voila la suite ke vous attendez tous, la fin du chapitre 2: bonne lecture a tous !!
Pendant un long moment, seuls les sanglots de Ginny ont retenti dans la pièce. Elle est submergée d´horreur à l´idée de ce qu´il a vécu. Elle se sent dépassée. Comment peut-elle espérer l´aider ? Qui peut prétendre être à la hauteur d´une pareille tâche. Doit-elle le laisser mourir ? Non ! Elle ne peut se résoudre à espérer cela. L´idée qu´il meure un tel désespoir au cœur la révolte.
"Mais que dois-je faire ? Finit-elle par demander au vieil homme. Ai-je une chance de réussir à le convaincre qu´il n´y est pour rien ? Qu´il a droit au bonheur lui aussi ?
- Personne ne peut répondre à votre place. Il vous faudra sans doute des années de patience, de persévérance, de courage pour y arriver. Une telle épreuve peut tuer votre amour. Or il vous faudra l´aimer de tout votre cœur si vous voulez avoir une chance de réussir. Prenez le temps de réfléchir", conclut-il en se levant.
Elle resta longtemps pensive, à regarder le jeune homme immobile dans le lit. Il avait l´air si calme. Qui pourrait penser que son âme souffre le martyre. Les médicomages sont venus puis repartis sans qu´elle ne les remarque. Finalement, elle décida qu´il ne lui servirait à rien de rester là. Elle avait besoin de se sentir entourée par sa famille. Elle descendit dans le Hall et transplana au Siège.
On ne peut pas dire que Ginny se sentit mieux le lendemain en se levant. Elle avait très peu dormi. Elle ne savait toujours pas quelle décision prendre. Par contre, elle avait compris une chose : il fallait qu´elle en parle à quelqu´un.
Elle retrouva toute sa famille autour de la table du petit déjeuner. Malgré une certaine mélancolie latente, chacun faisait bonne figure. Les jumeaux racontaient la fête improvisée qui s´était tenue la veille à Pré-au-Lard, et pour laquelle ils avaient fourni un certain nombre d´articles, Percy pérorait sur les mesures prises par le Ministère pour mettre la main sur les Mangemorts encore en liberté, Bill se félicitait de la reprise des moyens de transports. Le réseau de cheminées pouvait être désormais utilisé sans danger et le Magicobus avait repris du service. Quant à Molly, elle apprit à Ginny que Ron avait brièvement repris connaissance la veille au soir. Il s´était montré incapable de parler, mais c´était déjà en soi une excellente nouvelle.
Finalement, Mrs Weasley partit relever Hermione pour que celle-ci puisse venir déjeuner à son tour, et le reste de la famille retourna à ses occupations habituelles. Cela arrangeait Ginny qui avait pris l´habitude de confier ses doutes à la fiancée de son frère l´année précédente. Son intelligence aiguë, sa sensibilité et son savoir en faisaient une excellente conseillère.
Quand son amie fut restaurée, Ginny lui proposa de marcher un peu dans les environs. Elle hésitait cependant à révéler toute la vérité. Elle décida finalement de s´en tenir aux grandes lignes. Elle expliqua donc brièvement à Hermione qu´un legilimens qui avait pénétré l´esprit de Harry avait délivré son diagnostic. C´est Harry lui même qui refusait de se réveiller. Il se sentait coupable des décès qui avaient eu lieu lors de la bataille et se sentait trop malheureux pour avoir le courage de vivre.
"Il fait une dépression, commenta Hermione
- On peut y faire quelque chose ?
- Cela se traite plus ou moins bien. Avec des médicaments et des séances de psychanalyse. Du moins chez les moldus. Qu´en pense le Docteur Baker ?"
Ginny se serait donné des gifles. Bien sûr, elle devait en parler avec Sylvia Baker ! Cette dernière ne lui avait-elle pas expliqué le mois précédent qu´elle avait étudié en parallèle les médecines sorcière et moldue dans les domaines liés à la psychologie ?
"Hermione, je t´adore ! Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
- Heureuse d´avoir pu t´aider", murmura la brunette, qui n´avait pas l´impression d´avoir dit grand-chose d´intéressant.
