Sous l´insistance de Harry-69, voici la suite. Elle plaira à certains et à d´autres pas. Cela n´engage que moi
Chapitre 15 : Les liens du sang.
Les révélations de Kreattur, extirpées au compte-gouttes, donnèrent des frissons d’angoisse à Harry. Il convoqua immédiatement, par avions en papier, les fidèles membres de son groupe.
Ils se réunirent dans la classe où, d’ordinaire, Hermione lui apprenait l’Occlumancie. D’emblée, il mit les points sur les I :
« Je réclame d’abord votre pardon pour mon attitude de ces derniers jours. Vous savez pourquoi, j’étais… traumatisé. Nous savons maintenant pourquoi Rogue hantait les Trois Balais : il préparait l’attaque de Pré-au-Lard. Je vous ai réuni parce que mon elfe domestique a rencontré Dobby et le professeur Trelawney, dans la forteresse de Voldemort. »
Les questions fusèrent de tout côté :
« Dobby et Trelawney sont prisonniers ? s’exclama Luna, horrifiée.
- La forteresse de Voldemort ? s’ébahit Neville.
- Elle est où ? Il faut qu’on y aille ! »
Ron se levait déjà, baguette brandie.
« On se calme ! dit posément Hermione. Harry, as-tu la position exacte de cette forteresse ?
- Non, avoua Harry, dépité. Kreattur m’a seulement parlé de l’île de Dear.
- Un lieu incartable, c’est bien notre veine ! soupira Ron, se rasseyant lourdement.
- J’ai vraiment cuisiné mon elfe avant de le renvoyer près de Dobby et du professeur qui ont besoin de réconfort. Voldemort les retient par une magie puissante qui les empêche de transplaner. Ils sont… torturés régulièrement, hélas, mais Dobby a donné quelques indications intéressantes.
- Quoi ? Dit vite, s’impatienta Ginny.
- Il… il y a bien un traître à l’Ordre-du-Phénix, et… il y en a un ici, à Poudlard.
- Quoi ! s’étrangla Neville. C’est impossible !
- Et qui est-ce ? Un de ces sales Serpentard, je parie.
- Non, Ron. Celui de l’Ordre, Dobby ne l’avait pas encore découvert. Mais, pour l’école… c’est… »
Harry se tourna, navré, pour la fixer intensément :
« Toi, Luna ! »
Tous ouvrirent des yeux ronds, l’intéressée également.
« Mais… Mais non ! se défendit la blonde jeune fille. C’est faux ! Je…
- Dobby ne t’accuse pas de traîtrise… volontaire. Tu as laissé passé des informations à l’extérieur !
- Moi ! Jamais… »
Luna sembla en proie à une crise de démence, elle secoua la tête si vigoureusement que l’on s’étonnât de ne pas la voir se décrocher. Puis, d’un coup, elle se figea, béate :
« Mon père… j’ai envoyé des hiboux à mon père, pour ses chroniques. Ce n’était rien d’important, ils parlaient juste de nos cours et… »
Ses yeux parurent lui sortir du crâne quand elle lâcha :
« Le dernier parlait de Harry et de… Laura. »
Écrasée par les regards de reproche dont tous la dardaient, Luna fondit en larmes. Harry, l’air sombre, s’approcha d’elle, lui enserrant gentiment les épaules :
« Le mal est fait, nous n’y pouvons rien. Je suis le plus coupable dans cette épouvantable histoire. Cela prouve que nous ne devons, sous aucun prétexte, raconter au dehors ce qui se passe ici.
À présent, je désire rester seul avec Hermione, si vous n’y voyez pas d’inconvénient. »
La classe se vida, abandonnant Harry et Hermione en tête-à-tête.
« Je veux en finir avec l’Occlumancie ! Ne me ménage pas. »
La jeune fille approuva gravement et lança très vite :
« Legilimens »
Harry se cabra aussitôt, contrant la force qui tentait de percer son esprit.
Il s’étonna du flot d’images qui lui sautèrent à l’esprit : Pattenrond et le chat inconnu griffaient Théodore Nott ; Ron et Hermione s’embrassaient ; Mrs McGonagall confiait le retourneur de temps à Hermione ; Viktor Krum attrappait le vif d’or ; Hermione, inquiète, penchée sur Harry à l’infirmerie ; une fillette de deux ans regardant un bambin couché dans un couffin ; deux bébés assis dans un parc, jouant avec des cubes.
Tout s’arrêta brutalement, il s’étonna de trouver Hermione à genoux devant lui. Il se précipita pour la relever.
« Tu… tu vas bien ? »
Très pâle, la jeune fille se redressa:
« Tu… tu as été fulgurant et, maintenant… je n’ai plus rien du tout à t’apprendre ! »
Avant qu’il ait pu répliquer, elle filait à toutes jambes, le laissant complètement désorienté : pour la première fois, depuis qu’il la connaissait, Hermione lui avait menti.
Il faudrait bien qu’il la coince et lui demande des explications sur ses souvenirs d’enfance car le petit garçon endormi qu’elle regardait tendrement, portait au front l’exacte réplique de sa propre cicatrice.
