--JAK´S STORIES--
Déraciné - Partie 6
Jak ferma l’œil gauche. Il leva lentement la grosse arme de métal qu’il portait, en visant une corniche en contrebas où grouillait un groupe de Metal Heads discret. Il pressa la gâchette. Le canon de l’arme vomit aussitôt une épaisse boule d’éco jaune qui fila tout droit vers la corniche. Les Metal Heads poussèrent des beuglements furieux et furent tous projetés dans le ravin par l’explosion jaune vif.
Jak les regarda tomber silencieusement dans le vide en murmurant :
- On est encore loin du blaster mod, mais c’est déjà pas mal...
Il se trouvait dans le Temple de la Montagne des Précurseurs. Il faisait nuit. Jak entendit des bruits de pas derrière lui, résonnant sur le sol en métal précurseur du temple. Il se retourna. Danma, équipé lui aussi d’une arme rudimentaire, courrait vers lui.
- Tu as repéré d’autres troupes de Créatures ? lui demanda Jak.
- Non, je suis certain qu’il n’y en a plus dans les alentours de ce temple. Mais ce n’est pas le plus important. Ecoute, Mar, c’est la panique dans l’Abriforêt, là-bas il y a beaucoup plus de troupes de Créatures que tout à l’heure. Ils m’ont demandé de venir te chercher ici ! Et... Kadon a dit que toi et moi n’aurions pas dû les laisser pour venir ici...
- Il fallait qu’on assure nos arrières ! On aurait tous été pris entre deux feux si les Créatures avaient réussi à entrer dans la forêt en passant par ici ! Au moins, maintenant, on est sûrs que rien n’arrivera de côté. Allez, viens...
Jak et Danma sortirent du temple en courant. Ils arrivèrent ensuite devant une plate-forme précurseur suspendue dans le vide qui se mit à bouger après qu’ils eurent sauté tous les deux dessus. Elle glissa rapidement dans les airs et parcourut un ravin, puis un grand portail précurseur... Jak essaya de ne pas penser aux souvenirs qui repassaient devant ses yeux...
Jak releva la tête. La plate-forme était arrivée à l’entrée de l’Abriforêt. Danma et lui y entrèrent. Danma avait raison : c’était la panique. Une vraie pagaille où tout bougeait rapidement et où la mort grouillait : partout, des dizaines, des centaines peut-être Metal Heads tuaient, projetaient des hommes quinze mètres plus loin (ils atterrissaient parfois comme des poupées de chiffon sur les dures parois de pierre environnantes), sautaient, gesticulaient, massacraient... Les soldats essayaient tant bien que mal d’esquiver les coups de griffes et les rayons projetés par les Metal Heads, d’un violet sombre, contrastant avec les tracés jaune brillant que crachaient les armes à éco jaune.
Les bruits de combat se confondaient tous dans un mélange assourdissant : les rugissements de Metal Heads, les cris des soldats, les sifflements des tirs, les ordres hurlés à distance, les derniers soupirs...
- Ah ! Vous voilà ! gronda Kadon lorsque Jak et Danma coururent vers lui se baissant pour éviter le risque d’être touchés par les rayons mortels d’Eco Noire qui filaient dans tous les sens. Nous sommes dans le pétrin ! Mar, suis-moi vite ! Ils sont en train de démanteler la bombe ! Allez !
Jak suivit Kadon qui l’emmena vers la partie ouest de l’Abriforêt tandis que Danma repartait au combat.
- Pourquoi n’as-tu pas demandé à des soldats de venir la protéger ?
- Ils étaient tous partis là-bas à cause de l’offensive et personne ne m’entendait dans ce maudit vacarme. Et puis, ils ne connaissent pas la bombe, ce ne sont pas des ingénieurs. Mais c’est toi qui l’as fait construire, Mar, tu sauras mieux que n’importe qui comment... Regarde, là-bas !
Cette partie de la forêt était très calme. Kadon montra de son doigt imposant la plate-forme surélevée recouverte de verdure et surplombant le lac de la forêt, au pied de l’imposant rempart d’Abriville récemment construit. Posée sur un large socle pourvu de roues, une gigantesque bombe en métal, sphérique, comme un scarabée géant replié sur lui-même, trônait là, et des Metal Heads étaient en train de l’escalader ou d’examiner le haut de la bombe en reniflant.
Jak, caché derrière un arbre avec Kadon, regarda son compagnon et lui murmura :
- Il y a une ouverture au sommet de la bombe. Si on les dégomme une par une, les Créatures vont s’affoler et risquent d’être beaucoup plus rapides à la trouver.
- Il faut donc que nous les surprenions... conclut Kadon. Compris.
Jak et lui levèrent leurs armes discrètement, en prenant garde que leurs ennemis ne les repèrent pas. Heureusement, il faisait encore nuit.
- A trois. Un, deux...
Kadon ne prononça jamais le trois. Un bruit impressionnant, sourd, métallique, provint de l’intérieur de la bombe. Des jets d’étincelles se mirent à jaillir du sommet. Une partie de la surface extérieure de la bombe se détacha et tomba dans l’herbe, révélant en partie un système de fils rouges et d’explosifs, et, surtout, deux Metal Heads qui sortirent en poussant des cris bestiaux de triomphe. Tous les autres rugirent et se mirent à démolir le plus possible la bombe, dans une pluie d’étincelles qui ne s’arrêta que lorsqu’ils poussèrent les débris informes et fumants dans le lac. Quelques gouttes de pluie commençaient à tomber.
- Oh non... Les Créatures l’avaient déjà trouvée... murmura Kadon horrifié pendant que les restes de la bombe coulaient en produisant de grosses bulles de vapeur.
