Chapitre 18 : Un nouvel allié
Maxi fonça sur Mathias, nunchaku lancé, avant même que celui-ci ait le temps de dégainer son épée. Le jeune homme encaissa le cou en plein estomac, et la violence du coup était telle qu’il plia genoux à terre, en crachant une gerbe de sang. Avant même qu’il n’ait le temps de reprendre ses esprits, il vit arriver le genou de Maxi droit sur son visage. Il reçut le coup au menton, et ce qui l’envoya s’étaler quelques mètres plus loin. Le pirate devait vraiment être très en colère, sa rage s’en ressentait dans ses coups et Mathias sentait que s’il continuait à encaisser des coups d’une telle violence, sa tête ne tarderait sûrement pas à exploser.
De plus, cette bataille commençait beaucoup trop à attirer l’attention sur lui. Les passagers du bateau ayant peu de distraction pendant le voyage, ce « spectacle » était bienvenu pour les tirer de la monotonie du voyage. Certains voyageurs faisaient cercle autour des deux combattants en encourageant l’un ou l’autre pendant que d’autres, peu scrupuleux, commençaient même à organiser des paris sur les chances de victoire de chacun des deux protagonistes. Il tenta donc de raisonner son ami :
« Maxi, qu’est-ce que tu fais ?!! Tu ne te souviens donc pas de moi ? On a combattu Ast… »
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase ,que déjà Maxi, plein de rage, chargeait à nouveau. Mathias ne voulait pas le blesser mais s’il ne faisait rien il allait sûrement être tué, il prit donc son épée tout en laissant sur elle le fourreau, pour éviter de lui causer des blessures trop sérieuses.
Maxi tenta de lui porter un coup à la tête, mais Mathias para à l’aide de son épée. Cependant, étant encore abruti par le coup de genou qu’il avait prit dans le menton, il n’eut pas le réflexe d’anticiper le coup suivant de Maxi. Celui-ci lui fit une balayette, et Mathias s’étala par terre. Il eut cependant la présence d’esprit de ne pas rester immobile et de rouler par terre immédiatement après être tombé, car aussitôt, Maxi frappa de son arme l’endroit où était la tête de Mathias moins d’une seconde plus tôt et défonça le parquet du pont.
« Maxi, tu ne peux pas m’avoir oublié aussi facilement !! » s’indigna Mathias. « Regarde-moi bien ! Regarde-moi et souviens-toi, ou au moins laisse-moi m’expliquer ! »
Maxi le fixa quelques secondes, mais Mathias ne vit brûler dans ses yeux que les flammes d’une haine intense. Il essaya cependant une dernière fois de convaincre son ami de la véracité de ses propos.
« Souviens-toi !! Tu combattais Astaroth, et moi et Mitsurugi sommes venus t’aider !! J’ai vu aussi Kilik et Xianghua, ils s’inquiétaient pour toi… »
« Kilik…Xianghua… » murmura Maxi, comme si ces noms lui rappelaient vaguement quelque chose. Soudain, une douleur intense le prit à la tête et le fit hurler de douleur au point qu’il s’agenouilla, la tête entre les mains, avec sur le visage un rictus de douleur.
« Hé Maxi !! Ca va ? » demanda Mathias, inquiet de le voir tout à coup si mal
« Ne me touche pas !! » s’écria Maxi en lançant un coup de son arme qui rata de justesse Mathias. « Si tu essaies de me déstabiliser pour mieux m’avoir, ça ne marchera pas ! Maintenant, il est temps d’en finir ! »
Maxi se lança à l’attaque en criant, mais dans sa rage aveugle il mit toute sa force dans cette assaut, si bien que lorsque Mathias évita le coup, il se retrouva totalement sans défense. Le jeune homme saisit l’occasion, et asséna à Maxi un coup sur la nuque qui le fit chuter à terre.
Maxi ferma alors les yeux, pensant sa mort toute proche. Mais quand il vit qu’elle ne vint pas, il se risqua à ouvrir les yeux, et vit la main tendue de Mathias. Il saisit la main tendue et se releva, puis, s’adressant à Mathias, il lui dit : « Si tu étais un acolyte d’Astaroth, tu m’aurais sûrement tué, mais tu ne l’as pas fait…Alors, si tu n’es pas un des sbires de cette ordure, qui es-tu ? »
Mathias lui expliqua alors dans quelles circonstances ils s’étaient rencontrés et quittés, et ce qui l’avait amené à nouveau à entamer une nouvelle quête, tout en omettant soigneusement de mentionner la présence maléfique qui l’habitait.
« Mais tout à l’heure tu as mentionné deux personnes. Qui sont-elles ? » demanda Maxi.