Ginny ne semblant pas désireuse de poursuivre cette conversation, Hermione changea de sujet :
- Au fait, la rentrée à Poudlard a été reculée au 1er octobre. Cela a été annoncé il y a deux jours dans les journaux et à la radio."
Ginny du bien s´avouer qu´elle n´avait pas pensé une seconde à la rentrée. L´idée qu´elle devait retourner à Poudlard pour un an lui semblait totalement irréelle. D´ailleurs, si elle décidait d´aider Harry, elle n´y retournerait sans doute pas.
Elles firent demi-tour pour ne pas trop s´éloigner de la maison.
"Tu sais, Drago Malefoy a lui aussi été blessé, reprit Hermione au bout d´un petit moment.
- Oui je sais. Je lui ai rendu une petite visite, avant-hier.
- Il t´a parlé de ce qui c´est passé ?
- Au sujet de Harry ?
- Non, ce qui lui arrivé à lui.
- Pas vraiment, répondit Ginny, résignée à entendre le pire
- Et, bien, une fois Voldemort vaincu, les Mangemorts ont essayé de fuir. Tous sauf un. Il a sauté sur Malefoy, qui était déjà mal en point. Je ne sais pas quel maléfice, Drago lui a envoyé à bout portant, mais quoiqu´il en soit, cela a été fatal à son agresseur. Et quand on lui a retiré sa cagoule, on s´est aperçu que c´était Lucius Malefoy."
La benjamine des Weasley n´eut pas l´exclamation d´horreur qu´elle n´aurait pas manqué d´avoir si on lui avait raconté cette anecdote la veille. En ce qui la concernait, elle avait atteint la limite de ses capacités à s´émouvoir. Elle fit juste remarquer d´un ton pensif :
"J´aurai cru que Lucius Malefoy était plus fort que son fils.
- Il y a de fortes chances que ce soit le cas. C´est ce qui me fait penser que Lucius ne désirait pas tant tuer Drago que se faire tuer par lui pour échapper à Azkaban.
- Mais pourquoi Drago ?
- Quelle meilleure manière de lui faire payer sa défection que de faire de lui le pire meurtrier qui soit, un parricide !
- Je me demande si l´un de vous a pu revenir de cette bataille sans regrets ou remords.
- Je ne vois pas ce que Ron pourrait avoir à se reprocher, rétorqua vivement Hermione.
- Moi, je ne vois pas pourquoi tu te reproches ce qui est arrivé à Ron", fit remarquer Ginny.
Fait rare, Hermione ne répliqua pas. Mais Ginny doutait l´avoir ébranlée dans ses sentiments. Hermione aussi aurait besoin de temps pour se remettre complètement. C´est plongé dans leurs propres pensées que les deux jeunes filles revinrent vers la maison d´un pas lent.
De retour à Ste Mangouste, Ginny débusqua le docteur Baker avec l´aide de la réception et les deux femmes convinrent de déjeuner ensemble. Elles trouvèrent un coin tranquille et la jeune fille révéla tout ce que le legilimens lui avait expliqué. Sylvia resta un instant silencieuse avant de donner son avis. Oui, il était possible de soigner ce genre d´état. Il y avait des potions susceptibles d´aider. Des séances de legilimencie aussi. Mais ce serait long, très long, et très dur pour ses proches. Sans compter qu´Harry allait sans doute refuser leur aide dans un premier temps.
"Mais est-on sûr de le guérir à terme ? Insista Ginny.
- Rien n´est sûr dans ce genre de trouble. Mais j´ai bon espoir. Malgré son manque de confiance en lui quasi pathologique, il a montré, à de nombreuses reprises, qu´il avait un mental très fort. Et il avait l´air très heureux cet été. Entouré par votre famille et votre amour, il a de bonnes chances de s´en sortir.
- Mais il se sent particulièrement coupable envers ma famille, à cause de mon père
- Justement. Si cette famille envers laquelle il se sent spécialement en tort lui pardonne, cela l´aidera à se reconstruire.
- Cela veut dire qu´il faut que je leur révèle à tous la vérité ?
