Voilà la suite:
Chapitre 10 : L’interprète
« Mais comment allons nous savoir une chose aussi précise du passé de Voldemort, alors que Dumbledore a mis plusieurs années pour ne réunir qu’une demi-douzaine de souvenirs sur lui ? »
Lorsqu’elle prononça cette phrase, Hermione était dans la salle commune de Gryffondor avec Ron et Harry : celui-ci avait profité de leur seule heure de libre commune, l’heure de divination, pour leur parler de son étonnante discussion avec son ex-directeur. Elle parlait en l’occurrence de savoir qu’est-ce qui, entre la coupe et le médaillon, avait été créé en premier.
« Ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus. Je poserai la question à Dumbledore ce soir s’il passe, mais hier soir j’étais trop abasourdi et trop fatigué pour penser à lui demander ça. En plus, en disant que c’était mon travail, il voulait peut-être me dire que lui n’avait pas trouvé, donc que c’était à moi de chercher par tous les moyens. Je pense que ce qui importe le plus, c’est de retrouver les Horcruxes le plus vite possible avant que Voldemort ait vent de ce que nous faisons et avait qu’il n’ait le temps de faire un nouvel Horcruxe. Dumbledore affirme que Voldemort ne s’inquiète plus pour ses Horcruxes mais il peut très bien avoir tort.
- Probablement, d’ailleurs, parce que Tu-S… Voldemort n’est pas si bête que ça… Il se tient toujours sur ses gardes selon moi, malgré le sacrifice de Dumbledore, assura Ron.
- Ne sois pas si pessimiste, Ron. En tout cas, bravo, tu arrive à supporter d’entendre et à dire le nom de Voldemort, c’est bien !
- Merci Harry.
- Sinon, Hermione, comment s’est passé ta première d’arithmancie ?
- Très bien, j’adore toujours autant ce cours.
- Hermione, tu adores tous les cours, ironisa Ron.
- Avouez quand même que cette fois-ci, le cours d’histoire de la magie n’était pas si inintéressant que ça !
- Je suis désolé Hermione, mais Binns arrive à faire un cours ennuyant sur l’évasion de Sirius Black, même si nous l’avons vécue… »
Ron éclata de rire et fit sursauter Neville qui avait renversé l’encrier dans lequel il était en train de tremper sa plume.
« Oh non, mon devoir d’histoire de la magie !
- On n’a eu qu’un seul cours et tu commences déjà à faire tes devoirs, Neville ? Ironisa Ron.
- C’est normal, lui a moins il est sérieux, contrairement à certain, dit Hermione en regardant Ron d’un regard désapprobateur. Comme il sait qu’il a du mal dans certaines matières, il s’y prend à l’avance !
- Euh… oui c’est ça, approuva Neville avant de lancer un Recurvite qui n’eut aucun effet.
- Attends, je vais le faire, Neville, dit Hermione. Recurvite ! »
L’encre s’envola et atterrit dans l’encrier, laissant le parchemin comme il était auparavant. Puis, Hermione, Harry, Ron et Neville partirent pour leur premier cours de métamorphose.
« J’espère que cette professeur de Durmstrang sera bien, dit Ron en entrant dans la salle. »
Elle n’avait aucun changement par rapport à l’année dernière, contrairement à Rogue qui avait totalement changé la salle de Défense Contre les Forces du Mal l’année précédente. Le professeur n’était pas arrivée, mais Harry remarqua une chose étrange : il y avait deux chaises derrière le bureau. Il comprit pourquoi lorsque Mme Ivanova entra dans la classe, suivi d’une autre personne que Harry connaissait bien : ces cheveux coiffés quasi-militairement, ces petits yeux rentrés dans leurs orbites, cet air de dureté impassible étaient reconnaissables entre mille, c’était Victor Krum. Ron regarda Hermione avec appréhension, mais, apparemment, la présence de Victor Krum ne lui faisait ni chaud ni froid. Harry reporta alors son attention sur leur professeur. Elle devait avoir une trentaine d’année, était brune, et un air caractéristique des pays de l’Est se lisait sur son visage, commun à celui du visage de Krum. Lorsqu’elle commença à parler, Harry fut très surpris de ne pas comprendre ce qu’elle disait. Krum se mit à parler un anglais moyen, mais bien meilleur que deux ans plus tôt. Harry comprit vite qu’il jouait un rôle d’interprète et écouta ses paroles :
« Bonjourrr et bienvenue en classe de 7e année de métamorrrphose. Je suis le prrrofesseurrr Irrrina Ivanova et c’est moi qui enseignerrrai la métamorrrphose, comme vous l’a expliqué le prrrofesseurrr MgCogann… McGonnan… Comme vous l’a expliqué votre dirrrecteurrr le jourrr du banquet. »
Harry se souvint que Krum avait toujours eu du mal à prononcer le nom de McGonagall, et nota qu’il roulait toujours autant les r. Mais il reprit bien vite son écoute :
« L’année des… des… examens de fin de scolarrrité est une année trrrès imporrrtante, qui préparrre votrrre aveirrr surrrtout dans une matièrrre comme la métamorrrphose. Nous continuerrrons donc le prrrogrrramme des examens commencés avec… votrrre ancien prrrofesseurrr. Qui peut me dirrre ce que vous avez fait l’an derrrnier ? »
Hermione répondit à cette question sans que Krum ne cille et le cours commença. L’écriture de Krum au tableau était exécrable et Harry espérait qu’Ivanova, qui dictait tout à Krum, apprennent assez rapidement le français pour faire son cours par elle-même. À la fin du cours, Hermione partit comme si de rien n’était avec Ron et Harry sans aller parler à Krum.
