Une voix : Je vous rejoins !
Max tourna lentement la tête et hurla soudainement de terreur.
Max : AAAAARRRRHHHHAAAA ! Ah, non, c’est toi, Nico.
Gofter : Tu viens t’associer à notre grande tentative de découverte ?
Nico : Volo… Il… Il a bloqué le transfert de Giuly à l’OM !
Gofter : Si je comprends bien, vous deux, si vous vous associez à moi, ce n’est que par de pures contestations dans un domaine aussi futile que le football ?
Max : Beeeeen…
Nico : Hrm…
Gofter : Je vais pas faire la fine bouche. A vous deux, vous ne faites pas un demi-cerveau, mais au moins, vous occupez de l’espace. On n’en sera que plus persuasifs pour aller voir le grand boss.
Nico : En fin de compte, je le trouve sympa, Gofter.
« Vous êtes arrivés à destination… »
Gofter : Voilà, j’étais sûr que c’était près.
Max : Punaise… C’est énorme !
Nico : On dirait un gigantesque hangar…
Max : Bon, qui sonne ?
Nico : Ah, pas moi !
Max : Pas moi non plus…
Nico : Mais si, vas-y !
Gofter : AH, BRAVO L’ESPRIT D’EQUIPE ! J’applaudis ! Ce sera Max qui sonnera, et puis c’est tout !
Nico : Ouff. Pour une fois que je morfle pas…
Gofter : Et ce sera Nico qui parlera au vigile à l’entrée. Comme ça, c’est tout à fait équitable.
Nico : Un jour, vous mourrez tous.
« Ding… Dung… »
Un vigile gargantuesque, taillé comme une armoire à glace, ouvrit brusquement la porte. C’était… Julesaubert. Ben oui.
Nico : Arhem… Bonjour cher Monsieur. Nous souhaiterions parler à Volo, s’il vous plaît.
Julesaubert : Vous avez une idée de l’aura qui se dégage de cette personne ? Vous voulez la voir en vrai, alors que vous sortez de nulle part, personne ne vous connaît ? Snif… Snif… Vous puez, en plus !
Nico : Nous sommes le commando de Volo ! Il nous connaît personnellement ! Nous avons sauvé le monde pour lui dans la zone tribale !
Julesaubert : Hrm… Je contacte Volo par vidéo. Si c’est du bidon, j’ai le droit d’user de la force brute et primaire.
Gofter : Parfait ! Il va nous reconnaître !
Le visage de Volo s’afficha en hologramme.
Julesaubert : Chef, reconnaissez-vous ces individus ? Ils demandent à vous voir, ils disent avoir effectué votre mission au Pakistan !
Gofter esquissa un petit signe de la main.
Volo : Négatif ! Je ne connais pas ces gens. Expulsez-les, ils n’ont rien à faire ici. Ils nous font perdre notre temps.
Gofter : VOLO ! SALE ENFLURE !
Le vigile cracha sur une batte de baseball, puis la frotta rapidement avec un chiffon.
PAF ! THUD ! GNON ! CRUNK !
Quelques minutes plus tard, les protagonistes étaient étendus, la gueule en vrac dans le caniveau.
Max : Tout ça, c’est de la faute à Nico ! Il a pas été assez persuasif ! Rouons-le de coups !
Nico : Kaï !
Gofter : Arrête, Max, c’est stupide ! Vous ne comprenez pas ? S’il nous a empêché d’entrer dans son labo, c’est bien que son projet est douteux ! On va retourner le défoncer !
Nico : Ah, nan, si j’y retourne, je tiens pas le coup ! Je finis débile à vie !
…
Nico : Mais POURQUOI LE SILENCE ?
Gofter : Qui vous parle d’y aller au corps à corps ? Nico, passe-moi ton Olin de poche !
Nico : Ca n’existe pas, Gofter.
Max : Tu l’as peut-être rêvé.
Gofter : Meeeerde…
Gofter sortit un carnet de sa poche et raya rageusement la notation : « Plan B ».
Max : Il faut un peu de psychologie. C’est le congrès des fans des Village People, aujourd’hui ?
Gofter : Eum… Oui, mais eum… Quel rapport ?
Max : Tiens, les voilà !