- Dans un premier temps dites-le seulement à Ron et Hermione."
Pour terminer, Ginny lui demanda comment ils avaient retrouvé le frère d´Albus Dumbledore.
- Nous ne l´avons pas retrouvé. Il s´est présenté tout seul, a forcé tous les barrages et a convaincu le guérrisseur-en-chef de le laisser faire en lui faisant une petite démonstration de ses pouvoirs. Il est très impressionnant quand il veut", conclut Sylvia avec un petit sourire.
A quinze heures, Sylvia et Abelforth Dumbledore eurent une discussion très technique à laquelle Ginny ne comprit pas grand-chose. Ensuite, le legilimens expliqua à la jeune fille que, pour inciter le jeune homme à se réveiller, il allait l´obliger à se remémorer les meilleurs moments de sa vie. Il fallait donc que Ginny lui indique ces moments-là. A ce qu´il avait vu lors de sa première visite, il leur suffirait de se concentrer sur le Quidditch et les moments forts de leur relation amoureuse.
Elle devait donc faire une liste des épisodes qui lui semblaient importants. Ils en reparleraient le lendemain matin. Et si les conditions requises étaient réunies, ils pourraient commencer la thérapie dès le lendemain après-midi. Il ne pouvait prédire à l´avance si une séance suffirait. Il en faudrait peut-être deux.
Une fois de plus, Ginny décida de rentrer au Siège. Elle commençait à étouffer dans la petite chambre d´hôpital. Par acquis de conscience, elle passa auparavant voir Ron. Elle eu la bonne surprise de le trouver éveillé. Il avait encore du mal à s´exprimer, mais avait manifestement toute sa conscience et semblait heureux d´avoir sa mère et Hermione à son chevet. Il parvint à demander à Ginny comment allait Harry. Elle lui répondit qu´il était encore sans connaissance, mais qu´on allait tenter de le ranimer le lendemain. En prononçant ces paroles, elle réalisa que, sans en avoir conscience, elle a bel et bien pris sa décision au cours de la discussion qu´elle avait eu avec Sylvia à midi. Oui, elle était prête à se consacrer totalement son fiancé au cours des mois, voire des années qui viendraient.
Le lendemain matin, elle retrouva Abelforth à l´heure dite dans le hall de l´hôpital. Il insista pour qu´ils discutent au dehors de l´établissement. "Vous avez besoin de vous aérer", lui assura-t-il. Ils optèrent pour le Chemin de Traverse et c´est finalement sur la terrasse de Florian Fortârome, en dégustant une glace, qu´elle lui exposa ce qu´elle pensait devoir montrer à Harry.
"Vous avez choisi beaucoup de discussions sentimentales, fait-il remarquer quand elle eut fini son exposé. Je pense que cela manque de moments plus "physiques". C´est important pour un jeune homme.
- Je croyais que ce n´était pas le souvenir de quelques parties de jambes en l´air qui lui redonnerait le goût de vivre ! Objecta Ginny
- Oh, j´ai dit cela pour vous tester. J´avais besoin de savoir si la façon dont il vous voyait correspondait à la réalité.
- Avez-vous fait vos études à Poudlard ? L’interrogea Ginny en retour
- Oui, pourquoi ?
- Vous êtes un Serpentard, n´est ce pas ?
- Comment avez vous deviné ?
- Je me le demande ! Quoiqu´il en soit, ne comptez pas sur moi pour assouvir vos fantasmes de voyeur.
- Tout d´abord, jeune fille, ce n´est pas en vous conduisant comme une petite oie effarouchée que vous parviendrez à l´aider. Ensuite, nous lui donnerons, certes, des indications pour l´orienter vers des souvenirs déterminés, mais il est probable que par association d´idées, il en fasse surgir d´autres qui ont davantage d´importance pour lui ou qui l´ont plus profondément marqué. Et d´après ce que j´ai vu, l´aspect charnel de votre relation compte énormément pour lui. Non que le reste n´ait pas compté, précisa-t-il en voyant le visage de la jeune fille se figer, mais il se trouve que, même dans son for intérieur, il reste très pudique et incertain vis-à-vis de tout ce qui touche aux sentiments. Sans compter que ce que vous interprétez comme un instant de communion peut être pour lui un moment de doute.