Il y eut alors un rire. Puissant. Très puissant. Un rire énorme, retentissant, tonitruant, un rire d’ogre qui se répercutait sur les parois de la forêt. Jak et Kadon jetèrent des regards autour d’eux. Rien.
- Vite ! Il faut qu’on retourne là-bas ! dit Jak en courant tandis que la pluie s’intensifiait.
Le combat avait cessé. Les soldats et les Metal Heads s’étaient immobilisés à l’écoute du rire. Il y eut un silence. Les Metal Heads, sans paraître inquiets, regardaient les soldats de leurs yeux sans pupilles. Un orage commençait à éclater. Des éclairs zébrèrent le ciel.
Une énorme masse noire apparut soudain dans le ciel nuageux, obscurcissant un peu plus l’Abriforêt. Un masse pourvue d’ailes longues et transparentes...
- Kor... murmura Jak.
Le chef des Metal Heads se posa au sommet de la cascade de l’Abriforêt en produisant un bruit profond qui s’ajouta à celui de la pluie et du tonnerre. Les hommes étaient pétrifiés mais aucun Metal Head n’en profitait pour tuer. Ils attendaient sûrement des ordres. On n’entendait plus que l’orage.
Metal Kor observa quelques secondes les minuscules soldats. Personne ne bougeait. Personne ne cherchait à fuir ou à s’abriter de la pluie torrentielle. Il ne prononça que quatre mots de sa voix puissante.
- La bombe est détruite.
Aussitôt, venant de derrière Kor, une vague impressionnante de Metal Heads sauta du haut des parois de pierre, s’ajoutant aux autres créatures déjà présentes. Les Metal Heads fraîchement débarqués se jetèrent sur les soldats et continuèrent le carnage que les premiers avaient entamé. Ils dévorèrent quelques corps de soldats. Les hommes survivants ne se battaient plus qu’avec l’énergie du désespoir... On voyait de moins en moins de tirs d’éco jaune. Et de plus en plus d’éclairs dans le ciel noir d’encre...
Jak sortit du couloir de pierre qui menait à la partie ouest de la forêt. Il sentit les gouttes de pluie glacées frapper son visage. Il hurla :
- HE !
Kor tourna son visage de cauchemar vers lui.
- LA PREMIERE REGLE QUAND ON FABRIQUE UNE BOMBE, C’EST D’EN FAIRE TOUJOURS DEUX !
Jak prit une petite réserve d’éco rouge et la jeta d’un geste rageur dans le canon de son arme. Avec son bras droit, il la leva maladroitement vers le ciel. Une boule jaune entourée d’un épais halo rouge vif en sortit, sa lumière se reflétant sur les gouttes de pluies qu’elle croisait. Elle éclata très haut dans le ciel en produisant une petite explosion, et le même rire effrayant qui avait retenti tout à l’heure s’échappa de la gueule du chef des Metal Heads.
- C’est cela ta deuxième bombe ? rugit Kor d’un air triomphant.
Jak attendait. Puis il l’entendit. Un bruit dur. Assez lointain. Un long bruit, continu, grondant, uniforme et de plus en plus proche. Ils avaient vu le signal...
- A couvert ! Tous là-dedans ! cria Jak.
La vingtaine de soldats survivants, Danma et Kadon y compris, courra vers le couloir de pierre d’où était sorti Jak. Une fois tous à l’intérieur de la cavité rocheuse, ils utilisèrent leurs dernières réserves d’éco jaune pour repousser et éliminer les Metal Heads qui tentaient d’entrer eux aussi.
Jak leva les yeux vers Kor. Surplombant son armée de Metal Heads grouillante qui avait complètement rempli cette partie de la forêt, il ne semblait pas avoir remarqué ce qu’il y avait derrière lui. Malgré le dense rideau de pluie, Jak pouvait apercevoir une immense sphère qui dévalait la pente de la montagne, comme une grotesque boule de neige métallique et mortelle. Kor sembla entendre au dernier moment le son du roulement de la bombe. Il se retourna lentement au moment où la bombe, identique à la première détruite, terminait sa course en roulant à côté de lui et atterrissait dans la forêt.
Jak ferma les yeux et se baissa en se protégeant le visage avec ses bras. Il entendit le bruit colossal de l’explosion, il sentit le souffle, il écouta le grouillement des centaines de Metal Heads tués et projetés. Puis il y eut un hurlement de rage. Et le silence. Ou presque. On n’entendait que la pluie.
Jak rouvrit les yeux. Il n’y avait plus Metal Kor. Jak ne s’était pas attendu à le voir encore ici, mort ou non. Mais, à part les débris encore fumants de la bombe qui avait éclaté au pied de la cascade, le sol vert de l’Abriforêt était partout recouvert de cadavres de Metal Heads. Certains corps avaient même atterri jusque dans le couloir de pierre, aux pieds des soldats. L’explosion les avait tous balayés, accentuée par la force de la descente et le fait que cette partie de la forêt formait une sorte de cuvette...
Les soldats survivants n’osaient plus bouger. Ils montraient des visages heureux, ils étaient sains et saufs.
Tandis que les autres allaient vérifier que tous les Metal Heads étaient bien morts, Jak se laissa tomber contre la paroi de pierre et murmura doucement pour lui-même, entre deux respirations saccadées :
- Merci pour le conseil, Praxis...
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Déraciné - Partie 7
Seem regarda l’immense statue de l’Oracle, saisi d’un sentiment de nostalgie que rien dans son visage de sphinx ne laissait deviner. De toute façon, il n’y avait personne pour l’observer. Il entendit le bruit familier de la porte, derrière lui. Bien qu’il fut surpris de voir qui venait d’entrer, il garda une expression parfaitement neutre.
- Salut à vous, Samos.
- Salut à toi, heu...
- Mon nom est Seem.
