A des milliers et des milliers de kilomètres de là, en Antarctique, un dangereux maniaque manipulait des produits sous une hotte avec une extrême précaution, le tout avec des moufles et dans un laboratoire surchauffé. C’était une espèce de savant fou, stéréotype même du fou dangereux qu’on aurait dû jeter dans un abri atomique avec des réserves de saucisses cocktail jusqu’à la fin de son existence.
Robone : You know what ? I’m the méchant…
Le téléphone portable de Robone sonna violemment sur l’air de « J’ai la quéquette qui colle ». Ce dernier décrocha rapidement, comme s’il avait eu soudainement honte face à sa propre personne.
Robone : Allô ?
Xaduo : Allô, ici Xaduo, le directeur de la Baddy Corporation. Vous avez bien commandé un sous-fifre influençable et aux dents longues pour vous épauler dans vos plans machiavéliques, etcétéra ?
Robone : Oui, c’est exact.
La Baddy Corporation était une énorme usine de plusieurs centaines d’hectares de superficie située dans les sous-sols du clubhouse de l’Olympique de Marseille. L’entreprise fournissait les méchants de toutes les fics depuis The School War. Elle avait notamment créé de toutes pièces le professeur Klaww de The School War, l’ensemble de l’armée de boulets de la Millstones’ Organisation, et également Xibolt, Lorenz, Silver de la saga Dossier « M ».
Des kilomètres de tapis roulants faisaient défiler des centaines de sales types, tous étudiés, customisés, peaufinés par de multiples bras mécaniques. Xaduo était la tête pensante du groupe. Il supervisait l’ensemble des opérations depuis un grand bureau, tout de verre, en sirotant parfois une petite tequila.
Xaduo : Vous n’allez pas être déçu, cher client. Nous vous avons réservé un assistant aux petits oignons et…
Robone : Mouaim, vous ne m’avez pas refilé un méchant foireux de la fic de Volo qui n’aurait pas été utilisé, j’espère ?
Xaduo plaqua une main contre le combiné et fit signe à trois subalternes derrière lui, qui déballaient un grand sachet où l’on pouvait lire en rouge : A JETER. On pouvait reconnaître Lorenz dans ceux qui déballaient.
Xaduo : Les mecs, arrêtez ça, je crois qu’ils finissent par connaître tous le truc !
Lorenz : Mais, patron, c’est trop tard, on l’a déjà allumé…
Xaduo : Démerdez-vous, mais je veux plus voir ce machin !
Lorenz accrocha un tablier au pseudo-méchant et l’envoya dépoussiérer une étagère.
Xaduo : Heum, je vous prie de m’excuser, cher Monsieur Robone, nous avons un petit problème technique.
Robone : C’est rien, je me distrairai en regardant mes cartes à jouer porn… Heum, comiques.
Xaduo se retourna à nouveau et se mit à hurler.
Xaduo : ALORS ?
Lorenz : J’ai un type qui s’appelle Daxou, patron…
Xaduo : Daxou ? Mais il sort de la Goody Corporation ! C’était un des gentils de la saga Dossier « M » !
Lorenz : Pas depuis qu’on lui a lavé le cerveau.
La Goody Corporation était située dans les sous-sols du clubhouse du Paris Saint-Germain…
BON, D’ACCORD, D’ACCORD, NE TIREZ PAS !
Elle était située dans les sous-sols de… Dans un endroit inconnu, voilà. Son fonctionnement était similaire à celui de la Baddy Corporation, sauf que, vous l’aurez compris, on y fabriquait les braves types. En sortait quotidiennement un nombre incalculable de gentils en tous genres, des vrais, des faux, des laids, des beaux, des durs, des mous qu’ont des grands cous, des gros touffus, des petits joufflus, des grands ridés et des monts pelés. Qu’est-ce qu’on se marre les caupains.
Xaduo : Excellent, vous pouvez donc lui envoyer…
Lorenz : Quoi, patron ?
Xaduo : DAXOU !
Lorenz : Ah oui, désolé.
Xaduo : Des fois, je me demande si vous ne sortez pas de la Loosy Corporation, la fabrique de blaireaux et gros lourds en tous genres à qui l’on doit Olin, notamment…
Note de l’auteur : Alors, là, celle-là, c’était dans les sous-sols du clubhouse de l’équipe de football nationale de Grèce. Pensez, si je me rappelle.
Xaduo : Parfait, Rob. Il va vous arriver par téléportation. Je peux vous appeler Rob ?
Robone : Non.
Il y eut une lueur aveuglante dans le bureau de Robone et apparut Daxou, désorienté.
Robone : Bonjour, cher assistant. J’espère que nous allons bien nous ENTENDRE !
Daxou : Oui, oui, j’entends bien, mais pourquoi vous m’hurlez dans l’oreille ?
Robone : C’était pour vous intimider.
Daxou : Ben, là, en fait, vous me faites plutôt pitié pour le moment, à première vue.
Robone : Vous allez m’aider à créer une nouvelle ère glaciaire sur cette misérable planète.
Daxou : Ciel.
Robone : Après de longues recherches scientifiques personnelles, je…
Daxou : Alors, là, vous êtes déjà en train de rater votre coup, parce que je vois cet énorme livre sur votre bureau : « La science avec un QI de 60, c’est possible ».
Robone était trop excité pour répondre quoi que ce soit aux constats désabusés de Daxou.
Robone : Peu importe. J’ai donc découvert le pouvoir des cyanobactéries ! Des micro-organismes qui sont à l’origine des précédents âges de glace sur Terre, par une suite de réactions macrobiologiques !
Daxou : Et vous comptez refroidir la planète avec ces trucs ?
Robone : Exactement ! Gnihâr !
…
Daxou : Bon, ben, je vais bouffer des Cheetos et peut-être prendre un bain.
Robone : HEY ! C’est tout l’effet que ça vous fait, de savoir que je vais totalement chambouler le climat terrien et décimer la quasi-totalité des espèces, hommes compris ?
Daxou : Nan, nan. Même si rien ne transparaît sur mon noble visage, j’en suis tout émoustillé, et j’attends avec impatience l’ivresse de dévaler des pistes noires infinies avec Christian Clavier en Bronzé, ça m’étonnerait pas qu’il survive.
Robone : Quoiqu’il en soit, nous devons nous procurer ces bactéries, et elles ne peuvent être qu’à un endroit sur Terre.
Daxou : Mais c’était pas ce que vous étiez en train de faire ?
Robone : Oh, non, je faisais rien. Des bricoles, qui ne valent rien.
Robone brisa une fiole où il était étiqueté « Vaccin contre le sida ».