- Vous devriez aussi demander à Ron et Hermione d´évoquer leurs souvenirs. Cela fait sept ans qu´ils partagent tout, fit Ginny que ce discours avait fait douter de sa capacité à choisir les scènes les plus adéquates.
- Non, il n´y a que vous que j´ai vus dans son cœur.
La jeune fille eut un peu de mal à digérer cette information. Puis elle se rappela qu´Harry s´était volontairement éloigné de ses amis après la mort de Sirius et la révélation de la Prophétie. Pour ne pas les mettre en danger et pour qu´ils ne souffrent pas s´il ne survivait pas à sa confrontation avec Voldemort. Ce n´était que l´automne précédent qu´il avait recommencé à s´ouvrir aux autres. Mais Ron et Hermione étaient en train d´expérimenter une relation nouvelle entre eux, et de son côté, Harry se liait à elle et prenait la direction du NAV. Il était donc plausible que le trio n´ait jamais eu le temps de renouer les relations qui jadis les unissaient.
Le doute l´envahit soudain. Il l´aimait, soit ! Mais cela suffirait-il ? Avait-elle assez d´importance aux yeux de Harry pour lui faire oublier tous ses doutes, ses souffrances, ses remords.
En gémissant de honte, elle enfouit son visage dans ses mains. Mais pour qui tu te prends, Ginny ? Tu n´es que la dernière des Weasley. Celle qui a été la plus choyée, la plus protégée. Tu te crois donc si forte ? C´était quoi déjà ta grande mission pour l´Ordre ? Aimer le garçon que tu aimais, coucher avec celui que tu désirais. Quel sacrifice vraiment ! Quelle réussite à ton actif ! Les grands risques que tu aies pris !
Elle sentit une main se poser sur son front. Des souvenirs l´envahirent. Harry riant aux larmes d´une de ses pitreries. Harry s´accrochant désespérément à elle à l´infirmerie, après le décès de son oncle et sa tante. Harry lui passant au doigt l´Anneau de sentiments. Harry lui demandant de rester au Siège pendant la bataille, lui expliquant qu´il ne pourrait se concentrer sur sa tâche s´il la savait exposée au danger.
Relevant les yeux, elle rencontra le regard grave du legilimens. Elle comprit qu´il venait de réactiver en elle des souvenirs dont il avait trouvé la correspondance dans l´esprit de Harry.
"Ne doutez pas. Si je ne vous savais pas à la hauteur de cette tâche, je ne vous l´aurais pas proposée.
- Je n´y arriverais jamais toute seule !
- Vous ne serez pas seule. Je continuerai à intervenir régulièrement. Cette docteur Baker aussi. Et votre frère et son amie, votre famille... "
Ginny eu un sourire sarcastique. Combien de fois avait-elle servi ce genre d´argument à Harry pour le persuader que sa confrontation avec Voldemort n´était pas vouée à l´échec. Les autres savent-ils toujours mieux que vous ce que vous êtes capables de faire ?
Harry ... Malgré sa peur, il n´a pas lâché prise. Elle non plus. Elle ne le laisserait pas mourir. Elle se battrait pour qu´il vive. Pour qu´il se soit heureux. Pour qu´il reçoive enfin, ce qu´il mérite.
Non, elle n´abandonnerait pas !
Après avoir repassé en revue et modifié la liste des souvenirs qu´ils utiliseraient, le vieil homme avait conseillé à Ginny de rentrer manger chez elle et de se reposer avant de le rejoindre à 15 heures auprès de Harry. Il fallait qu´elle soit en forme, expliqua-t-il, car le processus pouvait être fatigant. La jeune fille lui demanda dans quelle mesure, elle allait intervenir. Il lui expliquerait en temps utile répondit-il, énigmatique. Elle eu beau insister, il refusa d´en révéler davantage. Elle finit par laisser tomber, pestant contre ces Serpentard qui ne pouvait pas s´empêcher de se rendre intéressants.