- Ah, eh bien, salut à toi, Seem, bougonna Samos. Mais... Ooooh ! Nom d’un yakow ! C’est... c’est un Oracle précurseur ?
Il venait de voir l’imposante sculpture derrière Seem qui lui répondit :
- Oui, c’est autour de cette statue que ce Temple a été construit, et à cause d’elle que l’ordre des Moines est apparu, il y a des siècles. Les Oracles ont toujours été pour les Précurseurs le moyen d’entrer en communication avec les êtres qu’ils ont créés, c’est à dire nous. Mais maintenant que les Précurseurs sont partis continuer la guerre contre les Créateurs Noirs, cette statue et toutes ses semblables dans le monde se sont tues à jamais...
Seem poussa un soupir et regarda vers le plafond d’un air froidement rêveur.
- J’espère tout de même qu’ils vont revenir un jour. Leur départ a signé la fin de leur collaboration très étroite à travers les siècles avec nous les Moines. Ils nous avaient révélé beaucoup de secrets... Et puis, s’ils revenaient, nous pourrions voir les autres, ceux qui avaient été faits prisonniers par les Créateurs Noirs et que Jak a sauvés.
- Jak avait sauvé d’autres Précurseurs ? demanda Samos stupéfait.
- Bien sûr. D’où croyiez-vous que cette fusée venait ? Du vaisseau... Ils ont criés : « Notre héros ! » quand il les a libérés... Rien d’étonnant à cela.
Seem détourna ses yeux du plafond et posa à nouveau son regard sur le vieux sage.
- Mais vous ne m’avez toujours pas dit pourquoi vous êtes venu ici, Samos...
- Ah oui ! Hé bien, Daxter m’a dit que les Moines avaient toujours considéré Mar comme un ennemi parce qu’il avait usé d’un pouvoir des Précurseurs, et donc commis un sacrilège. Et... et je voulais savoir si c’était vrai, Seem.
Il attendit quelques secondes avant de répondre.
- Plus maintenant. Peu avant que les Précurseurs ne partent, ils nous ont révélé qui était vraiment Mar.
- Vous saviez aussi que c’était Jak ? s’étonna Samos.
- Comment le savez-vous ? demanda précipitamment Seem.
- Ce serait trop long à t’expliquer. Mais, écoute... Je... je voulais savoir aussi ce qu’était ce pouvoir...
Seem se pinça les lèvres.
- Très bien. Il s’agit de quelque chose de très difficile à préparer. Veger pensait que l’Eco Blanche était la clé. Mais il s’était trompé. Il m’avait demandé d’atteindre ce pouvoir et de le lui donner. Il m’avait même menacé dans cette salle pour que je le trouve plus rapidement. Veger n’a quasiment pas utilisé ce pouvoir... Il disparaît très rapidement quand ce ne sont pas des Précurseurs qui l’utilisent... Avez-vous déjà entendu parler de l’Eco de Lumière, Samos ?
Samos sursauta.
- Bien sûr ! Le mélange des quatre écos de couleur ?
Le visage androgyne de Seem laissa voir une expression de surprise.
- Vous êtes décidément beaucoup plus sage que je ne le pensais, Samos... Oui, c’est bien le mélange des quatre écos. Mais il faut des quantités parfaitement égales de chacune, et c’est pour cela que ce pouvoir demandait de longues recherches que Veger trouvait trop lentes. Les Précurseurs n’ont pas créée l’Eco, mais ils ont réussi à mettre un peu de leur essence dans chacune, et à faire en sorte que l’Eco de Lumière donne le pouvoir de contrôler les robots précurseurs.
Les yeux de Samos s’agrandirent.
- Contrôler les robots précurseurs ?
- Oui... Avez-vous d’autres questions, Samos ?
Le sage à la peau verte sembla perdu dans ses souvenirs pendant quelques secondes avant de répondre :
- Non... Aucune, merci... Ah, si ! J’ai cherché dans tous les vieux documents que j’ai pu dénicher à Abriville mais je n’ai rien trouvé là-dessus... Dis-moi, Seem... comment Mar est-il mort ?
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Déraciné - Partie 8
- Vos ordres ont été respectés. Des gardes se relaient jour et nuit pour garder cette vieille hutte sur son rocher dans la ville est. Même si, comme moi, ils ignorent complètement pourquoi elle mérite d’être protégée ainsi.
- Je ne peux pas vous le révéler, Varog. Tout ce que je peux dire, c’est que si quelqu’un la détruit ou vole quoi que ce soit à l’intérieur, je le jugerai moi-même sans le faire passer par le Haut Conseil. Est-ce clair ?
- Très clair, grand Mar.
Ils se trouvaient dans le palais, dont la construction s’était terminée il y a quelques jours à peine. Plus précisément, cette réunion se tenait dans la salle du trône, dont les vastes fenêtres laissaient voir la toute jeune Abriville. Sur le sol de la vaste pièce, une longue table avait été installée, et toute une brochette de conseillers royaux y étaient assis. Tandis que tout en haut des marches qui menaient au trône, se trouvaient Jak, Kadon et Perto.
- Très bien, je vous remercie, répondit le dénommé Varog. Je n’ai pas d’autres choses à rapporter et j’ai malheureusement d’autres choses à m’occuper. Pardonnez-moi donc de ne pas rester parmi vous plus longtemps. Mes respects, grand Mar.
Varog, un homme grand et imposant doté d’une longue toge noire et d’une barbe tombante, quitta la salle.
Peu après, un autre conseiller leva la main.
- Qu’y a-t-il ?
- Eh bien, grand Mar, il s’agit de ce... ce projet dont vous avez demandé la réalisation. Ce...
Le conseiller chercha quelques secondes une note parmi une liasse de papiers.
- Ce... Port Souterrain.
- Quel est le problème ?