« Tu parles de Xianghua et de Kilik ? A ce que j’avais compris, tu voyageais avec eux avant de combattre Astaroth. D’ailleurs, ils semblaient assez inquiets, ils ne savaient pas du tout ce qui t’était arrivé après que tu l’ai combattu. »
« C’est bizarre, je me souviens bien avoir combattu Astaroth, mais je ne me souviens pas du tout de toi, ni des deux personnes dont tu me parles. Cependant, quelque chose en moi me dit que ce que tu dis est vrai… »
« Mais dis-moi…tu te souviens au moins que maintenant, Astaroth est mort, non ? » demanda Mathias. « Il a été tué par les villageois, tu te souviens au moins de ça ? »
« Oui, je me souviens. » répondit Maxi. « Mais, alors que je me rétablissais au village, des rumeurs ont commencé à circuler à propos d’un géant armé d’une hache qui terrorisait la population voisine. J’ai aussitôt compris que c’était lui : je ne savais pas encore à l’époque comment il avait fait pour revenir d’entre les morts, mais c’étais quasiment sûr qu’il s’agissait de lui. Malheureusement, les blessures que j’avais subi lors de mon combat contre Astaroth m’avaient sérieusement diminué, et je n’étais pas en état de repartir à l’aventure. Comme le médecin du village ne pouvait rien pour moi, je suis parti voir un homme qui se prétendait guérisseur. Il m’a fait plusieurs incisions avec un morceau de métal bizarre, puis il me l’a enfoncé dans le ventre !! Au début j’ai cru que ça allait me tuer, mais finalement la blessure qu’il m’a faite en m’enfonçant le morceau de métal dans le ventre s’est régénérée d’elle-même, c’était incroyable !! »
« Un morceau de métal tu dis ? » demanda Mathias, soudain avide. « De quel couleur était ce métal ? »
« Oh, d’une couleur assez ordinaire, proche du blanc métallique. Pourquoi ? »
« Oh non, pour rien » répondit Mathias, visiblement déçu. « Hé, reprit-il, qu’est-ce que tu dirais de m’accompagner ? Astaroth recherche sûrement Soul Edge lui aussi, et si on cherche l’Epée tous les deux, tu trouveras sûrement ce que tu cherches !! Et puis qui sait, peut-être même que tu découvriras comment tu as perdu tes souvenirs ! Alors, qu’est-ce que tu en dis ? »
« Hum, c’est une bonne idée…Et puis, il vaudrait vraiment mieux que je voyage avec toi parce que, vu la façon dont tu te bats, tu ne tarderais pas à te faire massacrer !! » répondit Maxi en riant.
« Parle pour toi plutôt !! » répliqua Mathias avec un sourire. « Mais, juste une question avant qu’on prenne la route ensemble : la première fois que je t’ai vu tu étais blond avec des cheveux longs, et maintenant je te retrouve avec les cheveux noirs… »
« Ah, ça ! En fait, comme cette région était sous le contrôle d’Astaroth, je ne voulais pas qu’il me reconnaisse alors je me suis déguisé. A l’époque j’avais les cheveux longs, j’ai acheté une teinture de tapis et je me suis teint les cheveux avec. »
« Ah d’accord !! Parce j’ai eu un peu de mal à te reconnaître ! »
« Si seulement je pouvais dire ça aussi » soupira Maxi. « Mais je ne me souviens toujours pas de toi… »
« Ne t’en fais pas, à force d’être ensemble tu te souviendras sûrement de moi, et tu récupèreras les souvenirs que tu as perdu avec un peu de chance. » lui dit le jeune homme
« Espérons que tu as raison… »
Ils passèrent tout le reste de la journée à discuter, chacun évoquant leur parcours depuis le jour où ils s’étaient rencontrés la première fois, cependant Mathias ne mentionnât pas les moments où il avait été Chasm : il le lui dirait peut-être un jour, mais ce n’était pas une bonne idée de le lui dire alors qu’ils venaient à peine de se retrouver, il ne pourrait pas comprendre.
Le ciel pourpre commençait déjà à s’obscurcir des premières ténèbres de la nuit, et le brouillard se dissipant laissait deviner à l’horizon les côtes de l’Angleterre.
« Bon, je pense qu’il est temps pour nous d’eux d’aller se coucher, il vaudrait mieux être frais pour demain » dit Mathias
« Pourquoi ?» demanda Maxi.
« Tu sais, depuis que je suis à la recherche de Soul Edge, il y a bien une chose que j’ai apprise : quiconque recherche cette épée ne connaît pas le répit, il doit être prêt à se battre à tout instant. Il se pourrait d’ailleurs qu’on ait à se battre demain. Alors repose-toi et tiens toi prêt pour demain. »
« Je suppose que tu as raison. Hé bien, bonne nuit alors ! »
Sur ces mots, ils se séparèrent ,chacun allant vers leur cabine respective, chacun se demandant ce que leur réserverait la journée de demain