L´Abbé Pierre, l´apôtre des sans-abri, s´est éteint
L´Abbé Pierre, fondateur des compagnons d´Emmaüs et apôtre des sans-abri, s´est éteint lundi matin à 05H25 à l´âge de 94 ans à l´hôpital parisien du Val-de-Grâce où il était hospitalisé depuis une semaine pour une bronchite.L´événement
Les obsèques - que certains souhaitent nationales - de celui qui fut longtemps la personnalité préférée des Français, se dérouleront en fin de semaine au cimetière d´Esteville (Seine-Maritime) "dans la plus stricte intimité", a annoncé le président d´Emmaüs France, Martin Hirsh.
"Avec cette disparition, c´est toute la France qui est touchée au coeur", a déclaré le président de la République Jacques Chirac, dès l´annonce de la mort de l´Abbé. "La France", a-t-il dit, "perd une immense figure, une conscience, une incarnation de la bonté".
En lui rendant hommage, l´ancien président de la République, Valéry Giscard d´Estaing, s´est prononcé pour des obsèques nationales, et l´ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, pour qu´il entre au Panthéon.
Martin Hirsch a raconté ses derniers instants : "l´Abbé Pierre est mort cette nuit à 5H25 au Val de Grâce entouré de quelques proches. L´infection pulmonaire pour laquelle il avait été hospitalisé, après une amélioration tout au long de la semaine, l´a finalement emporté". "C´est bien entendu une peine terrible pour l´immense famille qu´il représentait, pour les compagnons et toutes celles et ceux qu´il a aidés", a ajouté Martin Hirsch, en quittant l´hôpital en début de matinée. "Le véritable hommage, c´est de continuer", a estimé Emmaüs France dans un communiqué.
"Mes amis, au secours! Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures", c´est ainsi qu´avait commencé l´appel de l´abbé Pierre, le 1er février 1954, lancé sur les ondes de Radio-Luxembourg, en faveur des sans-abri. Un appel qui allait devenir le symbole du combat de toute sa vie, la défense des mal-logés. L´abbé Pierre, de son nom Henri Grouès, avait fondé la première communauté Emmaüs en 1949.
Jean-Louis Borloo, le ministre de l´Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement, a souhaité, à l´instar du député UMP Georges Fenech, président du groupe d´étude parlementaire sur les sans-abri, que le projet de loi sur le droit au logement opposable porte le nom de l´Abbé Pierre.
Les réactions ont afflué dès les premières heures de la matinée. L´Abbé Pierre "nous a montré la voie de la générosité individuelle et collective", "il manquera à tous les Français", a déclaré le Premier ministre Dominique de Villepin qui conserve "la mémoire d´un homme de coeur et d´engagement, qui a montré à tous le chemin vers les plus démunis".
"Le long cri de colère de l´Abbé Pierre contre la pauvreté ne doit pas s´éteindre ", a affirmé Ségolène Royal, candidate socialiste à l´élection présidentielle.
"De la résistance à l´appel de 1954, de la création d´Emmaüs à son combat contre toutes les formes d´injustice, l´Abbé Pierre était la voix de l´insurrection et de l´interpellation. C´était un homme de combat", a pour sa part déclaré Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l´élection présidentielle.
"Bouleversé", Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans Frontières et ami de l´Abbé Pierre, a salué un "abbé de combat" dont il a appris "la leçon de colère, d´illégalité lorsqu´il fallait".
L´annonce de la mort de l´Abbé Pierre a bouleversé nombre d´anonymes venus discrètement à l´entrée de l´hôpital parisien du Val-de-Grâce où il reposait, pour rendre hommage à "un père" qui, pour certains, les avait "beaucoup aidés". De nombreux SDF interrogés dans Paris - notamment près du canal Saint-Martin, devenu un nouveau symbole du combat pour les sans-logis - déploraient "un grand malheur".
J´parie que t´auras la flemme de tout lire 