Au même moment, au laboratoire de sciences naturelles de Lyon, le plus célèbre de France…
Kid : Alors comme ça, vous êtes nouveau dans le service ?
Jakreinos : Je suis arrivé à peine deux semaines après vous…
Kid : C’est pourquoi je suis votre prédécesseur.
Jakreinos : Vous savez vous servir d’un rouleau détransfluxeur ?
Kid : Nan.
Jakreinos : C’est pourquoi je suis votre patron.
Kid : Exact.
Jakreinos : N’est-ce pas.
Kid : Enfin, vous ne vous êtes jamais demandé ce que représentait ce laboratoire ? Il est passé moult fois à la télé comme étant le nid des plus ignobles virus et bactéries recensés dans la médecine et la biologie…
Jakreinos : Et alors ?
Kid : Ben, moi, personnellement, je ne me sens pas en sécurité…
Jakreinos : Pourtant, vous devriez être à l’aise, ils sont aussi indésirables que vous.
Kid : Monsieur, je ne supporterai pas pendant toute ma carrière cette brutalité.
Jakreinos : A votre aise. Si vous faites référence au film Sauf Le Respect Que Je Vous Dois, voilà un crayon pour vous suicider.
Kid : Hein ?
Jakreinos : Ben, vous le mettez dans votre narine, et vous donnez un grand coup de tête sur une tabl…
Kid : Grwlxt !
Pendant ce temps, sur le toit du laboratoire…
Robone : Nous voici à destination, Daxou.
Daxou : Dommage, je n’ai plus d’excuse pour vous vomir dessus, maintenant.
Robone : Je demande à ce que cette vanne ne soit pas ajoutée au dossier.
Daxou : Donc, si l’on récapitule, ça donne ?
Robone : On se sépare. Pendant que vous distrayez le garde qui me semble assez geek en lui montrant vos cartes Magic, je me faufile dans le conduit d’aération. A 10 H 53 exactement, vous foncez vers l’ascenseur. Logiquement, je serai sur le toit. Pour qu’on se reconnaisse, vous donnerez le mot de passe suivant : « Euadlaleudla ! Gritapoluitrtebnez, tralalala tsoin tsoin pouët pouët, dansons ensemble la galipette, el relojero vende relojes en la relojeria, euéuéuéuéué, 3,3,3,3,4,4,4,2,2,2,2,8,8,8,8,7,7,7,7 ». Après quoi, j’utilise un grappin pour me laisser glisser tout en bas de la cage d’escalier. Et quand je hurlerai « Fouetfouetgouttgouttgoutt », vous descendez.
Daxou était cambré en avant, un doigt dans sa narine.
Daxou : C’est quoi, un geek ?
Robone poussa un profond soupir.
Robone : Moi y’en a vouloir cyanobactéries au sous-sol. Toi y’en a courir et foncer dans le tas pendant que moi faire pareil.
Daxou et Robone se présentèrent au guichet d’entrée. Ashline, une jeune fille en blouse blanche, se limait les ongles en se balançant mollement sur une chaise de bureau.
Ashline : C’est à quel sujeeeeeeet ?
Robone : Oh, c’est juste pour mettre votre laboratoire à sac.
Daxou : Mais ça ira plus vite si vous nous donnez les clés du sous-sol, belle enfant.
Robone : Daxou, je ne vous ai pas payé pour ça !
Daxou : Vous me payez ?
Robone : Juste.
Ashline : Eum… Là, vous me faites du rentre-dedans pour que je vous passe les clés ?
Robone : Oui, c’est ce qu’il fait.
Ashline : Mais vous me prenez pour une vulgaire cruche influençable et naïve ?
Daxou : Bon, vous nous les passez, ces clés ?
Ashline : Tenez, tenez, les voilà, pas la peine de…
Un pan de mur s’effondra et laissa apparaître des vigiles patibulaires.
Robone : Ca aurait été trop facile.
Un homme déblaya le chemin entre les vigiles.
Daxou : Laurent Fortin ? Mais qu’est-ce que vous faites là ?
Laurent Fortin : Qu’est-ce que vous voulez, les feux de la célébrité… L’été dernier, j’étais un dieu, et…
Robone : Arhem ?
Laurent Fortin : Enfin, un demi-dieu…
Robone : Arhem ?
Laurent Fortin : Une idole…
Robone : Arhem ?
Laurent Fortin : Un gars connu…
Robone : Voilà.
Laurent Fortin : Et voilà le drame de ma vie ! Maintenant, je suis un pauvre chef de vigiles dans un laboratoire de saloperies et… BEUHABEU ! JE NE SUIS QU’UN LOSER !
Daxou : Votre rap est pourri, aussi.
Laurent Fortin : MON RAP EST POURRI, AUSSI !
Daxou : J’adore ce type.
Laurent Fortin : Enfin, bref. Vous allez déguster.
Laurent Fortin fonça tête baissée et matraque en avant vers Robone et Daxou. Daxou, dans son courage légendaire, saisit Robone et s’en servit comme bouclier humain, ce qui valut au savant un vol plané dans la fontaine du hall d’entrée. Daxou se saisit d’une lampe de bureau et assomma les vigiles trop téméraires. Robone sortit de la fontaine, s’ébroua et envoya un coup de poing à 0,001 nanoJoule dans la mâchoire de Laurent Fortin. Ce dernier n’eut qu’à porter Robone, puis à le lâcher pour l’écraser avec son pouce. Robone se releva difficilement et hurla sauvagement.
Robone : Tu l’auras voulu ! DEFI DANCE DANCE REVOLUTION !
Laurent Fortin : Oh nan, j’suis rouillé…
Une énorme barre holographique sépara la salle en deux. Du vieux disco crachota dans des haut-parleurs qui avaient jailli de nulle part.
THIS IS THE REAL OF THE NIGHT !
Une centaine de flèches apparurent. Robone remua dans tous les sens pour suivre les directions des flèches et le rythme effréné de l’épreuve. Au bout de deux minutes, Laurent Fortin ne tint plus et s’effondra sur le linoléum. Une trappe s’ouvrit dans le sol et Laurent Fortin chuta le plus naturellement du monde. Robone et Daxou se dirigèrent lentement vers le sous-sol, avec une certaine solennité dictée par l’auteur de cette série inepte.
Daxou : C’est là, patron. Les cyanobactéries sont dans ce congélateur.
Robone : Prenez-les.
Daxou : Avec quoi ? Une éprouvette ?
Robone : Nan, avec le congélateur.
Daxou s’exécuta et débrancha l’énorme prise du congélateur. Par un système de sécurité, l’ensemble de l’installation électrique de l’immeuble s’éteignit. Les yeux de Robone qui luisaient dans le noir prirent un air exténué.
Robone : J’étais sarcastique.