Nitros Oxide (Crash Bash)
Nitros Oxide, c’est d’abord les excellents souvenirs de 1999, l’insouciance de la vie et la découverte de la perle Crash Team Racing. Des millions de dérapages, des milliers de victoires et des centaines de ruinages de gueule contre l’écran de sauvegarde plus tard… Donc très précisément un an après, sortait Crash Bash d’Eurocom, le premier jeu exploitant la licence du marsupial non développé par Naughty Dog.
Crash Bash, c’était un party-game, un titre proposant un paquet de situations débiles, comme cet écrasement de champignons à l’aide d’un maillet, cette lutte sumo sur un iceberg glissant, ou ce rodéo de dragons consistant à balancer moult diamants sur une cible roulante au fond de l’arène… En décembre 2000, j’étais en 6ème. Qu’est-ce que j’ai pu prendre la tête à tout le monde dans ma classe avec cette folie obsessionnelle du bandicoot... « Et vous allez voir, le cinquième épisode va sortir, il va tout déchirer, j’ai joué à la démo ! » Fallait pas me la faire, à moi, j’étais un PGM de Crash. Non, mais hé. Quand le soft est sorti, il y a bien eu une petite déception quant au scénario famélique, au manque de personnages et au choix de ces derniers (Koala Kong et surtout RILLA ROO, le faux perso en plastique créé exprès pour le jeu, le pire perso de toute la saga Crash, ex-aequo avec Zem), mais le jeu était tout de même un bon investissement. La récolte des trophées fut simple, mais celle des pierres précieuses et des cristaux se révéla être assez relevée, vu les handicaps tordus qu’on pouvait vous filer pour obtenir ces objets. Ayant enfin le nombre requis de ces sales machins, je peux ouvrir le portail du dernier boss, tiens…
Nitros Oxide ? Je croyais qu’il avait été interné et avait eu un accident dramatique de monocycle ? Apparemment, ça n’a pas suffi pour l’éradiquer, cet alien relou. Naïf que je suis, voilà ma première réflexion : « S’il est aussi facile à battre que dans CTR, ça devrait aller… » Je zappe la scène explicative complètement cheap où Aku Aku nous explique devant un fond violet dégueu que son frère jumeau est prêt à dérober les cristaux.
Ca y est, j’entends la voix de Mort Froide de l’espèce d’arbitre. « Trooooiiiis… Deeeeeuuuux… Uuuuuuun… Parteeeez ! » Oulà, bon, où je suis, là ? Je suis dans un vaisseau minimaliste, au cœur de l’espace, et je fonce tout droit. Premier constat, je ne peux pas faire « Hihihaha » en appuyant sur la touche Triangle. C’est que les circonstances sont vraiment dramatiques, mine de rien, ça fout la pression. Bon, où est-il, notre abruti ? Ah là ! Devant moi ! Mitraillons-lui sa face ! Rien à faire, Nitros Oxide n’a même pas de barre de vie. Il est invincible, apparemment. Mais je fais comment, moi ! Et puis je suis en train de m’avancer droit sur ce mur ! Bon, plus de mur, c’est réglé. Par contre, il me reste une micro-chiure de vie. AAAAAH ! Qu’est-ce que c’est que ces machins sphériques ! Essayons de passer entr… « TUUUUU PEEEERDS ! » Non, non, non ! Allez, on recommence.
Bon, alors, je continue à mitrailler Oxide, espérant découvrir un laps de temps court de vulnérabilité. Hey, mais on peut détruire les modules sphériques qui barrent la route ! Excellent ! Evitons ces murs et… UNE PLUIE DE MISSILES QUI TE MARAVE ! Les roquettes envoyées par Oxide sont difficilement évitables, il faut bouger comme un fou sur toute la surface de l’écran pour les embrouiller, au point de se prendre ce joli mur en fer. « TUUUUU PEEEERDS ! » Sob.
Après plusieurs essais, j’évite la salve de missiles d’Oxide. Allez, on reste dans la trajectoire, la trajectoire… IL SEME DES CENTAINES DE CAISSES DE NITRO ! Te ruine à mort ! Bon, il ne me reste plus rien en santé, autant se suicider. « TUUUUU PEEEERDS ! » Ben oui, j’ai vu.
Ca y est, j’en suis au niveau des caisses de nitro… Allez, un coup de mitraille pour déloger les plus lourdes de l’écran. J’assure là, c’est bon. AUTRE SALVE DE MISSILES ! « TUUUUU PEEEERDS ! » TA GUEULE !
Je passerai sur les morts juste avant la fin du tracé, ben oui, Oxide vous balance des missiles jusqu’à la fin… Avant de passer un mur de gaz bleu du type Cortex dans Crash 2 et de se poser sur une planète cradingue du type Orxon. J’ai fini ! Wé !
…
Je suis sur une surface du type Ballistix, avec ma barre de vie mutilée, face à un boss surgonflé, à la jauge pleine. Je me doutais que ça allait pas être aussi simple. Je dois envoyer les billes grises derrière sa ligne de but, tout en protégeant la mienne, sachant que c’est une brute qui renvoie tout et qui est vigilant en permanence. Bon okay, tâchons de… « TUUUUU PEEEERDS ! » Je vous jure que j’ai failli faire une crise d’apoplexie quand je suis mort à cet endroit-là. J’ai sincèrement cru que j’allais recommencer au début, avec cette saloperie de course-poursuite.
Mais le jeu, dans son infinitésimale petite mansuétude, a placé un checkpoint au début de la deuxième partie. Enfin… Allez, le vert, tu vas pas faire long feu. Allez, avec un peu de persévérance, j’arrive à lui envoyer deux boules derrière sa ligne, et sa barre de vie s’en trouve entamée. C’est sans compter sur les boules rouges qu’il balance, qui me crèvent la tronche en un coup, les tourelles me balançant à chaque fois deux roquettes aux trajectoires croisées (c’est horrible), et sans oublier les vraies billes qu’on se prend en voulant éviter les attaques hypra-balèzes du boss, et en laissant ainsi des boulevards de la mort.
« TUUUUU PEEEERDS ! »
« TUUUUU PEEEERDS ! »
« TUUUUU PEEEERDS ! »
MARRE !
Au bout d’un paquet d’essais, sans trop savoir comment, je finis par vaincre, en pièces mais triomphant. Cette ordure explose enfin, la caméra se centre sur moi, c’est un moment magique. La piètre qualité de la vidéo de fin : « Les cristaux sont en sécurité maintenant ! » (vieux tiroir minable), « Le châtiment pour avoir dérobé les cristaux, mon frère ! » (vieille tornade pathétique), me ramène immédiatement à la réalité.
Mais je ne cache pas que je n’ai absolument pas cherché à zapper le générique de fin… Râââh mon Dieu…