18 mars 2008. Devant le QG du FN.
- Bon. Y a deux gardes ici. Qui s´occupe de faire la diversion ?
- Je suis persuadé que Jane ferait la meilleure diversion possible.
- Et pourquoi je ferais la meileure diversion possible ?? ??
- Eh bien... commença Jean. Disons que ce sont deux mecs, qu´ils ont l´air de ne pas avoir de trucs très intéressant à regarder... donc...
- Et ? Où tu veux en venir ? demanda Jane.
- A rien ! déclara JL qui, lui, avait compris. Simplement, contente-toi de te promener sur le trottoir en face de ses messieurs.
Jane, bien qu´interloquée, s´exécuta. mais contrairement aux prévisions de Jean, les deux gorilles ne bougèrent pas la tête d´un chouïa pour regarder passer Jane.
- Et merde ! On est tombés sur des gardes homos !
- Ou qui n´aiment pas mater les spécimens féminins, dit Jean-Luc. Au fait, LePen est contre les homos, aussi ?
- Comment veux-tu que je le sache ?? ??
- Bon, va falloir trouver une autre diversion, et une que je comprenne, cette fois-ci ! déclara Jane qui était revenue.
- Hé ! Et si, toi, Jean-Luc, tu passais sur le trottoir d´en face, comme Jane, sauf qu´à un moment tu te transformes ! Comme ça, ils viendront vers toi pour savoir ce que vient foutre ici un monstre pareil et nous, pendant ce temps-là moi et Jane on entre !
L´idée fut acceptée par els deux autres complices et, peu de temps après, JL marcha sur le trottoir et pouf, se transforma en la créature que Jean avait déjà décrite à Jane. D´ailleurs, pendant qu´elle entrait dans le QG, elle entendit la créature qui, effectivement, disait énormément de conneries.
- "De plus en plus, nos importations viennent de l´étranger." dixit Georges W. Bush Junior, beugla la créature alors que les deux gardes étaient venus autour d´elle et la regardaient comme s´ils avaient devant eux une soufflé au fromage géant. Avec des smarties dessus.
- Cachons-nous ! murmura Jean en montrant un placard à balais.
- Et Jean-Luc, coment va-t-il nous rejoindre ? se demanda Jane tandis qu´ils s´engouffraient rapidement dans l´obscur placard.
- Bah, il se débrouillera. En attendant, il va falloir qu´on trouve un moyen de sortir sans se faire repérer !
C´est alors que la porte du placard s´ouvrit avec le dénommé Jean-Luc dans l´encadrement.
- Qu´est-ce que vous foutez là ?
- Ben on se cache !
- Mais y a personne dans le hall d´entrée !
- Ah bon ?
Jean sortit sa tête. Effectivement, la pièce était à peu près aussi remplie qu´une boîte de nuit un soir d´attaque nucléaire.
- Bon bon, ok... bougonna Jean, c´est par où les étages ?
- C´est par là, c´est le seul escalier qu´il y a dans cette entrée ! s´exclama Jane en regardant Jean avec un oeil nettement plus ouvert que l´autre. Au fait, comment tu as fait pour passer malgré les gardes ? demanda-t-elle à Jean-Luc.
Le musclor de service répondit qu´il avait tout simplement repris son apparence normale et assommé les deux hommes qui étaient tombés chacun leur tour sur le trottoir.
Durant leur trajet dans les couloirs du QG, chacun était occupé à sa contemplation. Jean reluquait Jane, Jane reluquait Jean-Luc, et Jean-Luc reluquait une mouche qui volait par là, comme ça. Il n´est donc pas étonnant qu´au bout d´un moment, l´un d´eux demanda :
- Euh... Quelqu´un sait vers où on se dirige ?
Soudain, une alarme retentit et des dizaines d´armoires à glace, les sbires de LePen, entrèrent dans la pièce et empoignèrent les trois compagnons.
- Bon sang ! Ce sont sûrement les deux gardes assommés qui les ont prévenus une fois revenu à eux !
- Même pas ! répliqua le chef des sbires, c´est le bruit sacrilège de vos pas sur le plancher séculaire de notre magnifique QG qui vaut vachement plus que tune que vos vies qu´on va bousiller à l´instant vu que vous avez assommé deux de nos potes !
- JL, t´aurais pas pu fermer ta gueule ? cria Jean.
Une fois que chacun des trois héros fut immobilisé, pour chacun un homme pointa un pistolet vers le coeur de chacun d´eux.
