A la fin de leur dernier cours, sans même attendre le moindre signal, ils se précipitèrent dans le bureau de la directrice pour voir où elle en était. Mais lorsque Harry toqua, personne ne lui répondit. Après plusieurs vaines tentatives, il se risqua à ouvrir la porte, mais le bureau était vide. Mais Dumbledore était dans son cadre, et se réveilla en les entendant entrer.
« Ah bonjour. Vous cherchez Minerva, je suppose ?
- Oui, professeur, où est-elle ? Demanda Hermione.
- Elle finit de régler tous les détails pour l’attaque avec Rufus Scrimgeour. Elle devrait revenir d’une minute à l’autre. Je vous conseille de l’attendre. »
Ils n’eurent à attendre que quelques minutes avant de voir apparaître Mme McGonagall dans la cheminée dans un jet de flammes vertes en époussetant la suie qui s’était déposée sur sa robe.
« Ces contrôles au Ministère sont de plus en plus long, dit-elle pour elle-même avant de lever la tête et d’apercevoir le trio.
- Ah, vous êtes là. Votre affaire est à peu près réglée, il ne me reste plus qu’à vous en parler et à confirmer certains détails. Je tiens d’abord à vous dire que sans l’assurance du professeur Dumbledore à vous faire confiance, je n’aurais pas osé entreprendre cette attaque, et le ministre de la magie n’aurait en aucun cas accepté. Mais puisque tout tend à prouver que vous avez raison, Mr Scrimgeour a pensé tout comme moi que cela pouvait être intéressant d’essayer. En ce qui concerne les Aurors, nous allons en faire déplacer autant que possible, mais certains endroits comme Poudlard, le ministère ou Gringott’s resteront quand même sous la surveillance de quelques Aurors. Nous pensons donc pouvoir en faire venir une cinquantaine, mais pas plus. En ce qui concerne les professeurs, ils feront tous partie bien entendu de l’attaque, sauf Hagrid qui ne peut pas utiliser la magie. Les élèves de 7e année qui souhaiteront nous accompagner le pourront aussi, étant donné qu’ils sont majeurs, ainsi que certains élèves de 6e année qui ont aussi plus de 17 ans. Les autres resteront avec les quelques Aurors ainsi que Hagrid. Mais je parlerai de tout cela plus en détail ce soir au dîner. Qu’avez-vous décidé de faire ?
- Premièrement, dit Harry, nous allons dès ce soir répondre à Ginny en faisant comme si on allait tomber dans le piège et venir tous les trois seuls la chercher, pour endormir la vigilance des Mangemorts. Puis, demain matin, nous nous rendrons tous les trois en balai à Godric’s Hollow où nous nous mettrons à chercher Ginny jusqu’à ce que les Mangemorts nous attaquent et que vous tous, préalablement caché dans les alentours, attaquiez vous aussi et que le combat s’engage.
- Mais, il y a un problème que nous n’avons pas pu résoudre : nous serons au bas mot quatre-vingts et je ne vois pas comment on pourrait se cacher en plein milieu d’un village…
- C’est vrai que je n’y avais pas pensé…
- J’ai eu une idée, dit Hermione, mais ça risque d’être un peu dur à réaliser. Vous pourriez peut-être utiliser un portoloin !
- Expliquez-vous, Miss Granger.
- Eh bien je sais qu’il y a normalement trois étapes pour faire un portoloin : on met en relation deux objets ou un objet et un endroit, puis on fixe le temps qui s’écoulera entre la formule et le moment où le portoloin se déclenchera et enfin, on récite la formule « Portus », N’est-ce pas ?
- C’est exact, mais dans notre cas, nous ne savons pas combien de temps s’écoulera entre le moment où nous prononcerons la formule et celui où le portoloin devra se déclencher, c’est-à-dire au moment où les Mangemorts vous attaqueront…
- Mais je me suis dit qu’on pouvait mettre en relation un objet de Poudlard avec une de nos trois baguettes par exemple, et qu’on fixait un temps minuscule, comme 1 seconde, il suffirait que le possesseur de la baguette en question récite la formule pour propulser jusqu’à lui tous ceux qui toucheront l’objet de Poudlard dont j’ai parlé ! Je ne sais pas si c’est possible… D’après tous les livres que j’ai lus, on est censé réciter la formule juste après les deux premières étapes mais il n’est indiqué nulle part que cela ne fonctionne pas si on attend avant de réciter la formule…
- C’est vrai qu’en théorie, ça devrait marcher… Qu’est-ce que vous en pensez, Albus ?
- A ma connaissance, ça n’a jamais été fait, mais je ne vois aucune raison pour que ça ne fonctionne pas. Je pense que vous devriez essayer. Mais, Miss Granger, comment allez-vous pouvoir prononcer la formule sans vous faire attaquer ?
- Il me suffira de me cacher sous la cape d’invisibilité de Harry, professeur. Les Mangemorts croiront simplement que Harry et Ron sont venus sans moi.
