la voici, la voilà. Trois pages pour l´instant.
Bonne lecture mes
Chapitre 13 : Le nid d’aigle.
Le samedi était enfin arrivé ! Très tôt le matin, le trio visita les cuisines pour y récupérer le tribut demandé aux elfes. Harry se tracassa un peu en constatant qu’aucune de ces créatures n’avait de nouvelles de leurs deux congénères absents. Il se promit d’appeler son domestique personnel dès qu’ils rentreraient de balade… à condition de partir, et surtout… de revenir.
Appâter des Sombrals ! Extrêmement dégoûtés les jeunes gens épandirent la chair dégoulinante et les bouteilles de sang frais sur le large périmètre d’une clairière en lisière de la forêt interdite. Harry aurait souhaité pouvoir les appeler comme Hagrid le faisait, mais ses pâles imitations du cri aigu adapté ne donnèrent, hélas, rien.
« Avec toute cette viande, espérons ne pas attirer d’autres bestioles ! gémit Ron qui lançait des regards anxieux partout. »
L’inquiétude commençait à les étreindre quand, enfin, Harry pointa le ciel :
« Ils arrivent ! lança-t-il, joyeux. »
Les Sombrals n’étant perçus que par ceux ayant vu la mort de près, il était heureux que ses amis ne puissent distinguer ces animaux squelettiques aux ailes de chauve-souris. Ils décrivirent un cercle au-dessus des jeunes gens puis se posèrent pour entamer leur repas sanglant.
« Ils sont là, constata Hermione qui voyait des lambeaux de chair disparaître par à-coups. Ils sont combien, Harry ?
- Deux ! Je reconnais Tenebrus, le préféré de Hagrid. Ne bougez pas, je vais le caresser. »
Sans crainte, Harry se dirigea vers cette créature étrange aux yeux blancs et au pelage noir.
« Il doit vous manquer autant qu’il nous manque, murmura-t-il ému, en flattant l’encolure de l’animal. »
D’un long hochement de sa tête reptilienne, le cheval ailé sembla acquiescer. Sous l’œil attentif de ses amis, Harry lui parla doucement avant de leur signifier que tout était en ordre.
À tâtons, Ron et Hermione se hissèrent sur le dos du second Sombral ; Harry enfourcha Tenebrus qui, d’une puissante détente des jarrets postérieurs, décolla dans une accélération vertigineuse.
Harry n’appréciait pas trop ce genre de vol. Probablement parce qu’il ne maîtrisait pas la manœuvre : la monture faisait tout, toute seule. Il se laissa donc entraîner à vive allure vers des montagnes déchiquetées.
Dumbledore avait raison : le château de Rowena Serdaigle n’était qu’à un petit quart d’heure de vol de Poudlard.
Frôler des pans de roche à une telle vitesse, donna des sueurs à chaque membre de cette équipée. C’est avec soulagement qu’ils assistèrent à la descente des Sombrals qui se posèrent en douceur sur une clairière couverte d’herbes rases, à proximité de ruines imposantes.
Un peu titubants après ce périple, les trois complices remercièrent les animaux, puis s’engagèrent sur le sentier déjà emprunté dans le souvenir de l’ancienne fondatrice du collège.
« S’ils ne sont plus là au retour, nous transplanerons pour Pré-au-Lard ! dit Harry, confiant.
- Tu crois que les serre-livres sont encore ici ? Depuis le temps écoulés, ils ont pu changer de main des dizaines, voire des centaines de fois !
- Dumbledore n’a pas démenti, Ron ! Donc, ils sont ici… quelque part. »
Du fringant château entraperçu comme dans un rêve éveillé, il ne subsistait que peu de chose. Des murs entiers s’étaient écroulés, une végétation folle investissait les lieux. Traversant la cour livrée aux ronces, le trio avança lentement, jetant des regards furtifs dans les recoins, prêt à riposter en cas d’attaque. Rien ne survenant, les amis arrivèrent au seuil du bâtiment visité en compagnie de Rowena Serdaigle. Il n’en restait qu’une carcasse rongée de lierre, sans toiture, au sol jonché de débris de bois pourris.