- Jean ! Utilise ton pouvoir et mets-leur une bonne tarte dans leurs tronches ! scanda Jane.
- Mon pouv... commença Jean en se rappelant qu´il avait dit devenir incontrôlable et presque invincible avec son pouvoir.
- Euh... oui, oui... euh, OUAAAAAAAAAARG ! Tremblez, mortels ! OUAAAAAAAAAAAAAAAreugeuh ! OOOOOOOOOOUahjevaisvouspéterlagueule ! OUAAAAAAAAAAAAAArgeuh ! criait-il tandis que les hommes qui le maintenaient se demandaient pourquoi ce gars-là se mettait à gesticuler comme ça et à faire des tronches pareilles.
- Hé, mec, on est pas dans "l´exorcisme d´Emily Rose"... rappela l´un d´eux.
Quand, au bout d´un bon quart d´heure, Jean se rendit compte que c´était inutile, il se tut dix ou onze secondes, et cria :
- Jane, enlève ton haut !
Cette déclaration eut un effet comparable à celui de l´arrivée de Jim Carrey en forme dans une soirée mondaine. Deux gardes murmuraient :
- Il est cinglé !
- Ce type a une araignée au plafond !
- Non, il est cinglé !
- C´est bien c´que j´disais, tête de con !
Jane, quant à elle, comme ses compagnons était immobilisée au sol par les sbires et avait des yeux comme des tasses en regardant Jean, à qui elle demanda :
- Tu veux que je QUOI ?? ?
- Jane, enlève, ton, haut ! répéta Jean. C´est la seule chose à faire !
- Tu crois vraiment que c´est le moment de... ?
- Fais-moi confiance !
- Je t´avais fait confiance quand tu avais dit que...
- Eh bien là, tu vas voir le VRAI pouvoir ! Ils vous nous buter tous les trois, Jane !
- Et Jean-Luc, tu peux pas...
- Non je ne peux pas ! Il faut que je sois libre de mes mouvements pour que le pouvoir s´exécute, et je ne...
- Non mais de quoi vous parlez, là ? demanda un garde.
- On s´en fout ! Dans quelques secondes, ils ne parleront plus jamais ! déclara un autre sbire en abaissant un peu plus son arme vers Jean-Luc.
- TU VOIS ! cria Jean, fais ce que je te dis ! C´est notre seule chance !
(Oh la phrase stylééééééee !)
C´est alors que Jane, la mine supra furieuse, parvint à brusquement dégager ses bras de ceux des gardes. Elle saisit l´avant de la veste qu´elle avait en guise de T-shirt, et l´ouvrit, révélant ainsi un soutien-gorge rose fushia.
Cette exhibition forcée eut deux effets. Primo : elle cloua sur place les gardes qui se trouvaient autour de Jane. Secundo : elle déclencha le pouvoir de Jean avec un vitesse fulgurante qui envoya valser en l´air tous les sbires qui se trouvaient devant Jean. Celui-ci profita de l´effet de surprise et se libéra.
Il mena un combat acharné avec son organe à présent surdéveloppé, pendant plusieurs minutes, détruisant au passage une bonne partie des murs de la pièce. La bataille fut tellement spectaculaire qu´elle aurait pu être dans un film parodiant le Seigneur des Anneaux. Les sbires volaient dans tous les sens à cause de l´impact avec le sexe de Jean, parfois ils réussirent à leur sauter dessus (sur le sexe et sur son propriétaire) mais à chaque fois Jean parvint à les repousser.
Au bout d´une demi-heure environ, tous les sbires étaient assomés et immobiles soit dans la pièce, soit envoyés par vol dans des massifs de fleurs (un des murs détruits donnaient sur le jardin de la baraque).
Après un instant de silence gêné entre les trois compagnons (les deux autres étaient maintenant libérés), Jean-Luc montra le plafond troué de la pièce en disant :
- Regardez !
Effectivement, on pouvait voir à l´étage du dessus un écran plat et une manette de PlayStation qui pendouillait à présent dans le vide.
Et merde. LePen, sûrement alerté par le bruit et le trou dans son plancher causés par la bataille, avait foutu le camp sans même éteindre son jeu "Ku Klux Klan III". Ils avaient raté leur mission. Et en plus, maintenant, Jane savait que son pouvoir était...
L´écran plat indiquait sur fond rouge : "Mission réussie. Tu es parvenu à éliminer tous les blacks du quartier à temps ! Récompense : 31000 points d´expérience, 800 dollars, 4 gonzesses."