Quand une fille est décidée à se défiler, elle y arrive facilement. Hermione devait être la championne du sort de disparition car Harry ne la vit plus qu’à l’occasion des cours du lendemain. Là, impossible de lui parler ouvertement. De plus, elle fuyait son regard, s’absorbant dans la réalisation d’un antidote au Veritaserum.
Le professeur Slughorn leur avait assuré que cette potion garantissait l’immunité aux Aurors qui seraient malencontreusement tombés aux mains de l’ennemi, d’où l’importance de la réussir correctement. Il passait fréquemment entre les tables, jugeant l’avancée des mixtures qui bouillonnaient au fond des chaudrons. Neville serait probablement recalé, pour changer, car son mélange de mandragore additionnée de sel de jonquille, dégageait une telle odeur pestilentielle que le professeur se pinça les narines en l’examinant très brièvement. Son visage de vieux morse moustachu s’éclaira quand il vit la potion de Harry ; elle avait exactement la teinte bleutée requise.
« Tout le portrait de sa mère, murmura-t-il, ému. »
Harry n’éprouva guère de satisfaction sous ce commentaire. Il trichait un peu en consultant son manuel antérieur… et alors ? L’important était surtout d’obtenir un ASPIC convenable.
Lorsque arriva la pause du déjeuner, il espéra s’entretenir avec Hermione qui, chose rare, n’y participa pas.
« Ron ? Où est-elle ? demanda-t-il en se régalant de côtelettes d’agneau.
- Elle prétend être au régime, rigola le rouquin. Elle est bizarre depuis hier soir, qu’avez-vous fait en classe, après notre départ ?
- Rien ! Ou… si peu : de l’Occlumancie. J’ai vu un truc qui m’intrigue. Elle seule peut l’expliquer. Si tu parviens à lui parler, je vous donne rendez-vous dans le bureau de McGonagall, ce soir, 21 heures. »
La journée s’étira longuement. Harry avait passé l’après-midi à la bibliothèque, essayant d’apprendre par lui-même des sortilèges d’attaque plus puissants que ceux appris jusqu’ici. Pas de Hermione dans le royaume de Mrs Pince ? C’était tellement étrange que le garçon n’arriva pas à se concentrer sur son tome de « Trucs et astuces pour sorcier en danger. »
La jeune fille ne se montra pas non plus au dîner et Ron avoua ne pas l’avoir croisée.
« Elle ne pourra pas m’échapper indéfiniment, gronda Harry, mécontent. Je lui ai envoyé un avion pour la réunion de tout à l’heure. J’espère qu’elle viendra.
- Essaie la carte du maraudeur ! souffla Ron. »
Harry sursauta légèrement puis sourit. C’était une excellente idée : il la tenait. Dès le repas achevé, il se leva en compagnie de Ron. Tous deux gagnèrent leur dortoir où, assuré d’être à l’abri des indiscrétions, Harry déplia la carte transmise par Fred et Georges.
« Je jure que mes intentions sont mauvaises ! » dit-il en pointant sa baguette.
Après un bref sourire en voyant apparaître les noms des quatre anciens complices auteurs du document, Harry se pencha pour détailler le parchemin. Les petites silhouettes animées le renseignèrent sur la position de tous les occupants de Poudlard.
« Là ! s’exclama Ron. Elle est dans le dortoir des filles.
- Zut ! On ne saura pas y aller. Regarde, Ginny vient d’entrer en bas. Allons-y ! »
Après un rapide « Méfait accompli » Harry rangea son précieux document pour dévaler les marches menant à la salle commune.
Ils y déboulèrent en coup de vent, juste à temps pour retenir Ginny qui allait monter.
« Attends ! Il faut absolument que tu dises à Hermione de venir avec nous ; c’est très important. »
Un peu étonnée par la requête, la jeune fille accepta ce rôle de commissionnaire. Elle disparut plusieurs minutes pendant lesquelles les garçons s’assirent devant la cheminée.
« Qu’est-ce qu’elle fabrique ? s’énerva Harry.
- Elles se disputent peut-être ? »
Enfin Ginny réapparut, la mine désolée.
« Elle ne veut pas, c’est ça ?
- Euh… je ne sais pas ! Je ne l’ai pas trouvée, ni dans sa chambre ni dans d’autres que j’ai visitées. La tour est vide, ou presque. Je n’ai rencontré que Pattenrond qui s’amusait avec un autre chat. »
Agacé, Harry grommela un vague merci, empoigna Ron par le coude pour l’entraîner dehors.
Directement, ils foncèrent au bureau de la directrice et abordèrent le tableau de Dumbledore.
« Harry ! Si tu es ici, je suppose que tu as perfectionné l’Occlumancie ?
- Justement ! explosa Harry. J’y ai tellement bien réussi que je suis entré dans la tête de Hermione. Elle n’avait pas utilisé de pensine ; j’ai vu…
- Je me doute de ce que tu as vu, Harry. Elle est venue m’en parler ; elle était bouleversée.
- Ce qui signifie ?? ?
- Que contrairement à ce qui était prévu, tu vas utiliser le flacon III avant le II ; tu y vivras trois souvenirs. Ronald, n’accompagnez pas Harry dans ce voyage très… intime, s’il vous plaît. »
Déterminé, Harry installa la pensine. Il avait tellement hâte d’en savoir plus, qu’il faillit verser la fiole à côté.
Un tour de baguette, il plongea.
bonne lecture à tous