« Ça m’étonnerait qu’on trouve quoi que ce soit là-dessous ! soupira Hermione, déçue. Explorons ailleurs. »
Ron et Harry approuvèrent ; ils changèrent de site.
À nouveau se présenta un capharnaüm de ruines diverses. Ils découvrirent les vestiges des anciennes écuries, d’une vieille forge avec des restes de cheminées qui avaient dû être monumentale. Alors qu’ils approchaient d’un ensemble de pilier dont certains tenaient encore debout, Harry s’exclama soudain, plongeant vivement la main dans sa poche :
« Qu’est-ce que j’ai fourré dedans ? Ça chauffe ! »
Il fouilla un peu puis exhiba…
« La montre de Dumbledore ! Elle vient de s’échauffer.
- Qu’est-ce que tu racontes ? Donne ! »
Intriguée, Hermione s’empara de l’objet, le palpant doucement.
« C’est vrai ! Sa température dépasse celle du corps humain. Qu’est-ce que tu crois que ça signifie ?
- Qu’on brûle ! sourit Harry en reprenant la montre.
- Qu’est-ce que tu veux dire par : on brûle ? »
Harry et Hermione éclatèrent de rire. Ils expliquèrent ensuite à Ron le sens de cette expression typiquement moldue.
« On est près de l’Horcruxe, c’est ça ? »
Très excités par cette conclusion, le trio repartit en chasse. Harry tenait la montre dans son poing tendu devant lui, cherchant la direction selon le changement de chaleur.
« Par là ! », cria-il en désignant une muraille sur leur gauche.
Plus ils approchèrent, plus la température monta. Harry regarda le cadran, s’effarant du mouvement rapide des petites planètes.
« C’est là-dedans ! » décréta-t-il en pointant une grille rouillée qui fermait un accès derrière la muraille.
Ils n’y touchèrent pas de suite, se contentant de l’observer de loin.
« Qu’est-ce qu’on attend ?
- Ron, si Voldemort – arrête de frissonner, c’est idiot – donc, si VOLDEMORT est passé par ici, cette porte est peut-être piégée.
- Que va-t-on essayer ?
- J’ai potassé pour ton coffret, mais tu as trouvé la clé avant que je puisse essayer un nouveau sort destiné aux objets envoûtés. Je vais le lancer, écartez-vous. »
Hermione se planta face à la grille, leva sa baguette. D’un puissant :
« Scandero vultos » elle propulsa un éclair bleu qui fit vibrer les barreaux oxydés. Aussitôt, un faciès immonde se matérialisa. C’était… inqualifiable de laideur et d’abjection ; un hybride mi-serpent mi-dragon : une gueule dentue énorme, destinée à avaler le premier venu. De cet orifice s’exhala violemment une haleine fétide qui provoqua le recul du trio soufflé par cette tornade pestilentielle.
S’accrochant les uns aux autres pour résister à la force de la bourrasque, les amis malmenés s’asphyxiaient. Harry, d’un sursaut d’énergie, hurla :
« DESTRUCTUM ! »
Une fumée s’évapora, tout redevint calme.
Ébranlés, échevelés, ils mirent plusieurs minutes avant de se remettre de leurs émotions.
« La prochain fois, on prendra des masques à gaz ! pouffa Hermione , écoeurée par les miasmes respirés.
- Espérons qu’il n’y aura pas de prochaine fois, répliqua Ron dont le teint verdâtre jurait affreusement avec ses cheveux roux. »
Ils marchèrent prudemment jusqu’à la grille sur laquelle ils s’acharnèrent, la secouant à en avoir mal au bras… pour rien.
Le répertoire des sorts y passa : aucun déclic ne se produisit.
« C’est trop bête ! s’énerva Harry en donnant un coup de pied aux barreaux. Je suis sûr que c’est là-dedans, mais…
- Essaie le fourchelang, comme pour le médaillon, suggéra Ron. »
Harry se serait giflé, il aurait dû y penser lui-même.
Aussitôt, il prononça son « sésame » dans un sifflement bizarre aux oreilles ; le grille grinça : la voie était libre.
Après s’être congratulés pour cette réussite, les amis franchirent l’accès révélé.