- Eh bien... Beaucoup d’entre nous sont très perplexes face à ce projet. Il s’agit de quelque chose de très coûteux qui risque d’être particulièrement complexe et dangereux à construire. D’autant que... Vous ne nous en avez toujours pas expliqué le principe et l’utilité...
Il y eut un lourd silence pendant quelques secondes avant que les conseillers n’eurent une réponse :
- Perto va vous expliquer cela.
Perto s’avança un peu en descendant quelques marches.
- Le principe est assez simple. Les plongeurs de Mar ont découvert un long, très long passage souterrain qui débute d’une grotte sous-marine et finit à une sortie à l’air libre, dans les montagnes, là-bas. Nous sommes encore assiégés par les Créatures. Ce passage permettra d’aller chercher discrètement des vivres dans les Terres Pelées à l’insu de nos ennemies, et donc de ravitailler la ville. Mais ce passage nécessitera bien sûr qu’il soit complètement vidé de son eau pour que des hommes puissent aller à pied chercher de la nourriture. Ce Port formera donc une bulle d’air sous l’eau.
Il y eut quelques discussions fébriles à voix basse parmi les conseillers. Un troisième leva la main et posa une question.
- Mais pourquoi avoir prévu ce système de réservoirs et de pompes pour vider et remplir cette « bulle d’air » de son eau ?
- C’est simple, reprit Perto. Des hommes seuls ne peuvent pas transporter efficacement des quantités de nourriture sur leur dos ou dans leurs mains. C’est pourquoi, pour transporter les vivres vers la surface, de petits bateaux seront très pratiques. En utilisant ce système de gros réservoirs que nous construirons sous le sol de la mer, et de pompes, nous pourrons à notre guise faire descendre et remonter le niveau de l’eau à l’intérieur du Port Souterrain. Les bateaux pourront donc être facilement descendus jusqu’au niveau du passage souterrain, et accueillir les vivres, puis être remontés jusqu´à la surface lorsque nous remplirons à nouveau le Port et donc que le niveau de l’eau remontera. Bien sûr, les portes qui refermeront le passage seront fermées pendant ces moments, sans quoi il sera inondé lui aussi.
Il y eut d’autres discussions à voix basse. Certains semblaient très enthousiasmés par l’idée. Une autre main, cependant, se leva :
- Et si les Créatures découvrent ce passage ? Ce sera un excellent moyen d’entrer dans la ville.
- Oh non.
- Et pourquoi, grand Mar ?
- Parce que dans ce cas, nous pourrons fermer à jamais les portes du passage. J’ai fait sculpter une clé incrustée d’un rubis que je serais le seul à détenir. Nous serons donc quand même en sécurité si les Créatures découvrent le souterrain et essaient d’entrer par là. Y en a-t-il d’autres qui seraient encore opposés à ce projet ?
Personne ne dit plus rien jusqu´à ce qu’une voix étouffée par un casque se fit entendre :
- Et où en est la construction de la grande arme ?
- J’allais y venir, grand Kadon ! répondit un conseiller. Elle est terminée ! Ou presque... Il reste quelques derniers réglages et nous pensons que nous pourrons bientôt l’utiliser contre le Nid ! Abriville va peut-être enfin vivre tranquille !
Jak sourit tristement en pensant qu’il faudrait attendre plusieurs siècles avant que ce soit le cas. Un autre homme reprit la parole :
- Ah, au fait, je dois vous signaler que la tribu Sans-nom en a un, à présent. Les Moines les ont surnommé les Maraodors. Ces maudits prêtres sont en train de raconter partout que ce sont des infidèles, des fuyards... Devons-nous montrer notre soutien envers eux ? Nous pourrions leur proposer à nouveau d’habiter ici à Abriville... Qu’en pensez-vous, votre grandeur ?
- Non. Vous savez comme moi que les Sans-nom aiment vivre seuls.
- Mais... je vous signale tout de même que ce sont eux qui ont poussé la seconde bombe du haut de la montagne la nuit de la bataille dans l’Abriforêt !
- Certes, mais je pense qu’ils n’ont que faire des insultes que peuvent lancer ces Moines depuis leur île désertique. J’espère juste que personne n’oubliera qu’ils ont toujours été là pour défendre Abriville...
- Très bien. Et toujours à propos des Moines... Il paraît qu’ils étaient furieux lorsqu’ils ont appris que vous avez utilisé des objets précurseurs venant du Temple de la Montagne pour faire fonctionner votre phare, grand Mar... Ils ont juré qu’un jour ou l’autre ils remettraient ces trois pièces à leur emplacement d’origine pour laver ce blasphème.
- De toute façon, ils pensent déjà que nous avons construit la Ville du Sacrilège... Partez, à présent. Merci à tous.
Tous les conseillers se levèrent de leurs chaises et quittèrent un à un la salle du trône. Lorsqu’ils furent tous partis, il y eut quelques secondes de silence avant que Perto ne se tourne vers son compagnon et dit :
- Ai-je bien expliqué tous les mécanismes de ton Port souterrain, Mar ? Au fait, pourquoi as-tu posé cette question sur l’arme ? Es-tu pressé de t’en servir ?
Jak retira lentement de ses deux mains le casque qu’il portait tout en disant :
- Assez. C’est quand même notre seule chance d’entrer dans le Nid des Créatures. Kadon, ton casque est très inconfortable, surtout pour les oreilles. Par contre ta tenue est très seyante...
- Pas comme la tienne ! maugréa Kadon en jetant un regard agacé à l’épaisse tenue royale pleine de dorures qu’il portait. Mar, je ne comprends pas pourquoi tu t’obstines à me faire passer pour toi auprès de toute la ville ! C’est toi, leur sauveur, qu’ils voulaient comme roi ! Pas moi !
- Je n’ai jamais beaucoup aimé commander, Kadon...
