mon morceau d’âme m’est revenu. »
Très attentifs à l’échange de dialogues, le trio ne bronchait pas.
Peu importait à Harry de savoir à qui appartenait ce souvenir ; il venait de capter une information capitale, et espérait en apprendre davantage.
Le Mangemort Sylvère souleva une paupière d’intérêt :
- Donc, d’après toi, notre maître se prémunit contre la mort ?
- C’est cela ! Mais en le faisant, il devient… un monstre. Il faut l’empêcher de poursuivre ou il sera invincible. Tant de souffrance et de morts…
- Tu n’as pas à t’en soucier. Prépare la potion, sinon je serai l’instrument de TA mort. »
Le sorcier lourdaud sortit si vite qu’il traversa Harry avant qu’il puisse se reculer. La mine dégoûtée, le garçon s’attendait à retrouver le bureau de Dumbledore, il n’en fut rien.
« Qui doit-on suivre, Harry ?
- Je suppose qu’il faut rester ici, Hermione. Que fabrique l’apothicaire ? »
Ils entrèrent dans la réserve pour observer les gestes du vieux sorcier. Ils le virent ouvrir un tiroir, s’emparer de plume, encrier et parchemin. Emportant le tout, il changea de pièce, forçant les jeunes gens à s’aplatir contre les étagères afin d’éviter le contact désagréable de son passage. Ils lui emboîtèrent le pas et l’escortèrent jusqu’à une table qu’il débarrassa de son amoncellement d’objets afin d’y dérouler le parchemin. La plume chargée d’encre s’agita sur le feuillet.
Le trio se pencha avidement, lisant les mots au fur et à mesure de leur
formation :
« Ceci est mon testament. Lord Voldemort me tuera prochainement, même si je lui fournis ce qu’il me demande. Ce qu’il prépare est trop immonde, il faut le détruire. J’écris ici la formule de l’antidote à verser sur les Horcruxes. Il en a déjà créé cinq auxquels j’ai, hélas, contribué. Je crois que le prochain sera en relation avec Godric Gryffondor. Bonne chance à ceux qui survivront. »
Suivit la plus longue liste d’ingrédients et de procédés que Harry ait contemplée. Il jeta un œil à ses amis et, les voyant très concentrés à étudier la recette soumise, il s’empressa de les imiter.
Hélas, à peine ses yeux se posaient-ils sur le feuillet, que l’arrachement redouté se produisit ; il retrouva le bureau avec Ron et Hermione.
« Vous l’avez retenue ? Je n’ai pas eu le temps… »
Hermione parut en pleine crise d’épilepsie tant ses bras s’agitaient en tout sens.
« Du papier, de quoi écrire, viiiiiite ! »
Les « Accio » fusèrent pour réunir les objets requis. À toute allure, la plume d’oie gratta le parchemin, reproduisant, exactement, la liste entrevue.
« Ta mémoire me rend dingue ! souffla Ron, épaté.
- J’espère qu’il n’y a pas que ça qui te plaît en moi ! pouffa la jeune fille assez fière de sa performance. De toute façon, je me suis affolée pour rien, on y serait retourné autant de fois que nécessaire pour avoir la recette complète.»
Harry, prenant le feuillet gribouillé à la hâte, sentit son cœur se gonfler de reconnaissance : tout y était !
« Professeur, cria-t-il au portrait somnolent, nous avons la formule.
- C’est ce que j’espérais, sourit Dumbledore en sursautant. Je n’ai pas eu l’occasion d’explorer ce souvenir que je venais de récolter avant d’entreprendre notre dernière petite balade. Notez que cet apothicaire a survécu. Il se terre depuis des années aux confins de la Transylvanie, le pauvre. Son testament a été détruit dans l’incendie de sa maison. C’est la violence qu’ont mise les Mangemorts à réduire en cendres cette minable boutique qui a éveillé mes soupçons. Retracer Varius Inops ne fut pas de tout repos. Il m’a cependant accordé de conserver ce souvenir qui lui pesait tant. Cet antidote est essentiel. Vous vous en servirez sur les Horcruxes restant.
- Voldemort récupérera ses parties d’âmes et sera…
- Vulnérable, oui Harry !
- Excusez-moi, professeur : cette potion est… la pire de toutes celles que j’ai composées. Je ne sais pas si j’y arriverai.
- Miss Granger, vos talents seront à la hauteur de votre quête, j’en suis persuadé.
- Les ingrédients sont tellement…
- Étranges ? Difficiles à obtenir ? Pas tant que ça, j’ai confiance en votre ingéniosité ; vous me soumettrez la liste demain, je suis...
- Attendez ! Et L’Horcruxe ! Va.. Varius a dit qu’il était en relation avec Godric Gryffondor, vous voyez ce que ça peut être ?
- Il faudra le vérifier ; j’ai ma petite idée. Je vous la dirai en temps utile. Bonne nuit, mes enfants. »
Il était un peu tard, en effet, pour débuter la chasse aux ingrédients, d’autant que Dumbledore se rendormait déjà. Ils le saluèrent, et rejoignirent leur tour.