Voyez vous, si j´ai mis tant de temps c´est parceque... oh puis je sais que vous vous en fichez, alors hop, la suite
Chapître 14 : Dévalée sur le Jukaly.
De loin, le Jukaly semblait blanc, à cause des nombreuses retombées de neige. Mais de plus prés, le gris et le vert dominaient, et une mystérieuse tâche rouge subsistait.
Un hérisson en fait, Shadow, accompagné de son gardien accroché à son épaule, Zéphyr. Ils descendaient la montagne à toute vitesse, sans s´arrêter, sans se reposer. Ils esquivaient arbres, rochers, animaux sans ralentir et sans faillir, avec une facilité déconcertante. Après leur passage, des tas de neige était projetés en l´air, et ils recouvraient les amis retardataires des surfeurs fous : Corthus et Ashura. Si Corthus était vieux et avait beaucoup vécu, Ashura, elle, était la fougue même, avec ses mèches vertes resplendissantes et ses yeux noirs pétillants ; elle était l´âme de la nature. Les pauvres animaux apeurés fuyaient à des centaines de mètres, car si leurs engins se déplacaient silencieusement , partout dans la montagne on entendait les cris et les rires, si nombreux et si forts.
Au cours de sa fabuleuse descente, Shadow vit une bosse beaucoup plus risquée que les autres; elle s´élevait jusqu´à faire trois fois sa taille. Il s´arrêta de rire, et se contenta de regarder le tremplin en souriant malicieusement et se baissa, accélérant brusquement, le vent lui sifflant aux tempes. Arrivé au moment du saut fatidique, il décolla, tel une fusée rouge et noir dans le blanc des nuages, toujours plus haut, voulant dans son euphorie rejoindre les doux duvets des édredons blancs. Zéphyr criait de joie, et Shadow lançait des " yahoo !! ! " sonores. Puis, lentement, ils ne montèrent plus, et se mirent à retomber, tel des pierres dans de l´eau. Mais ils eurent beau subir une retombée dure sur la neige, ils riaient toujours, plus joyeux que jamais.
De loin le premier, les autres le suivaient avec peine, prenant plus ou moins bien les obstacles passés facilement par Shadow. Il vit alors un sérieux problème ; des bâtiments militaires se profilaient en dessous lui sur la piste, inévitable. Les ayant probablement entendus, des gardes Mizutiens sortirent de l´avant poste alertés, armés de grandes lances longues et effilées et de boucliers gigantestes. Ils s´étalèrent sur toute la largeur de la descente, formant un blocus imparable et indissoudables. Mais Shadow ne s´en n´inquiétait pas, occupé qu´il était par sa recherche de toujours plus de vitesse. Shadow riait toujours. Tandis que les deux autres surfeurs le rattrapait, son gardien prit un aspect inquiétant : Ses grands yeux bleu pâles se foncèrent, et commencèrent à briller intensément. Il ne criait plus, et était incroyablement silencieux, d´un silence fort inquiétant.
Shadow commençait à se débattre de la joie ensorcelante, quand la montagne se souleva. Les trois hérissons se retournèrent, un bruit sourd enflait derrière eux : une avalanche dévalait les flancs du Jukaly. Ils furent soulevés comme des plumes, la vague de neige les emportait sur elle. Ils montaient, montaient, montaient, jusqu´à ce que le phénomène atteigne la taille d´un grand immeuble ; Un vrai monstre. Les mizutiens semblaient des fourmis de là haut, mais leur hystérie restait distincte : ils étaient complètement affolés par ce cataclysme imprévu et dévastateur. , Shadow tentait désesperément de se libérer de l´emprise tenace, mais en vain, la vague semblait posséder des mains qui le serraient. Les mizutiens faisaient peine à voir, ils se débandaient, courant en tous sens, véritablement paniqués par la masse hallucinante.
Puis enfin cela arriva, elle s´abattit sur eux, ne leurs laissant aucune chance de lui échapper, comme un crapaud gobe une mouche. Aussitôt après elle disparaissait. Shadow et les autres virent le sol se rapprochaient d´eux, à une rapidité affolante. Heureusement, la neige avait amorti la chute, et, entrainés par leur vitesse ils continuèrent à descendre, mais il manquait quelqu´un. Zéphyr. Après la gigantesque vague, il avait disparu subitement. Shadow mit un certain temps avant de s´apercevoir, et quand il l´aperçut, c´était trop tard ; depuis trop longtemps le chao avait voltigé dans la montagne, quelque part. Il commençait à perdre son sourire, quand un point vert jaillit brusquement du blanc pour sauter sur l´épaule de Shadow ; il était revenu, et ses yeux avaient perdu de leurs éclats puissants. Il semblait défait de l´euphorie perpétuelle, et il avait retrouvé sa gravité de gardien averti.
Mais brusquement, la piste s´arrêta devant une gigantesque falaise.