- Mouais... il n’empêche que je donne beaucoup d’ordres pour la ville qui viennent en fait de toi... Et c’est mon visage qu’ils vont avoir en tête en entendant ton nom... Regarde.
Kadon sortit d’une pliure de sa robe une réplique miniature de la majestueuse statue que Jak avait déjà vue, un jour, dans un égout...
- C’est le modèle sur lequel ils se sont basés pour construire cette statue géante de moi, expliqua Kadon.
- Très ressemblant... commenta Jak. Est-ce qu’ils ont bien mis le Cœur de Mar à l’intérieur ?
- Oui, oui, le sculpteur en chef l’y a mis lui-même discrètement. D’où vient-elle cette chose ?
- C’est une gemme d’énergie très précieuse que j’ai découverte l’autre jour, dans la carrière d’éco. Je voulais qu’on la cache pour... pour éviter d’exciter les convoitises, bredouilla Jak.
- Je vois... murmura Perto. A propos de statues... moi aussi j’ai de petits modèles.
Perto montra à ses deux amis trois minuscules statues qui représentaient Danma, avec son simple casque, Jak, drapé dans une grande toge et coiffé du casque de Kadon, et lui-même, Perto, avec son crâne chauve, ses yeux fatigués et sa barbe en deux pointes.
- Les sculpteurs ont prévu de mettre de statues géantes identiques à celles-ci devant tous les murs, partout dans le sanctuaire de la Pierre des Précurseurs.
- Le sanctuaire est prêt ? demanda Jak qui se rappelait bien des immenses sculptures qu’il avait remarquées quand il avait passé les Epreuves du Passage à l’âge adulte.
- Quasiment prêt. Il reste les derniers petits préparatifs et nous pourrons installer la Pierre juste en dessous de la grande statue.
- Quel dommage que les Créatures aient réussi à détruire tous nos autres œufs... soupira Kadon. Mais ce dernier œuf de Précurseur sera bien protégé dans ce sanctuaire...
Les portes de la grande salle s’ouvrirent. Danma arriva avec une expression de bonheur et se dirigea vers les trois autres en annonçant :
- Mon fils vient de naître !
Jak, Kadon et Perto le félicitèrent chaleureusement.
- Est-ce un beau bébé ?
- Très beau... Il a les mêmes yeux que sa mère !
- Espérons qu’il n’aura pas le pessimisme de son père ! s’exclama Kadon en donnant un tape musclée dans le dos de Danma.
- Danma ? Je... je te souhaite beaucoup de bonheur avec ton fils... Mais... Pourrais-tu me rendre un petit service ? hésita Jak en entraînant Danma à part.
- Bien sûr, Mar. Quoi donc ?
- Sais-tu où est la devineresse Anian ?
- Oui. Que lui veux-tu, Mar ?
- Pourrais-tu lui remettre ce message ?
Jak sortit le parchemin roulé sur lequel il avait écrit qu’il venait du futur et le message que ses amis, ses autres amis, des siècles plus tard, pourraient peut-être lire, ce message dans lequel il avait décrit son sentiment d’atroce prison invisible qu’il ressentait depuis des mois...
- Il faut que personne d’autre qu’Anian ne le lise. Je lui aurais bien donné moi-même, mais je dois faire quelque chose... Excuse-moi, je sais que tu as d’autres choses en tête après la naissance de ton enfant, mais Kadon et Perto sont aussi très occupés...
- Ne t’inquiète pas, Mar ! Je ne serai pas très long ! répondit Danma avec un sourire en prenant le parchemin.
Il quitta la salle en même temps que Perto et Kadon qui partirent pour aller s’atteler, comme tous les soirs, à des lectures de documents et à quelques prises de décisions concernant la gestion d’Abriville.
- Tu viens, Mar ? demanda Perto en se retournant vers Jak.
- Je vous rejoindrai. J’ai quelque chose à faire avant...
Perto s’en alla lui aussi, laissant Jak, qui quitta lui aussi la pièce quelques minutes après, d’une démarche lente. Il visita le Palais, contemplant les magnifiques jardins intérieurs et déambulant dans les couloirs, jusqu´à ce qu’il arrive à celui qui menait à sa chambre. Il y entra. Un très large lit blanc et moelleux occupait la moitié de la pièce, en face d’un mur contre lequel il y avait une grosse cheminée sur laquelle était sculpté le Sceau de Mar.
Jak s’agenouilla près du lit et passa son bras en dessous pour attraper ce qu’il y avait caché. Ses doigts agrippèrent une petite bouteille de verre. Il la tira vers lui. Elle était remplie d’un liquide couleur noir de jais. Sur l’étiquette collée à l’avant de la bouteille était écrit : « ESSENCE DE MORT NOIRE ». La Mort Noire... Une plante rare et mortelle des Terres Pelées...
C’était la vraie raison pour laquelle il s’était inquiété de la construction de l’arme ultra puissante qu’il avait construite pour faire exploser les nids des Metal Heads... « Le pauvre imbécile est mort avant d’avoir pu l’utiliser, mais, il y en a une autre que j’adore... »
Il ne pouvait plus vivre, il ne supportait plus de subir cette existence morne et balisée dont il connaissait tout d’avance, où il avait peur que le moindre de ses gestes, la moindre de ses décisions ne contredise ce qu’il avait vu dans ces souvenirs. Il avait une crainte monstrueuse qu’un effet papillon empêche l’existence de ses amis, ses vrais amis qu’il avait quittés pour toujours.
