TEST : Ratchet & Clank 2, sur PS2
Fin d’année 2003. Cette année a été plutôt pauvre en hits sur la console de Sony, d’autant qu’elle venait de sortir d’une année difficile après la sortie de la Xbox et de la GameCube en 2002. Pourtant, en cette fin d’année, la PS2 nous a gratifiés de hits tels que Splinter Cell (qui était déjà sorti sur Xbox), Prince of Persia Les Sables du Temps qui ont fait un retour fracassant (multi plates-formes). Mais les hits exclusifs PS2 se situaient plutôt au niveau des jeux de plates-formes, avec Jak 2 et Ratchet & Clank 2.
Si le premier reçut un accueil plutôt froid par le site sur lequel nous nous trouvons (14/20), le second reçut la même note que le premier épisode (17/20). Toute une génération de joueurs crie au scandale, mais bon cela ne concerne pas le jeu du test présenté ici.
Ratchet & Clank 2 est (encore) développé par Insomniac Games. Cet épisode prend place quelques mois après la défaite du président suprême Drek face à nos deux héros dans le premier opus, et on retrouve nos deux compères sur Veldin, en train de s’ennuyer. Eh oui, après une aventure comme ça, on a envie de tâter du méchant… Lors d’une entrevue dans une émission appelée « L’envers des héros », Ratchet avoue son ennui. Et c’est LA que tout bascule.
M. Fizzwidget, président de la société MégaCorp dans la galaxie de Bogon, trouve en Ratchet l’homme qu’il lui faut pour accomplir une mission super dangereuse… Il les convoque ainsi (en les téléportant) pour qu’ils puissent faire le travail. Ratchet accepte, mais Clank refuse d’y prendre part. Seulement, Fizzwidget est tout de même assez clément et lui offre le poste de comptable en chef de MégaCorp. Ratchet, après deux semaines d’entraînement intensif, est devenu un vrai commando et est envoyé sur la planète Aranos récupérer un cobaye très important. Seulement, sur les lieux, tout ne se passe pas comme prévu et le cobaye est enlevé par un voleur mystérieux. Il faut donc le poursuivre…
Tel est le synopsis de ce nouvel épisode. On sent une envie de bien faire chez Insomniac. Certes, si le scénario de Jak 2 est plus poussé, celui de R&C2 est de très bonne qualité et offre sa bonne dose de mystères et surtout, des caisses entières d’humour. On se retrouvera face à face avec le chef des Thugs-4-Less, qui a tout dans les biscotos mais rien dans la caboche, ou encore avec M. Fizzwidget en personne, qui a une façon de parler en rajoutant des syllabes inutiles tous les 3 mots… Et l’humour est là, présent.
La galaxie de Bogon est riche et dispose d’environnements toujours plus variés, même si deux ou trois niveaux sont inspirés du premier épisode. Graphiquement, le titre est un régal, même si Jak 2 le surpasse. Seulement, si Jak a perdu légèrement en fluidité, Ratchet & Clank 2 reste toujours aussi fluide à chaque instant. Les décors sont bien remplis et aucun bug de collision ou de conception ne vient freiner l’avancée des deux héros.
Le gameplay est resté grosso modo le même (courir, sauter, tirer, s’accrocher, les trucs basiques quoi), mais de profonds changements y ont été apportés. Ratchet peut désormais straffer (faire des pas de côté), facilitant les esquives et la visée. Même si vous n’avez pas joué au premier épisode, les commandes sont intuitives et un tutorial vous aidera. Et pour ce qui est de Clank, lors des phases avec lui, vous pourrez contrôler plus de robots que dans le premier épisode. Là où le premier épisode ne vous permettait que quatre actions (Suivre, Attendre, Attaquer et Entrer), le second épisode rajoute en plus le Salut, inutile mais amusant ; la Construction de pont, qui avec le robot approprié, permet de franchir les gouffres ; le Soulèvement d’objets lourds, qui encore avec un robot approprié, permet de dégager la voie, et enfin le Coup de marteau, qui permet d’exploser les grosses caisses et de sauter dans des endroits hauts grâce à un balancier. Certes, sur le papier, c’est compliqué, mais tout devient plus simple en y jouant. Les actions sont doublées, et les types de robots passent de un à quatre. Ces phases ne sont peut-être pas nombreuses, mais c’est un régal aussi.
Si Clank a gardé les fonctions du premier épisode (Hélipack, Propulsopack et Hydropack), l’arsenal de Ratchet est, quant à lui, renouvelé. Si cinq armes proviennent du premier épisode (qu’on peut avoir gratuitement en ayant une sauvegarde du premier épisode avec ces armes), les autres armes sont nouvelles. On retrouve les successeurs du Plasmo-mitrail (mitraillette), du Gant à bombes (lance-bombes) ou encore du Dévastateur (lance-roquettes), mais d’autres armes sont inédites telles que les Synthénoïdes (des robots volants qui vous entourent et vous protègent, d’ailleurs l’idée sera reprise dans les épisodes suivants) ou encore la Bobine à Plasma, l’arme que Ratchet porte sur la jaquette du jeu, et on a aussi le TELT 2 (si vous avez eu le TELT 1 dans le premier épisode, vous savez de quoi je parle…), a la puissance destructrice inouïe… En tout, on a 24 armes. Et la nouveauté de cet épisode, c’est l’évolution des armes.
