FRANCE – CHINE, LE GAG
Comme l’avait dit le grand manitou Domenech, après consultation des étoiles, le dernier match avant la Coupe Du Monde, France - Suisse et ses réjouissances allait être délicat. En fait, c’est un condensé ultime du hourra-football qui s’est déroulé devant nos yeux mi-ébahis, mi-blasés. Premier France – Chine de l’histoire, donc, dont le générique TF1esque débutait par « Derniers Réglages ». Je ne voudrais pas paraître pessimiste, mais la France y a paru très inquiétante et totalement hilarante en même temps, bien plus que lors du fameux but du talon d’Henry de France – Costa Rica. Le match démarre pourtant d’une manière classique, avec un brin de solennité, c’est vrai quoi, Zidane jouait son dernier match en France, et notre (comique) Président Jacques Chirac pronostiquait une finale France - Allemagne ou France - Brésil. Sacré Jacques, ça donnerait presque envie de te donner une bonne accolade d’amitié. Puis LA blessure. LA bourde. LE truc qui tombe à chaque fois sur la sélection nationale française depuis pas mal de temps, à savoir, la gamelle qui fait bien mal. On conserve tous le cuisant souvenir de la blessure ignoble et impromptue de Zidane lors du France – Corée (3 – 2) de 2002, qui l’avait privé de Mondial également. Et celui qui en a fait les frais a été notre Cissé national, dégommeur, sprinteur suprême de l’équipe. Les ralentis de la gamelle ne peuvent être visionnés sans retenir un frisson crispant et glacé. Transfert immédiat à l’hôpital, sous les visages grimaçants des Bleus. Djibril est alors remplacé par Trezeguet, plutôt pâlichon ces derniers temps. Le stade Geoffroy Guichard de Saint-Etienne est encore sous le choc lorsque Zidane tombe dans la surface de réparation. La France frotte ses mains lorsque l’arbitre siffle le penalty et que Zidane place le ballon. Et là, deuxième gag, la chute tragicomique du numéro 10. La balle s’envole au-dessus des cages devant un public atterré. Une bourde qu’on appelle communément, et depuis peu de temps, une Beckham. Allez savoir pourquoi… Arf ! Pendant la totalité du match, l’équipe va être confrontée à une Chine ultradéfensive. Une demi-heure de jeu, but de Trezeguet, sur les passes successives de Zidane puis d’Henry. But de renard des surfaces, un extérieur du pied flegmatique qui vient faire onduler les filets du but chinois. Dernière chose, l’arrêt magnifique, il faut bien le dire, de Barthez, juste avant la pause. Un tir fulgurant s’une trentaine de mètres stoppé avec précision par le chauve. La deuxième mi-temps démarre sur un score de 1 – 0 peu satisfaisant. Si la possession de balle est française, beaucoup d’actions se soldent par des « Ah zut, alors, il est bon d’habitude » ou encore « Ah, mauvais centre mal dosé ». Assez usant. Comme si il y avait un quota d’émotions à remplir, Abidal commet une faute dans la surface, d’où penalty chinois. Le tireur ne se privera pas de le transformer, prenant à contre-pied Barthez, pendant que tous les Français mangent leur t-shirt devant leur poste. 1 – 1. Puis vient le lancinant et usant creux de la vague. Aucune action notable… C’est alors que, à une douzaine de minutes de la fin du match, un défenseur chinois place un superbe tir lobé dans la lucarne… De son propre but. Et oui, quand je vous dit qu’il y a eu tout dans ce match, c’est pas des histoires. Magnifique. Splendide. C’est le genre de CSC que l’on ressort sous forme de trips avec ses potes pendant des mois et des mois. D’où un 2 – 1 pour la France que l’on n’espérait même plus. Le public scande le nom de Ribéry avec insistance. Le fils prodigue arrive en fanfare, fournit deux occasions de but, dont une qui sera pour le moins concrétisée : après une course dribblée magnifique vers les cages et une frappe puissante détournée par le gardien, Henry s’empare du ballon et effectue une simple passe puissante depuis l’extérieur de la surface dans le but vide. Le match se conclut dans une euphorie mêlée de honte et de chagrin pour le malheureux Djibril, qui a, et c’est une vérité, très peu de chances de jouer un match avant longtemps. Donc, en définitive, on ne peut que saluer le 3 – 1 rassurant, qui reste tout de même une bonne victoire, mais rire jaune à cette rencontre pour le moins épique. Enfin, allez les Bleus tout de même ! Yeeha !