Jak regarda un parchemin posé sur son lit. Il y avait écrit il y a quelques jours qu’il léguait le trône de la ville à l’enfant de Danma, et que la transmission du pouvoir se ferait de génération en génération... Kadon pourrait ainsi reprendre sa tenue habituelle... Sous son casque, personne ne s’apercevrait que c’était lui qui avait siégé ces derniers mois sur le trône de Mar... et personne ne verrait que dans le cercueil, ce n’était pas l’homme fier et imposant des statues, mais lui, Jak, l’éternel déraciné, qu’on enterrerait dans le « sanctuaire » de la Pierre des Précurseurs... le Tombeau de Mar...
- A la santé de ton fils, Danma... murmura Jak en levant la bouteille.
Une larme coula de son œil droit. Il respira doucement l’odeur de l’essence de Mort Noire. Le poison était froid, très froid. Jak porta à ses lèvres le goulot de la bouteille...
Danma but encore une gorgée et reposa son verre sur le comptoir. Il ne savait plus ce qu’il devait penser.
- Et alors, à ce moment-là, on a vu les bouts de rails rouge sombre au fond du ravin. On les a remontés tout en haut et on les a remis au bout de ceux qui étaient sur la plate-forme de roche (celle qu’on avait fait péter et remplacée par nos trucs de ferraille). On pensait que ça allait casser, mais non, ces foutus rails des Précurseurs tenaient encore très bien ! Bon, après, on a construit le reste du réseau avec de beaux rails rouges vifs tout neufs et...
- Oui, oui, c’est bon, tu nous l’as déjà raconté, tout ça, vieux... la construction de la carrière d’éco, et tout et tout...
- Hé ! Un peu de respect ! J’te signale que c’est grâce à cette carrière que le réseau de la ville a de l’éco bleue. Sans moi et les autres, on ne pourrait même pas être éclairé ici... Alors ne m’interrompe pas ! Bon, où j’en étais ?
Danma n’écoutait pas. Il se trouvait dans la brasserie de la ville. Il n’avait pas pu s’empêcher de lire le parchemin que lui avait donné Mar avant de le donner à Anian, sans rien dire. La seule chose qui ne l’avait pas étonné était que Mar avait écrit qu’il était roi d’Abriville adulé par les habitants, sûrement pour ne pas révéler en plus à Anian que c’était en fait Kadon qui dirigeait la ville. Danma avait passé environ un heure à boire des verres de bière de Lurker en essayant de digérer le fait que le héros qu’il admirait depuis toujours venait du futur...
- Oh et puis zut... Je lui parlerai peut-être plus tard...
--JAK´S STORIES--
Déraciné - Partie 9
- Qui es-tu, Mar ?
Jak fut si surpris qu’il lâcha la bouteille qui se fracassa contre le sol en répandant le liquide noir partout autour.
Jak se retourna pour voir d’où venait la voix grave qui venait de retentir dans la chambre. Un corps blanc, brillant et lumineux flottait à quelques centimètres au-dessus du sol, devant la cheminée.
- Qui es-tu, Mar ? répéta la voix. Tu es le deuxième à avoir atteint notre grand pouvoir de lumière. Qui es-tu ?
Jak éclata de rire pendant plusieurs longues secondes. Le corps lumineux continuait de flotter devant lui.
- Je ne suis pas le deuxième : la première fois, c’était déjà moi. Vous pouvez vous montrer sous vos vraies formes, vous savez...
- Heu... Que veux-tu dire ? demanda la puissante voix.
- Bon... Vous êtes petits, poilus et oranges. Et vous avez de longues queues. Vous avez compris ?
Le faux précurseur flotta encore quelques instants devant la cheminée avant de se volatiliser. Il y eut une petite lumière blanche et trois petites plates-formes précurseurs apparurent, sur lesquelles se tenaient les trois Précurseurs velus que Jak connaissait bien.
- Ouaoh ! s’exclama celui dont le casque lui masquait les yeux. Comment tu as deviné tout ça ?
- Chhhhht !
- Trop balèze, mec ! Comment tu savais qu’on était... heu... enfin un peu moins stylés quoi... dit le Précurseur avec une petite barbichette.
- Simple, répondit Jak. Je viens du...
- Oui, du futur. Cela, nous le savons, nous avons lu le parchemin quand tu n’étais pas là... expliqua celui à la voix timide qui tenait le bâton précurseur. Ce que nous voulons savoir aussi, c’est... qui tu es. De quelle époque précisément viens-tu, Mar ? Et comment savais-tu qu’il y avait ce pouvoir à cet endroit ?
- Ouais, nous-mêmes on pensait que les Hora-Quans avaient détruit toutes les sources de ce pouvoir. Et on pouvait pas aller chercher de l’éco à la surface pour en refaire, ils peuvent nous détecter. D’ailleurs il faudra qu’on ne traîne pas, même si on est en plein dans ta ville. S’ils sentent qu’on est ici, ça risque de chauffer pour vous ! dit le Précurseur.
- Les Metal... enfin, les Hora-Quans peuvent vous détecter ?
- Bien sûr, mec, qu’est-ce que tu crois ? Ils ont été créés pour ça, par les Créateurs Noirs, pour nous coller aux fesses et nous exterminer, d’ailleurs ils ont presque réussi ! Heu... tu sais qui c’est les Créateurs Noirs ?
- Oui oui... Et... qu’est-ce que les Précurseurs ont fait contre eux ? demanda Jak dont la curiosité avait chassé, pour le moment en tout cas, le désir de suicide.
Les trois Précurseurs se regardèrent quelques secondes.
- Heum... commença celui avec la voix timide. Je ne crois pas que ce soit une très bonne idée de répondre à ta question, Mar...
- Roh, allez, quoi, il a sauvé notre dernier œuf, on lui doit bien ça, vieux, objecta l’autre.
- Bon... ah au fait, avant de te le dire, Mar, dis-moi, sais-tu qu’il faut faire très attention avec cet œuf ? Nous les Précurseurs avons fait en sorte que le tout dernier œuf restant (si un jour il n’en serait resté qu’un seul, ce qui est le cas) se transforme et contienne énormément d’éco-énergie pour être mieux protégé.
