Pas le temps de tout marqué, désolé.
Voici la 4e :
Blanc sur blanc. Fourrure sur neige. Je respire l´air vivifiant de la nuit.
Nous courons dans cette étendue pâle, non pour chasser, tuer ou nous nourrir mais simplement pour courir. Moi et "l´autre", le grand loup blanc qui chevauche calmement à mes côtés. J´admet sa présence autant qu´il admet la mienne, sans concertation ni vouloir. Nous sommes ensembles pour une seconde d´éternité, unis par un lien naissant encore jeune qui gagnera en solidité par les expériences partagées. Cette certitude est venu aussi rapidement que je la sais absolue mais mes pensées se sont déja retournées vers "l´autre". Je le sens parfois me regarder et de ce seul regard, nous nous comprenons, sans besoin des mots qui nuisent à la pensée et la rendent imprécise. Nous courons. Le temps est absent de cette fuite éperdue, nous foulons la neige de l´instant. Les seules pensées qui nous traversent sont les sensations de la neige s´écrasant imperceptiblement sous nos pas légers, le vent froid qui nous fouette et nous lacère le visage et le doux bruissement des feuilles qui s´entr´ouvrent, appréciant la beauté sauvage de ce combat fugitif. Il y a quelque chose de volupteux à jouir de ces joies simples, non fanées par les pensées, les sentiments ou la contrainte physique que nous ressentons ordinairement. Nous courons, sans nous soucier du passé ou de l´avenir, sur la longue route que peu ont déja foulé du présent.