Eh oui ! Plus vous utilisez une arme (en tuant des ennemis bien sur), plus une barre se remplira. Dès que cette barre sera remplie, une nouvelle version de l’arme, plus puissante, sera à vous. Toutes les armes sont évoluables trois fois : une fois puis deux autres fois dès que vous aurez terminé le jeu, excepté le TELT 2 et le Zodiaque (une arme qui détruit tout ce qu’il y a à l’écran) qui ne peuvent pas être évolués, et l’Electrochoqueur de Clank (l’antenne de ce dernier lance un rayon qui attaque les ennemis) qui ne peut être évolué qu’une fois. Pour le reste, à vous de jouer…
Mais Ratchet lui aussi peut évoluer… A force de tuer des ennemis, vous gagnerez des points de vie (Nanotech). Si au départ vous en avez quatre, vous pouvez grimper jusqu’à 80 nanotech ! Pour tous les obtenir, vous devrez tuer un bon paquet d’ennemis et trouver les Nanoboost dans les niveaux pour avoir un nanotech en plus immédiatement… Si dans Ratchet & Clank premier du nom on devait payer pour avoir jusqu’à 8 nanotech, dans cet épisode c’est plus la peine… Mais les ennemis, dans cet épisode, vous feront souvent perdre plus d’un nanotech…
En parlant d’exploration, on retrouve les fameux boulons cachés, qui ne sont plus en or mais platinum. Toujours au nombre de 40, certains sont particulièrement bien planqués… Ces derniers vous permettront d’acheter des modifications spéciales pour les armes. Et on retrouve aussi les fameux points de compétence, toujours au nombre de 30, et certains, croyez-moi, vous donneront du fil à retordre. Pour débloquer des bonus pour le moins très intéressants…
Dans Ratchet & Clank 1, il y avait des phases à la Star Wars avec votre vaisseau. Eh bien elles sont désormais plus nombreuses, avec plus d’armes et plus d’action. Vous serez aux prises avec les fameux Thugs-4-Less, des bandits qui sont prêts à tout pour vous en faire baver mais qui ne valent pas plus qu’une pièce de 1 centime d’euro rouillée, et vous serez même amenés à faire une course contre un pilote simple à battre. Mais ces phases sont un véritable plaisir. Et si je vous dis que vous pourrez personnaliser votre vaisseau en changeant les ailes, la couleur et en ajoutant de nouvelles armes, moyennant du Raritanium…
Cet épisode propose aussi des combats en arène, où vous serez encerclé par des dizaines d’ennemis. Si certains défis sont d’une grande facilité, d’autres sont en revanche difficiles… Le défi (soi-disant) impossible, avec ses 60 manches, n’est pas pour les mauviettes… Les combats en arène permettent de gagner des boulons. Et on trouve aussi, en remplacement des courses d’hoverboard, des courses d’aéromoto endiablées. Des commandes simples et intuitives, une rapidité digne de Burnout et des armes surpuissantes, ces courses ont tout pour plaire. Des mini-maxi-jeux nombreux, plaisants, en clair, ce Ratchet & Clank 2 est blindé de choses énormissimes.
Du côté de la durée de vie, on pouvait s’attendre à plus long que le premier épisode, mais elle est un peu décevante : pas plus d’une dizaine d’heures pour finir le jeu. Mais il y’a le mode défi, une version du jeu en plus difficile, et les éternelles conquêtes aux boulons platinum et aux points de compétence pour remonter tout ça… Mais il ne surpasse pas Jak 2 avec son système à la GTA imbattable côté durée de vie.
Du côté de la bande-son, c’est une véritable réussite. Les musiques sont somptueuses, et collent toujours au niveau. Et du côté des voix et des effets sonores, c’est toujours aussi réussi. La version originale est excellente, vous devriez essayer.
Et j’en ai déjà parlé, le scénario est vraiment excellent, tant sur les mystères que sur l’humour… Certes, c’est encore en dessous de Jak 2, mais il vaut vraiment le détour, et certaines scènes vont vous montrer que même l’inattendu est possible… Si le premier épisode n’est pas indispensable pour une bonne compréhension générale de l’histoire, il n’en est pas moins nécessaire pour une compréhension totale, notamment avec le cas du Capitaine Qwark.
Au final, Ratchet & Clank 2 s’impose comme un des meilleurs jeux de plates-formes/action de la console. Plus bourrin, plus beau, plus fouillé, plus meilleur que tout ce qui était dans le premier épisode, le jeu est au top, et l’est encore aujourd’hui. Et même si l’absence de mode multijoueur se fait parfois sentir, c’est toujours mieux pour la qualité du solo (si vous êtes pas contents achetez Ratchet & Clank 3 ou Ratchet Gladiator…). Et il a ce « truc » qui fait que pour moi, cet épisode est le meilleur de la série. Et cet épisode plaît avec un arsenal complet (le plus imposant et varié de la franchise), un humour décapant et surtout des innovations qui ont comme intégré une dimension « RPG » au jeu. Même Jak s’en inspirera pour les évolutions d’armes dans Jak 3… Et si Ratchet était une source d’inspiration pour Jak ? Allez savoir. Mais en tout cas, si vous avez l’occase de le voir dans un magasin, prenez-le, il vaut franchement le coup. Si vous ne l’avez pas déjà.
Note finale : 18/20
J´ai rêvé ou avant cette fameuse (fausse) affaire des modérateurs partageant leurs passes, le topic était bien locké ?