- L’œuf est en sécurité, assura Jak. Alors, qu’avez-vous fait contre eux ?
- Eh bien... commença le chef Précurseur. Nous... nous vous avons créés.
Il y eut un silence.
- Qui ça nous ?
- Vous, les êtres plus grands que nous, avec des oreilles longues et pointues, et moins de poils que nous, quoi ! répondit le Précurseur à la voix de baba cool.
- Nous sommes la contre-attaque à la création des Metal Hea... des Hora-Quans ?
- Ouais... T’as déjà entendu parler de l’Arbre de la Vie, celui qui a donné la Graine Vitale ? C’est pour vous qu’on a fabriqué cette source d’éco verte !
- Nous vous avons créés en sachant qu’un jour ou l’autre, les Hora-Quans trouveraient sur quelle planète nous nous sommes cachés... C’est arrivé il y a quelque temps...
Varog le conseiller courrait. Il arriva enfin dans le couloir où se trouvait la porte de la chambre de ce Kadon. Il s’apprêtait à ouvrir la porte de la chambre lorsqu’il jugea qu’il valait peut-être mieux écouter d’abord. Il entendit des voix.
- Okay, Mar, donc si j’ai bien compris tout ce que tu nous as dit, claironna une voix discordante, dans plusieurs siècles, va naître un petit garçon qu’on devra doter de deux trois pouvoirs. Par exemple un don incroyable pour canaliser l’éco. Un type va kidnapper ce gamin pour ses pouvoirs. Ce gosse arrivera de toute façon du passé sous sa forme adulte. Il s’appellera Jak et son pote, Daxter, et il renverra son lui-même plus jeune dans le passé, puis réussira à détruire un vaisseau des Créateurs Noirs et permettra qu’on aille les combattre et prendre notre revanche... Donc il faudra qu’on lui donne au passage deux trois pouvoirs noirs puis blancs pour lui donner un coup de pouce. C’est bien ça Mar ?
- C’est bien ça. Bon, attendez-moi, je vais préparer certaines choses et je reviens.
Varog entendit des bruits de pas à travers la porte et s’en écarta. La seconde d’après, elle s’ouvrit et laissa voir le jeune homme casqué qu’il avait souvent vu dans la salle du trône.
- Que faites-vous là, Varog ?
- Je devais vous entretenir de choses importantes concernant...
- Vous savez bien que vous ne devez faire vos rapports que pendant les réunions. Hors de ma vue !
Varog jeta un regard discret vers l’intérieur de la chambre avant de s’en aller. Il n’y avait personne d’autre.
Il quitta le Palais en réfléchissant à ce qu’il venait d’entendre tout en caressant sa longue barbe d’un air très soucieux. Alors comme ça, Mar n’était pas cet homme qui siégeait chaque jour sur le trône... C’était un leurre...
- Mar est malin. Il a brouillé les pistes... murmura Varog pour lui-même.
Il traversa les quartiers naissants d’Abriville, emprunta l’une des portes très surveillées de la ville et, une fois dans les montagnes, se tourna vers la cité.
- Fini de jouer aux conseillers. Maudit mur protecteur.
Deux très longues ailes d’insecte sortirent violemment du dos de Varog.
- Il y a longtemps que j’aurais réduit cette ville en un tas de débris s’il n’affaiblissait pas mes pouvoirs. Et dire que j’ai senti la présence de Précurseurs...
Puis ses bras se transformèrent. Une puissante lumière sortit du corps de Varog qui revint finalement à sa vraie apparence : celle du chef des Metal Heads.
- Je t’accueillerai, Jak. Je vous accueillerai, toi et ton ami Daxter... Il paraît que vous allez vaincre mes maîtres, les Créateurs Noirs. Quelle importance pour le cosmos ! Mais je vous aurai arrêtés avant...
Jak avançait dans les couloirs en se demandant pourquoi ce cafard de Varog était venu le voir. De toute façon, il s’en moquait. Il ne saurait jamais quelle chose importante ce conseiller devait lui dire. Jak tourna à un angle de mur et vit Perto au bout du couloir.
- Mar, enfin ! Que faisais-tu donc, Kadon et moi nous avons fait la réunion sans toi !
- Perto, j’ai pris une décision. Je veux partir d’Abriville.
Perto regarda Jak avec de gros yeux.
- Partir ? Quitter la ville que tu as fait construire ? Dont tu as élaboré les murs protecteurs, le réseau éco ? Dont tous les habitants te vénèrent ?
- Oui. J’en ai assez, Perto, je n’ai plus rien à faire ici. Danma, Kadon, toi et les conseillers, vous vous débrouillerez très bien sans moi pour commander Abriville. Je ne veux plus de cette vie. Kadon va enfin pouvoir quitter sa tenue royale, il ne sera pas obligé de continuer à jouer son rôle, s’il le veut...
- Mais... où iras-tu vivre ? Dans les Terres Pelées, les Créatures vont te tuer !
- Non... Il y a d’autres petites cités en-dehors d’Abriville, tu sais... On raconte qu’il y en a une, lointaine, dans les îles, qui s’appelle Kras... J’irai peut-être là-bas.
- Mais... comment les habitants vont réagir ? Ils vont peut-être être furieux !
- Justement. Je voulais te demander quelque chose. Si Kadon désire ne plus jouer son rôle, vous ferez croire que... je suis mort, déclara Jak.
Il y eut quelques secondes de silence.
