Eh bien voilà! Un tout petit aperçu du chapitre 10. Bonne lecture.
Chapitre 10 : Les secrets du coffret.
Si Harry Potter avait déjà connu des rentrées trépidantes, celle-ci paraissait – de loin – la pire de sa vie. Les ASPIC (Accumulation de Sorcellerie Particulièrement Intensive et Contraignante) portaient bien leur nom.
Ses cours, réduits à quatre matières, n’en laissaient pas moins le jeune homme absolument débordé. D’abord, Mrs McGonagall l’avait convoqué dans la salle des professeurs où il avait reçu son horaire, et une remontrance assez salée en raison de ses exploits de la veille. Ensuite, elle l’avait conseillé sur les matières à donner aux trois années dont il assumerait la charge. Son nouveau statut ne le dispensait nullement d’adopter le rythme imposé. L’unique facilité accordée était de grouper ses élèves dans un cours commun.
Il ressortit de cette entrevue pour courir aux cachots où Slughorn diffusait son enseignement.
« Ah, voici mon jeune collègue ! Ne vous excusez pas de ce léger retard, la directrice m’avait prévenu. »
Harry gagna la table occupée par Hermione et Neville en s’étonnant de découvrir des élèves d’autres Maisons. D’habitude, seul Serpentard suivait potions en même temps que Gryffondor. Il est vrai que, pour cette année d’ASPIC, rares étaient ceux qui avaient accepté ce sujet d’étude.
La leçon du jour ne fut qu’une longue tirade de théorie à potasser avant d’en venir à la pratique.
C’est avec soulagement, et les doigts crispés d’avoir tant écrit, que tous accueillirent la sonnerie libératrice.
Harry, qui n’avait pas eu le temps de déjeuner, dévora gaillardement le sandwiche que lui tendit Ginny avec un petit sourire. Ils n’eurent pas le temps de causer que, déjà, le devoir les appelait. Elle se rendait chez Mrs McGonagall, lui dans les serres.
« Bonjour, chers élèves, les accueillit d’emblée le professeur Chourave. Nous allons vite nous mettre au travail. Il s’agit d’accélérer la croissance de ces jeunes Ellébore. Je… J’avoue n’avoir aucune idée quant à la manière de procéder. L’un de vous aurait-il une suggestion à formuler ? Miss Granger ? »
Hermione, drillée par des années d’exercices, s’était dressée, main tendue.
« L’Ellébore, étant classée dans la catégorie des plantes vénéneuses, de la terre noire et de la bouse de dragon comme engrais devrait, théoriquement, l’aider à pousser.
- Théoriquement, vous avez raison. Dix points pour Gryffondor. Hélas, j’ai essayé, sans résultat. »
Tous se mirent à échafauder des méthodes plus farfelues les unes que les autres. Puis, Neville leva timidement la main :
« Mon Mimbulus Mimbletonia adulte m’a craché dessus, et mes cheveux ont poussé, d’un coup. L’Empestine, ne pourrait-elle… »
Le professeur Chourave gratta sa toison grise sous son chapeau rapiécé.
« Mr Londubat… C’est assez exceptionnel comme découverte. Pourquoi pas ! Auriez-vous des échantillons que nous pourrions tester ? »
Le compliment atteignit le garçon en plein sa face lunaire qui se colora étrangement.
« Elle est… dans mon dortoir. Si vous le voulez… »
Un signe de tête positif le lui accordant, Neville brandit sa baguette pour lancer un puissant :
« Accio Mimbulus Mimbletonia. »
Une once d’anxiété flotta dans la serre, rehaussant la chaleur environnante. Puis, un pot supportant un vague cactus gris arriva nonchalamment se poser dans la main de son propriétaire.
Vivement félicité pour ce succès, Neville s’empressa de confier la plante au professeur de botanique qui l’observa sous toutes ses faces. La petite enseignante ordonna ensuite aux élèves de prélever l’Empestine issue des pustules jaunâtres et d’en récolter le plus possible ; elle paraissait tellement ravie, qu’elle octroya vingt points supplémentaires à Gryffondor.
Enfin l’heure du déjeuner. Harry mourait de faim. Il s’empiffra joyeusement d’un peu de tout sans oublier de discourir avec ses amis.
« J’ai un truc à vous soumettre, tantôt. Dès que nous aurons fini les cours, j’aimerais que vous me disiez ce que vous en pensez. Rendez-vous dans les toilettes de Mimi Geignarde. »
Il y avait trop d’oreilles alentour pour risquer plus de confidences. Les jeunes gens s’éparpillèrent selon leur horaire sitôt le repas achevé.
Métamorphose en continu pour Serdaigle et Gryffondor.
« Beaucoup d’entre vous désireront rejoindre les rangs de nos valeureux Aurors après cette ultime année d’étude. Sans une parfaite maîtrise de la technique de camouflage, vous n’y parviendrez pas. Aussi, je vous inculquerai le sortilège de Kamel Léon, un sorcier français spécialiste du genre. Si vous parvenez à contrôler ce sort, vous vous confondrez avec votre environnement ; vous deviendrez presque aussi imperceptible que si vous portiez une cape d’invisibilité. Il ressemble au sort de désillusion, mais est plus complexe. »
Au bout des trois heures de cours, seulement entrecoupées d’une courte pause, la plupart des élèves joignirent leur salle commune ; certains allèrent à la bibliothèque ; cinq d’entre eux se glissèrent discrètement dans le couloir du second étage.
« Qu’est-ce que tu voulais nous montrer à part des autres ? s’impatienta Hermione. Tu as vu la liste des devoirs à faire ? »
Pour couper la semonce, Harry exhiba rapidement le coffret qui ne l’avait pas quitté de la journée.
Le petit parchemin circula de main et main, chacun le lisant avec émotion.
« Tu n’as rien su en tirer d’autre ? s’informa Ginny en lui rendant le feuillet.
- J’ai essayé, mais il était tard. J’espérais qu’ensemble… »
Tous se mirent à cogiter. Luna proposa « Alohomora », sans succès. Hermione lança le sort d’aparecium, en vain. Neville semblait très songeur. Il réclama la boîte que lui passa Harry. Il la tourna et retourna, circonspect.
« Sous le premier bouton, les autres sont groupés par deux ; un espace sépare le second groupe de deux puis il y a un autre espace entre un groupe de quatre.
- Et alors ? Je ne vois pas du tout ce que ça représente, s’énerva Harry.
- Si ! cria Ginny qui se reprit pour parler plus bas. On dirait… une date. »
La conclusion leur sauta aux yeux. S’ils trouvaient la bonne combinaison, le tour serait joué.
« Tape ta date de naissance, Harry ! dit Hermione excitée. »
Quatre paires d’yeux suivirent les efforts de Harry qui poussa soigneusement les boutons : trois fois le 1er ; une fois le second et ainsi de suite… Rien !
Ils en testèrent des dates ! Harry ne sentait plus le bout de ses doigts après avoir pressé les poussoirs un nombre incalculable de fois. À court d’idées, il baissa les armes, préférant libérer ses amis et les renvoyer à leurs travaux scolaires.