Fais chiééééééééheu ! Oubliez le précédent, voilà la version sans 卪 ou des trucs comme ça à la place des apostrophes :
Comme toute critique qui se respecte, celle-ci va commencer par la récitation du scénario que tous les fans connaissent par coeur depuis deux plombes. C´est parti :
Jak, un relooking et un an après Jak 3, est invité à une (troisième!) ville, Kras : la cour de récré des pires racailles de l´univers Jak. Et donc, forcément, la ville natale de Krew, le tas de couches graisseuses superposées qui servait aux héros de fournisseur d´armes dans Jak II, épisode dans lequel on le voit mourir dans une violente explosion, après un fight mémorable entre lui et Jak.
C´est pour la lecture du testament (en hologramme s´il vous plaît) de leur ancien ennemi que Jak et ses comparses sont conviés à boire en l´honneur de Krew. Conviés par qui ? Par une femme qui ignore que Krew est mort à cause de Jak, Rayn, sa fille (encore une nymphe sexy à ajouter au palmarès de Naughty Dog).
Le testament révèle aux invités que Krew veut, par delà la mort, les forcer à gagner le grand championnat de Course de Combat de Kras (c´est à dire une tentative de suicide sous les feux des projecteurs). La carotte ? Le toast qu´ils viennent de boire contenait un poison très lent, et l´antidote ne sera donné qu´à la fin du Championnat par les associés de Krew.
Bon. Voilà pour l´intrigue.
Fluide et nerveux. Ce sont sûrement les deux adjectifs qui qualifient le mieux Jak X. Il n´y a qu´à regarder les cinématiques (sacrément courtes, d´ailleurs, Naughty Dog nous avait habitués à mieux) : le graphisme est encore plus fluide que dans les précédents, mais, nouveauté, le montage est (très) nerveux, à croire que les concepteurs ont bu chaque matin trois tasses d´Eco bleue !
Question graphisme, pas de doute, c´est du béton : les décors sont à couper le souffle et tout le long du jeu on nous en met plein la vue avec de supers effets spéciaux - exceptés les crashs, pas très excitants ni impressionnants, à moins d´un coup de bol même si le rythme des courses n´est pas pour autant coupé, je trouve - qui risquent de faire ressembler vos yeux à des boules de billard (tout comme la nouvelle tenue d´Ashelin, d´ailleurs).
Question maniabilité, quoiqu´en disent les testeurs, ça va. Sans doute, habitués à des jeux de course bien carrés où la vitesse est reine et pas l´action, ils se sont exaspérés devant tous les dérapages incontrôlés et les coups contre les murs des pistes qu´on subit. Mais justement, c´est dans la logique du jeu, une logique assez inédite pour les testeurs, je pense : ce n´est pas le plus rapide qui gagne. C´est celui qui se démerde le mieux (entendez par là le plus rusé, le plus adroit, le plus solide et le plus chanceux - pour tomber sur les bonnes armes) .
Question options, là non plus rien à dire, Jak X a du coffre : moult tuning, des tonnes de secrets à débloquer (dont de supers bonus, y compris des commentaires audio des scènes), un mode Exhibition précis, riche, fourni et sympa (avec cartes d´indentités des personnages, en caractères précurseurs of course), des personnages secrets à débloquer avec des sauvegardes de jeux, et des Modes Multijoueurs, dont Online.
Alors, d´où vient ce sentiment bizarre, cette espèce de légère déception ?
Eh bien, de l´essence même du jeu : les courses. D´accord, les courses sont rapides, jouissives et bordéliques à souhait. Mais voilà le piège dans lequel Naughty Dog est tombé, un piège qu´ils avaient pourtant évité avec brio dans les épisodes précédents :
Le manque de diversité.
Dans la trilogie, le joueur parcourait des niveaux très variés. Donc (surtout dans les 2 derniers), il fallait réadapter les mouvements de ses doigts pour à chaque passage, saisir le mécanisme de chaque épreuve pour les franchir. Bref, c´était plus dur, donc plus intéressant. Surtout qu´ainsi, l´intrigue était beaucoup plus lente à donner ses révélations, et on avait la très agréable sensation d´un roman qu´on lit en plusieurs fois, en imaginant à chaque fois la suite.
Dans Jak X, c´est tout le contraire : une fois que vous avez bien compris le pourquoi du comment gagner de chaque épreuve, vous avez tout compris. Les circuits, les courses et les (quelques) genres d´épreuves défilent sur l´écran sans vraies différences de conditions de jeu. Bref, c´est répétitif. Et donc, beaucoup plus facile, mais du coup fort moins excitant que les niveaux des jeux de la trilogie. Et surtout, surtout, cette facilité fait s´arriver beaucoup trop rapidement les révélations de l´intrigue (toujours impeccable, ouf!), sans qu´on ait eu le temps d´en saisir toutes les nuances ou même de s´attacher aux personnages.
Mais si vous êtes plutôt dans le style "nul en course", pas de doute, vous allez galérer pour finir le mode Aventure, et c´est tant mieux parce qu´ainsi vous aurez tout le temps de déguster le scénario avec ses rebondissements, ses trahisons, ayant un goût mafieux, lyrique et stylisé très rassurant qui sent bon le Jak II (surtout pour la fin, en particulier avec le coup de téléphone de Rayn).
L´autre point noir (bon, c´est selon les points de vue), ce sont les améliorations des véhicules, qui risquent de faire s´étrangler les amateurs de jeux de courses habitués aux "suspension du véhicule", "accrochage à la route", ou encore "aérodynamisme de la roue gauche arrière et du petit machin à droite sur le capot". Moteur, Boîte de vitesse, Armure et Turbo seront les seules capacités modifiables, et cette sobriété, c´est tant mieux pour les Jakiens habitués à la plate-forme.
On a d´ailleurs l´impression que Naughty Dog a fait de ce jeu une sorte de cadeau cher et extravagant fait aux fans de Jak, qui, malgré ses maladresses, témoigne d´une évidente volonté de faire kiffer le joueur.
Jak X est en quelque sorte un gros bonus à la trilogie, un jouet lumineux et électronique qui a du chemin à parcourir avant que le joueur ne finisse par le trouver ennuyeux.
Il ne reste qu´une chose à espérer : que Naughty Dog ne terminera pas sa série sur cet opus et nous servira un autre jeu où l´on retrouvera l´atmosphère mystique des précédents (abandonnée dans Jak X au profit de l´ambiance ultramoderne), et qui finira la saga (vraiment, totalement, excellemment) en beauté.
En deux mots (je le fais façon Ciné Live ^^ ) :
Une grosse superproduction hybride, fun et nerveuse qui risque de faire se poiler d´un rire méchant les adeptes des jeux de course à cause de ses effractions au règles classiques du genre :
- Logique (pas si) destroy, joyeusement explosive et rapide
- Dérapages garantis et incontrôlés sûrement voulus par les concepteurs, bien que vus par beaucoup comme un manque de maniabilité
- Peu d´options de véhicules
- Scénario digne de ce nom...
Autant de particularités qui sont toutes agréables pour les joueurs habitués aux Jak....
Mais à coup sûr, malgré son manque de diversité, Jak X fera passer à tous un super moment de techno rock et d´adrénaline.
Ma note : 17/20