Une grande marée humaine de gars costumés défilait dans les rues.
« IN THE NAAAAAVYYY… »
Max assomma un type déguisé en policier et lui retira ses vêtements, après quoi il les enfila.
Max : Vous inquiétez pas, les mecs, j’ai vu ça dans Hitman Contracts.
Max, déguisé, se présenta à nouveau devant le vigile.
Max : Dites donc, Monsieur, c’est bien votre voiture qui est stationnée là-bas ?
Julesaubert : Ne me dites pas que vous êtes le même gars de tout à l’heure qui est juste revenu déguisé en flic ?
Max : Eurm… Oui, euh non, en fait, c’est que…
PAF !
Max revint auprès de Gofter et Nico en rampant.
Nico : Déguisé en contractuelle, ça aurait pu…
Max : Tva gveule.
Gofter : Y’EN A MARRE ! ON FONCE DANS LE TAS !
Gofter, Nico et Max coururent en ligne comme des dératés en passant entre les jambes du garde.
Nico : C’est ça, ce que t’appelles foncer dans le tas ?
Gofter : Tais-toi et cours, ça marche !
WUIWUIWUIWUIWUIWUI !
Max : L’alarme… C’est classique.
Gofter : Planquez-vous là !
Gofter, Nico et Max se terraient dans un long couloir, sombre et humide. Le long du couloir se présentait une file de tuyaux, chacun munis d’un robinet à leur extrémité. Ils comportaient tous une étiquette.
Nico : « Acide citrique », « Purée de maïs », « Nitroglycérine », « Sérum Physiologique », « Tequila »…
Gofter : J’ai rarement vu les produits d’un labo agencés de cette manière.
Max : Raison de plus pour y foutre le bordel !
Max échangea plusieurs étiquettes en ricanant sournoisement.
Max : Prends ça, ingrat !
Gofter : Chhhht ! Ecoutez, on entend tout dans ce tuyau vide !
Max : Laissez-moi ! Laissez-moi !
Max dégagea Nico et Gofter de deux coups de poing féroces. Il colla son oreille contre la canalisation. Un rat en sortit et lui mordit rageusement l’oreille.
Max : AAAAAAARRRRGGGH !
On pouvait entendre Volo et Julesaubert de manière étouffée.
Julesaubert : Mais vous ne comprenez pas, chef ! Ils se sont introduits ! S’ils découvrent votre supercherie, c’est fini !
Volo : Ils n’auront pas le temps et pas les moyens d’arrêter le processus. On n’est plus au temps misérable de Xibolt…
Gofter : Ca me suffit ! On fonce par là !
Gofter piqua un sprint le long du couloir, aussitôt suivi de ses deux comparses. Le sol s’effondra soudainement sous leurs pieds. Ils atterrirent au beau milieu de la salle où se tenaient Volo et Julesaubert. Une énorme machine luisait dans la pénombre. Nico, Gofter et Max gisaient par terre, rampant lamentablement sur le sol. Volo s’agenouilla et s’empressa de leur injecter chacun un liquide douteux dans la fesse.
Gofter : MAIS POURQUOI LA FESSE !
Volo : Pure cruauté, ne cherchez pas.
Max : Dès qu’on aura la force de nous lever, t’as plus de tête !
Volo : Ca sera dur. Je vous ai injecté du curare. Vous savez, le truc qui paralyse. Ca se trouve facilement, puis c’est très rigolo à voir agir.
Gofter tenta de cracher à la figure de Volo, mais se reprit tout dans la tronche.
Max : T’as qu’à nous tuer, rognure.
Volo : Pfof ? C’est du pareil au même. Je vous laisse ici, car vous serez les premières victimes du séisme qui disloquera la Terre d’ici une demi-heure. Ca sera grand, la machine est boostée. Ca sera une secousse extraordinaire. Vous serez aux premières loges pour voir tout ça. Comment avez-vous pu être aussi stupides pour imaginer qu’une machine à secousses sismiques était capable de dévier la planète sur un tracé précis ?
Gofter : Une machine, quelle originalité… En plus, tu vas plonger avec nous !