« Alors, comment vous l’avez trouvée ? Demanda Harry.
- Bah, il a toujours un accent horrible.
- Pas Krum, Ivanova !
- Ah, bah c’est difficile de juger, elle parle même pas anglais… Dit Ron.
- Mais j’ai quand même trouvé son cours intéressant, c’est un bon professeur.
- Tu es sûr que ce n’est pas à cause de Krum ? Dit Ron d’un air inquisiteur.
- Krum ? Oh, il ne me fait plus aucun effet, je n’aime que toi à présent. »
Comme elle prononçait ses mots, Krum arriva à leur rencontre, mais ne parut pas avoir entendu les dernières paroles d’Hermione.
« Quand on parle du loup… Murmura Ron à l’oreille de Harry, attrapant rapidement la main d’Hermione pour faire bien comprendre à Krum
- Bonjourrr Harrry, bonjourrr Rrron, vous allez bien ?
- Oui.
- Bonjourrr Herrrmione, dit-il en rougissant et en baissant la voix. Est-ce que… Tu m’aimes toujourrrs ?
- Non, Victor, j’aime Ron maintenant, dit-elle en se rapprochant du rouquin qui tenait toujours sa main.
- Moi qui avait fait le voyage juste pourrr te rrrevoir… j’aurrrais dû laisser la place à un meilleurrr interrrprrrète, dit-il en sanglotant.
- Oh, Victor, je suis désolé, tu m’as manqué au début, mais avec le temps… Ce n’est pas grave… C’est un beau pays ici, tu as beaucoup de choses à faire, et ça te fera un métier. »
Voyant que ce qu’elle disait ne le consolait pas, elle l’embrassa sur la joue, sous le regard désapprobateur de Ron. Lorsque Krum fut parti, il dit :
« Tu étais obligé de l’embrasser ?
- Ron, ne sois pas jaloux. C’était juste pour le consoler, j ne l’aime plus.
- Si tu le dis. »
Hermione l’embrassa alors sur la bouche, et lorsqu’ils finirent, Ron arborait un grand sourire et ne dit plus rien. Ils allèrent manger, et plus personne ne pensa à Krum ou au cours de métamorphose. Ils revirent Ginny à midi, qui leur dit que Kingsley était un très bon professeur, à première vue. Harry, Ron et Hermione se rendirent en botanique dans la serre de 7e année. Elle était plus grande que les autres et les plantes qu’on y voyait étaient plus extravagantes les unes que les autres. Le discours sur les ASPICs du professeur Chourave n’apporta rien de nouveau, et son cours encore moins, à part pour Neville, qui s’était passionné pour les Evertua Galitancia, des plantes vertes visqueuses et répugnantes. En revanche, leur journée se termina sur une très bonne note, comme leur avait prédit Ginny : leur dernier cours était celui de Défense Contre les Forces du Mal. Harry eut le plaisir de voir que les rideaux étaient ouverts et que les modifications de Rogue avaient été enlevées. Lorsque Kingsley entra dans la classe, Harry eut l’impression qu’il était moins fatigué que Lupin, Tonks ou les autres Aurors qu’il avait eu l’occasion de voir, malgré la vigilance constante, pour reprendre l’expression de Maugrey, que nécessitait la défense contre Voldemort et ses mangemorts. Il prit alors la parole :
« Bonjour, je suis Kingsley Shackelbot. Je ne vous assommerai pas avec un discours ennuyeux sur les ASPICs, je pense que les autres professeurs s’en chargeront. Je voudrais surtout vous parler de l’importance de se défendre contre Vol… Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Il grandit en ce moment de plus en plus et il ne faut pas prendre cette menace à la légère. Je vais faire un tour de classe et chacun de vous va me dire ce qu’il imagine quand on lui parler de Vous-Savez-Qui. »
Chacun expliqua ce qu’il entendait par Voldemort et lorsque la fin du cours arriva, tout le monde était content et voyait d’un bon œil cette année de Défense Contre les Forces du Mal.
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