- Tu es vraiment sûre que ce soit la meilleure solution ?
- Absolument ! Et puis de toute façon, est-ce que tu as une autre idée, Jean ?
- Non.
- Dans ce cas, allons-y !
C´est alors que le duo mit fin à sa conversation, et se leva.
- Mais ne t´inquiète pas, on va prendre le bus, pour s´y rendre ! On ne va pas marcher pour y aller, c´est à l´autre bout de Paris !
- Euh... oui, oui, bien sûr. Ce sera parfait.
Jean pensait exactement le contraire. Parce que le bus, à cette heure-ci (à toutes les autres heures de la journée d´ailleurs), était bondé*.
* authentique ? Les lecteurs parigots, répondez !
Et évidemment, lorsque le bus est bondé, on est obligé de se serrer. Et l´idée de se serrer, debout, près de Jane dans le bus était absolument effrayante. ça allait être une véritable catastrophe. Il allait bander, bien évidemment. Il allait faire un trou dans le toit du bus, amendes à prévoir, donc. Jane allait comprendre le coup de la colonne dans le bureau... Tout le monde dans le bus (et en plus, il risquait d´y avoir des enfants) allait se demander comment il fesait pour avoir la...
Jane et lui attendaient, assis à l´arrêt de bus, et Jean réfléchissait, réfléchissait, mais il ne voyait vraiment pas comment faire pour sortir de cette situation très, très, très délicate.
- Jean ? Eh, Jean, le bus arrive ! ça va ? Tu as l´air soucieux...
En effet, le bus arrivait.
Horreur. Lorsqu´il monta dans le bus, il s´aperçut que les usagers étaient principalement composés de mecs habillés en costards gris, de femmes, dont le visage était surchagé de maquillage, et d´enfants à l´air particulièrement fayots habillés en costume bleu à rayures verticales rouge tomate. Le cauchemar. Si jamais tous ces gens voyaient une démonstration du pouvoir de Jean, ça allait être un véritable scandale. On crierait à la perte des valeurs morales, et gnagnagni et gnagnagna...
"Ah, maudit auteur de fic, comment as-tu osé me mettre dans un situation pareille !! ! Me haïrais-tu ? Ou est-ce le Sort qui m´a conduit à pareil péril ? Ô, toi tu t´apprêtes à frapper à la porte de mon Estime, sache que je saurai t´affronter, bourreau du Déshonneur".
Voici ce qu´aurait pu penser Jean. Mais en réalité, il émit une pensée qui résume assez bien le sentiment exprimé ci-dessus :
"J´ai quand même vraiment pas de bol, moi !"
Soudain, la Providence. La Révélation. Il ne restait qu´une place assise.
- Va t´asseoir là-bas, Jane. Ne t´inquiète pas, tant pis si je suis écrasé comme une sardine par les voyageurs... murmura Jean à Jane.
"Trop d´la balle !" se dit notre héros tandis que le car repartait. A l´endroit où il se tenait debout, il n´avait aucune chance d´avoir ne serait qu´une ombre d´érection ! Il était entouré de gens dont le sex appeal était comparable à celui d´un manche à balai. C´était d´ailleurs ce qu´ils avaient dans le cul, selon l´expression. Expression qui convenait parfaitement aux usagers de ce bus : "avoir un manche à balai dans le cul".
Il pencha un peu la tête pour voir la couverture du livre que lisait la femme assise à côté de lui.
" Le Tout Nouveau Petit Larousse. Edition 1907".
Jean se demandait si 1907 n´était pas la date de naissance de la lectrice, lorsque le bus s´arrêta. Ils étaient arrivés.
- J´ai compris pourquoi personne n´était assis à cette place. Ma voisine dégageait une très forte odeur qui se situait à peu près entre le roquefort et une chauve-souris en décomposition, révéla Jane une fois qu´ils étaient sortis du bus.
C´est alors qu´ils commencèrent à effectuer le plan. Et c´était ça : observer LePen dans chacune de ses activités, au cours de la journée, et chaque jour, pendant deux semaines. Pour savoir à quel moment il sera le plus facile de l´éliminer. Voilà pourquoi les deux agents avaient dû se lever si tôt. Si seulement LePen avait eu l´habitude de se lever à 11 heures du mat´ !
Ils s´emmerdaient depuis déjà plusieurs heures, à observer LePen avec des jumelles.
- Il est rentré chez lui.
- Je note "rentre chez lui" ?
- Oui. Eh, au fait, Jean, tu ne m´as pas encore dit ton pouvoir !
- Euh... oui, c´est vrai !
- Alors, c´est quoi ?
- Hé bien, je... je... Voilà : chaque fois que je suis en danger, il faut que je m´oblige à être en colère, et là j´ai...
- Tu as... ? murmura Jane en le regardant avec ses magnifiques yeux turquoise.
- J´ai... j´ai une force colossale, un peu comme Obélix, tu vois. Mais aussi, je suis quasiment incontrôlable, dans ces moments-là. Voilà... ça fait un peu loup-garou, si tu veux... Voilà voilà...
Jean sourit. Son pouvoir imaginaire avait quand même nettement plus de gueule que le vrai ! Et Jane qui était en train de le fixer avec un air impressionné...
- Mais c´est formidable ! ça va beaucoup nous aider pour vaincre les éventuels obstacles entre nous et LePen !
- Au fait, qu´est-ce qu´il fait, là en ce moment ? demanda Jean en levant le bloc-notes dans lequel il inscrivait avec un stylo les différentes activités de leur cible.
- Je crois qu´il se fait radicalement chier, tout seul dans son appart, déclara Jane en regardant à travers ses jumelles.
- Je note "se fait chier" ?
- Evite des conneries dans ce genre-là, s´il te plait. Et dis-moi, je t´ai dit qu´on avait un allié dans la place forte ? Il s´appelle Jean-Luc Lhammeuf. Ah ben tiens, regarde, le voilà qui va chez le vieux. Tu vois ces trois hommes, là-bas ? Jean-Luc Lhammeuf est l´homme en rouge.
- "Jean-Luc Lhammeuf est l´homme en rouge"... Pas mal du tout la contrepétrie !! !!
- Comment ça ?
- A toi de trouver. Dans cette fic, on va faire comme dans les romans de Bernard Werber : y a une énigme et faut la résoudre.
- Faudrait déjà que je sache ce qu´est une contrepétrie.
- Eh bien ça te fera deux énigmes ! Dis donc, le Lhammeuf, il a l´air dans le genre grand, chauve et musclor !
- C´EST VRAI ?? ?? s´exclama Jane en se ruant sur les jumelles.
Et tandis que Jane regardait en se retenant pudiquement de sourire, Jean se demandait s´il arriverait un jour à la séduire, et s´il n´allait pas se jeter dans le vide. Le toit du batîment où ils se trouvaient était à environ 40 mètres du sol...
JEAN VA-T-IL SE SUICIDER ? SI OUI, JANE VA-T-ELLE S´EN RENDRE COMPTE AVANT QUE LHAMMEUF DISPARAISSE DE SON CHAMP DE VISION ? SI NON, JEAN VA-T-IL POUVOIR CACHER SON POUVOIR A JANE ? NOS DEUX AMIS PARVIENDRONT-ILS A ELIMINER L´INFÂME DOCTEUR LEPEN ?
VOUS LE SAUREZ DANS LE PROCHAIN EPISOOOODEUH !
(c´est mon conseiller en marketing qui m´a proposé ce petit paragraphe de fin)