Volo : Ohohoho ! Ben, bien sûr que non. Je m’esquiverai courageusement en sonde spatiale ultra-rapide. Une fois hors de l’atmosphère, je déclencherai la mise en marche de la machine. Ca vous apprendra à vous être foutus de moi pendant toute ma pauvre jeunesse. Vous me répugnez.
Julesaubert : HEY ! MAIS C’EST DEGUEULASSE ! JE VAIS MOURIR AUSSI ! J’EXIGE MA PLACE DANS LA SONDE ! JE…
Volo dégaina un magnum et envoya une balle dans la tête de Julesaubert.
Volo : Mais avant tout ça, il est mieux que je trinque en votre honneur. Mmmh… Un bon verre de… Tequila ferait bien l’affaire.
Volo monta à l’étage se servir au tuyau étiqueté « Tequila » du long couloir.
Toujours étendus sur le sol, Max et Gofter se mirent à murmurer.
Gofter : Tout à l’heure… Tu l’as échangée, l’étiquette « Tequila » ?
Max : Je sais plus… Prie, maintenant.
Nico : Faites que ce soit de l’acide…
Volo : Me revoilà !. .. Vous me direz, est-ce bien nécessaire de concentrer des centaines de liquides différents le long d’un couloir ? Je l’ignore. Allez. A la vôtre ! Aux moustiques ! Aux molécules de pouvoir ! A la coupe de –M- ! A la quantique ! Aux cyanobactéries ! Aux usines ! Aux séismes ! Glorg…
Volo s’exécuta et but cul sec son verre. Aucun effet ne se produisit.
Nico : C’est foutu.
Gofter : Je vous ai dit combien vous étiez géniaux, les mecs ?
Une larme coula sur la joue de Max.
Volo : Ooooh… Comme c’est attendrissant ! Une petite danse de la gloire ?
Volo se mit à remuer allègrement le séant.
Volo : Cha-cha-cha-cha-cha-cha ! Cha-cha-cha-cha-cha-cha ! Cha-cha-ch…
BBBBBBBBBBOOOOOOOOOUUUUUUUUMMMM !! !
…
…
…
La déflagration fut ahurissante. Le laboratoire était presque entièrement détruit. Des gravats s’effondraient de partout dans un fracas épouvantable.
Gofter : Il y avait quoi dans ce verre ?
Nico : D’après l’implosion fracassante du sujet ayant avalé son contenu, je dirais nitroglycérine.
Gofter : Max… Tu sais qu’on t’adore plus que tout ?
Max : MMMGRFFLM !
Nico : Il peut pas te parler, il a un parpaing dans la bouche. Mais ses yeux rieurs indiquent qu’il est heureux.
Gofter : Et on va rester encore longtemps couchés par terre comme des quiches ?
Les sirènes des pompiers et de la police se dirent entendre.
…
Quelques heures plus tard, appartement de Nico.
Sophyr : Ben, écoutez… Je ne sais que dire…
Gofter : Peut-être que vous avez été des braves moutons et que si on vous avait écouté, la Terre serait en pièces détachées à l’heure qu’il est ?
Max : Bon, on a tous conférence de presse à 20 H 00.
Nico : Même vous.
Neko : Cette histoire est spéciale… Le méchant n’était pas le pire, et le gentil se révélait être le pire des méchants… Et Max a permis de tous nous sauver grâce à un concours de circonstances effarant… Peut-on dire que les gentils ont été réellement compétents ? Ou est-ce juste la moule effarante de cet individu ?
Max : Oh, un trèfle à huit feuilles !
Neko : D’autant plus que la société, ce tissu social minable, a été capable de suivre l’ordure suprême… Que doit-on en penser ?
Gofter : Triste société où tous les codes et référents manichéens volent en éclats…
Neko : Je ne vois qu’une seule solution pour nous délivrer de cette tourmente.
Nico : L’alcool ?
Neko s’attacha une fleur dans les cheveux.
Neko : Le retour aux sources hippie.
…
La dernière fois qu’on a vu la bande, ils se roulaient béatement, dans une extase absolue, dans un grand champ de blé aux reflets lumineux et dorés…
http://www.youtube.com/watch?v=-UZedkix4-A
Daxtex : Mon Dieu…
FIN
Dérapage (in)contrôlé
60 Millions D’Amis de Daxtex
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