- Oui, nous pourrons aussi écrire la lettre à Ginny en conséquence.
- Eh bien, conclut Mme McGonagall, je vois que vous avez pensé à tout. Il me faut juste dire au ministre de faire venir les Aurors à Poudlard plutôt qu’à Godric’s Hollow. Miss Granger, donnez-moi votre baguette, je m’occuperai aussi de la transformer en portoloin avec une des tables de la Grande Salle, et je vous la rendrai à la fin du dîner. Merci. Bon, maintenant, allez vous reposer quelque peu. Ah ! J’oubliais. Je voulais juste savoir si cela vous dérangeait que je présente l’idée de ce combat à l’origine du ministère, et non de vous trois, histoire de rendre cette attaque plus crédible auprès des élèves majeurs… »
Harry trouva l’idée excellente : il n’avait pas envie de voir tous les regards se poser sur lui, et encore moins d’alimenter tous les ragots de l’école. Le fait de changer de réputation du « Survivant » à « l’Elu » en passant par « l’héritier de Serpentard » et « le pire des menteurs » n’avait pas été une sinécure pour lui, et il approuva donc sans hésitation que l’initiative de l’attaque soit mise sur le compte du Ministère. Comme cela ne posait pas de problèmes pour ses deux amis, ils purent tous trois rentrer dans la Salle Commune. Harry avait le cerveau en ébullition tant il avait hâte d’être au lendemain. Il s’attabla avec Ron et Hermione, pour une fois, non pas pour faire ses devoirs, mais pour écrire la lettre à Ginny.
Ma chérie,
Tu es folle d’être sortie de Poudlard seule par les temps qui courent. Si tu étais fatiguée, tu aurais dû m’en parler… Depuis Pré-au-lard, j’aurais pu te faire transplaner jusque chez toi pour que tu t’y reposes quelques jours… Mais enfin, ce qui est fait est fait, et j’espère juste que les Mangemorts ne te repèreront pas. Nous viendrons te chercher à Tu-Sais-Quelle-Ville demain matin à la première heure. D’ici là, sois vigilante et ne commet aucune autre folie. Tu sais combien cela me coûterait de te perdre.
Je t’aime, Harry.
« Bon, voilà une bonne chose de faite, déclara Harry en relisant la lettre plusieurs fois, avant de l’enrouler et de la passer entre les serres d’Hedwige, qui s’envola à tire-d’aile par la fenêtre ouverte. »
Après avoir répété le plan du lendemain plusieurs fois, arriva l’heure du dîner, et le trio se rendit dans la Grande Salle comme si de rien n’était. A la fin du repas, Mme McGonagall demanda le silence :
« Bonsoir. J’ai ce soir une information très importante à vous communiquer. Des espions du ministère ont découvert qu’un grand nombre de Mangemorts, d’après certaines rumeurs peut-être même accompagné de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, se sont regroupés dans un village Moldu non loin d’ici, et qu’ils s’apprêtent à attaquer le château. C’est pourquoi le ministère a entrepris de les prendre par surprise dans le village où ils se cachent pour les empêcher d’attaquer le château. Pour maximiser nos chances, l’immense majorité des Aurors du pays s’y délaceront, ainsi que les professeurs, et les élèves majeurs, et uniquement majeur, qui souhaitent participer au combat. En conséquence, les cours seront annulés jusqu’à notre retour, et les examens reportés de quelques jours. Les élèves ayant moins de 17 ans resteront avec Rubeus Hagrid ainsi que quelques Aurors qui assureront la protection du château. Pour les autres, nous nous retrouverons demain à 10h ici même, et je vous indiquerai quoi faire pour se rendre sur place. »
McGonagall se rassit et le brouhaha qui s’éleva de la foule d’élèves pourtant moins nombreuses que les autres années fut quasiment assourdissant, entre les 6e années encore mineur qui se lamentaient de ne pouvoir participer à l’événement, les gens qui paniquaient à cause de la nouvelle, et ceux qui se targuaient de participer à cette attaque, prédisant leur rôle prédominant durant le combat, pour impressionner les jolies filles. Lorsque tout le monde sortit de la Grande Salle dans un vacarme toujours grandissant, Hermione eut beaucoup de mal à se frayer un chemin parmi la foule à coup de « Pardon, je suis préfète-en-chef » jusqu’à McGonagall, afin de récupérer sa baguette et de confirmer l’envoi de la lettre. Dès qu’il fut remonté dans la salle commune Harry monta se coucher et tomba comme une masse, exténué par ces préparatifs, l’angoisse de ne pouvoir sauver Ginny et la fatigue accumulée de ces derniers mois, ajouté à son insomnie de la nuit précédente. Mais il était à présent évident qu´il aurait besoin de beaucoup de sommeil, car il sentait qu´approchait à grands pas le combat final tant attendu et tant redouté...
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