Chose promise, chose due!!!
Voici la fin de ce chapitre qui pécède une grande aventure.
Devoirs, cours, entraînements de Quidditch – auxquels Ron faisait merveille -, c’est à peine si Harry pouvait s’isoler avec Ginny. La petite Laura Madley avait ouvert ses grands yeux bleus innocents, étonnée de la proposition faite au détour d’un couloir :
« Tu veux que je sorte avec toi ? couina-t-elle prête à défaillir d’émoi.
- Non ! Enfin… c’est ce que les autres doivent croire. Si l’on nous voit souvent ensemble, ils penseront que toi et moi… tu saisis ? »
Apparemment, la demoiselle avait des difficultés à définir son rôle exact. Ginny, avec sa tournure directe habituelle, lui mit les points sur les I ce qui permit aux amoureux de se fréquenter à l’abri des commérages.
Le vendredi précédant leur grande aventure faillit tourner à la catastrophe.
Harry avait spécialement peaufiné son cours. Ayant découvert dans son manuel de potions un sort qu’il jugea très intéressant, même s’il avait été inventé par son mortel ennemi, il le testa sur le malheureux Trevor – sans en parler à son propriétaire – et les résultats furent plus que satisfaisants.
C’est donc très assuré qu’il se présenta dans la classe du premier étage.
Immédiatement, les problèmes surgirent. Théodore Nott semblait être devenu le nouveau chef de file de Serpentard. Ce grand garçon émacié déclara très vite ses intentions malveillantes :
« Après ces stupides Protego et ces non moins idiots Assurdiato, quelle stupidité ce prof à la noix prétend-il encore nous enseigner ? »
Toute la Maison créée par Salzard Serpentard siffla de contentement devant ce défi publiquement déclaré.
Inspirant un grand coup, Harry se força au calme :
« J’avais justement besoin d’un cobaye pour un nouveau sort. Théo, approche-toi… si tu l’oses ! »
La froideur du ton en impressionna plus d’un. Il ne riait plus ce fanfaron efflanqué. Soudain blême, il hésita :
« Le code interdit les sévices aux élèves !
- Je suis au courant, sourit Harry, sardonique. Je suis aussi réputé pour être un peu tête-brûlée, mais… tu n’as pas à t’inquiéter. »
Cette fois, le grand Nott verdit :
« Je… je vais prévenir la directrice ! Tu me menaces Potter ! Tu n’as pas le droit et…
- Je ne te menace pas, je t’invite à participer au cours durant lequel tu es prié de… m’appeler PROFESSEUR POTTER ! »
Sans un mot, Harry formula le sort favori de son père. Théodore se retrouva suspendu dans le vide, la tête recouverte par sa robe avant de retomber mollement sur le sol.
S’il s’était écouté, Harry aurait infligé un Endoloris bien senti à ce pédant personnage. Au lieu de quoi, il décrivit calmement la méthode pour lancer ce Levicorpus informulé.
Nott, quoique penaud, n’en demeura pas moins virulent :
« C’est de l’abus de pouvoir, professeur ! cracha-t-il, mauvais.
- Spina longus ! » hurla Harry d’un geste brusque de sa baguette.
Instantanément le corps filiforme de Nott fut ficelé par de longues lianes noueuses garnies d’épine. Privé de parole, le jeune sorcier emprisonné ne savait plus qu’ouvrir des yeux ahuris et paniqués.
Très doctoral, Harry expliqua :
« N’essaie pas de te débattre ou se sera pire ! Comme vous le constatez ce sort est une espèce d’hybride entre Incarcerem et Petrificus Totalus. Les liens ont des caractéristiques mêlées de la tentacula vénéneuse et du filet du diable. Votre victime ne souffre que si elle essaie de bouger. Passons à la pratique. »
Cette démonstration spectaculaire força le respect de beaucoup... et la rogne de certains autres.
L’entraînement se déroula avec des hauts et des bas. Neville cafouilla et Luna se retrouva ligotée par des feuilles d’ortie. Hermione l’accompagna immédiatement à l’infirmerie afin de soigner les gourmes qui lui couvraient les bras et les jambes.
Le cours se terminait, les élèves se dispersaient sagement, Harry rangea ses livres quand, sans avertissement, éclata :
« STUPEFIX ! »
Par réflexe, Harry se rejeta en arrière pour voir une lumière rouge le dépasser et frapper Padma Patil qui s’écroula. Se retournant, sans rien comprendre, il assista alors à une scène hallucinante. Théodore Nott était aux prises des griffes de deux félins furieux. Probablement entrés tandis que les jeunes sorciers sortaient, ces chats malmenaient hautement le fils du Mangemord arrêté au ministère. Pattenrond et le chat inconnu qui l’avait guidé à la gargouille rivalisaient d’agressivité en s’acharnant sur un Nott débordés par les assauts.
« Il te visait, Harry ! Je l’ai vu ! cria Ginny qui ranimait Padma d’un « Enervatum » bien appliqué. Ces chats ont dévié le tir. »
Une colère froide s’empara de Harry. Il hésita pourtant à répliquer, de peur de blesser les félins. Lorsque tous les morceaux de chair accessibles eurent reçu leur part d’écorchures, les animaux déguerpirent à toute vitesse.
« Cinquante points de moins pour Serpentard ! Nott, veuillez m’accompagner chez la directrice. Elle vous y signifiera certainement votre renvoi ! »
Contrairement à ce qu’il pensait, Mrs McGonagall refusa d’envoyer Nott ailleurs qu’à l’infirmerie. Abasourdi, prêt à proclamer violemment son bon droit, Harry s’adoucit lorsque la directrice exposa son point de vue, dès qu’ils furent seuls :
« Vous avez eu raison Mr Potter d’enlever 50 points à Serpentard ; j’en ôte autant pour cette – très - déplorable attitude envers un professeur. Néanmoins, exclure Mr Nott de l’école serait, à mon sens, une grave erreur : il courrait rejoindre les rangs des Mangemorts ! De plus, nous devons tout tenter pour réunir les Maisons ; c’était le souhait le plus cher du professeur Dumbledore. »
Harry dut reconnaître la justesse des arguments soumis, et baisser les armes. En quittant le bureau, le discret clin d’œil que lui adressa Dumbledore, faussement endormi dans sa barbe, ne lui échappa pas ; son moral remonta.
Bonne lecture