- C’est la seule manière de leur faire accepter de ne pas m’avoir pour roi. Si vous leur dites que Mar est parti, ils vont me réclamer, demander que je revienne au trône... Et Kadon et moi devrons continuer à se faire passer l’un pour l’autre. Mais s’ils pensent que je suis mort, ils accepteront la situation telle quelle. Et je pourrai vivre tranquillement loin d’ici. S’il te plaît... Fais-le pour moi, Perto... Vous direz que j’aurai été enterré dans le sanctuaire de la Pierre... En plus, personne ne sait où il a été construit, excepté les ouvriers qui ont juré de garder le secret. Personne ne sera tenté de vérifier qu’il y a bien un corps !
Perto regarda Jak pendant quelques minutes, comme si c’était un fou, puis, résigné, il lâcha :
- Bon. Puisque tu veux partir... Mais il se peut que Kadon accepte de continuer à être roi... Et nous dirons c’est lui qui est parti pour justifier ton absence...
- Hors de question ! s’exclama Kadon d’un ton tonitruant en arrivant dans le couloir. Je n’accepterai jamais de continuer à porter ces défroques de prince jusqu´à la fin de mes jours ! D’ailleurs, Mar, qui désignes-tu pour ta succession ?
- Le fils de Danma et ses descendants, répondit Jak en réalisant qu’il faisait partie de ces descendants.
Ses deux amis parurent un peu surpris, mais Kadon s’exclama :
- Danma va sans doute être fou de joie ! Devons-nous lui dire la vérité ?
- Non. Danma serait tout à fait du genre à exiger mon retour. Je sais qu’il va être triste de penser que je suis mort mais c’est ainsi. Vous direz bien aux habitants que j’avais désigné son fils comme mon successeur, hein !
- Oui oui, rassura Kadon.
- Et... nous nous occuperons de la ville jusqu´à ce qu’il soit assez grand pour régner.
Il y eut un long silence entre les trois hommes.
- Merci les amis, lâcha Jak. Merci... Je ne pouvais plus vivre comme ça. Merci. Je... Je vais partir tout de suite. Adieu...
Jak regarda une dernière fois Kadon et Perto. Il se retourna lentement et courut dans le couloir. Il entendit la voix de Perto derrière lui qui cria :
- Sois heureux, Mar !
Jak sourit et continua de courir. Il se retrouva enfin devant sa chambre. Il poussa la porte et vit les trois Précurseurs postés autour d’une sorte de petit anneau de métal précurseur un peu plus petit que lui-même.
- On a eu chaud, tout à l’heure, dit le Précurseur à la barbichette. Heureusement qu’on a disparu avant que ce conseiller nous voit !
- Ouais, Mar, enfin, Jak... Heu... Tu veux qu’on t’appelle Jak ou Mar ? demanda le Précurseur abruti.
- Jak.
- Alors écoute, Jak, commença le chef Précurseur. Depuis combien de temps es-tu dans le présent ? Enfin, dans cette époque ?
- Sept ans.
- Veux-tu revenir dans ton époque sept ans après ton départ ?
- Oui.
- Ça marche mec ! approuva l’autre Précurseur en appuyant sur plusieurs boutons sur la tranche de l’anneau. Je vais la connecter à l’Anneau dans les Terres Enneigées pour que ça te lâche sept ans après qu’il ait fonctionné.
- C’est une porte faille ?
- Oui. Enfin, une petite porte faille qui ne permet pas d’aller très loin dans le temps. On ne l’a jamais utilisée nous-mêmes. Nous n’en avons jamais eu besoin... Bon, tu es prêt Jak ? demanda le Précurseur en redressant son bâton tandis que des petites vagues de lumière blanche partaient du centre de l’anneau.
- Je suis prêt.
- Allez, saute dans l’anneau !
Jak obéit. Il sentit une petite sensation d’être aspiré, puis plus rien.
Pendant plusieurs longues secondes après que Jak ait disparu dans un grand éclat de lumière aveuglante, les trois Précurseurs restèrent complètement silencieux jusqu´à ce que le chef à la voix timide se tape le front et dit d’un air effaré :
- Imbéciles ! On a complètement oublié de lui demander comment il connaissait notre apparence !
Recu 5 sur 5 ![]()
^^ Y compris la citation de la VO ?
Bah ui ^^
Histoire fantastique robone, tu es un phénomène. Je reste bouche bée devant cette magnifique histoire que je viens de lire.
Enfaites, tu as toujours pas MSN?
ça me fait très plaisir Ned !
Non je n´ai pas MSN, malheureusement, mais si jamais mon père se décide enfin à remplacer l´unité centrale de l´ordi (ce qu´il projette depuis pas mal de temps) je m´inscrirai de ce pas, promis :p
Ahhhh fantastique cette histoire robone,très bien imaginé et pensé
moi qui croyait que Mar allait mourrir d´une façon stupide comme le présageait Krew mais non !
franchement excellant robone,bon travail
maintenant je vais lire l´autre histoire
^^
Dax, encore une fois, c´est excellEnt et pas excellAnt. ^^ Merci quand même pour tes compliments ! =)
Bon allez, je vais m´adresser à Goft
ta fic est vraiment sympa à lire, originale mais... un peu trop absconse... J´ai relu les 2 chapitres précédents pour retrouver mes repères... Mais le tout se lit facilement et reste très sympa malgré la complexité trop peu expliquée du scénario. Et on est déçus de ne pas savoir comment Daxter a empêché Maia de retransformer Jak
A part ça, c´est nickel, Goft ![]()
Lus et corrigés. Je poste les résultats demain matin. ![]()
C´est bien toi Bow ? Ôo
En tout cas j´suis content qu´on ait les résultats demain matin ![]()
Corrige ce soir vais essayer de poster au plus tard lundi aprèmidi.
Trop cool ^^
Oui c´est moi lol^^
Ah bah me voilà rassuré ^^
![]()
Tu applaudis qui ?
Laisse tomber il sert à rien^^