23 ans, l’ex-international Espoirs Michael Ciani a retrouvé à Lorient la confiance d’un coach et dans le même temps un très bon niveau. Après un parcours sinueux, le voilà de nouveau sur la bonne route.
Dimanche, Michael Ciani était déçu de ne pas se mesurer au Toulousain Johan Elmander forfait. Amoureux du duel - « mon point fort » - le défenseur central espérait se mesurer au « puissant » Suédois. Il s’est contenté de contrôler son ex-coéquipier Gignac. Comme il avait pris la mesure la semaine précédente de Djibril Cissé et de Mamadou Niang à Marseille. Et comme il avait contribué à éteindre l’attaque niçoise la semaine d’avant. Après avoir pris l’eau à Auxerre (Ndlr : défaite 5-3), la défense lorientaise s’est remobilisée, à l’image du colosse (1,89m, 88 kg) Michael Ciani redevenu intraitable. Fabien Audard a préservé du même coup sa cage inviolée depuis trois matchs. « On a eu un coup de moins bien derrière à l’image de l’équipe », reconnaît humblement Michael Ciani. Contre Toulouse, après près de trois mois de disette, Lorient a confirmé sa solidité défensive et a même regoûté à la victoire qui fuyait le FCL depuis le succès contre Lyon.
Le retour en forme de ce fan de Lilian Thuram (joueur et homme) n’y est pas pour rien. Si dans la presse locale, on râle encore contre sa qualité de relance, le défenseur n’a jamais perdu de crédit auprès de Christian Gourcuff. Prêté la saison passée par Auxerre, transféré cet été, le solide arrière central a en effet retrouvé son meilleur niveau dans le Morbihan. Sa trajectoire se révèle particulière : international Espoirs alors que la France du football ne le connaît pas, l’ex-joueur de la Colombienne et du Racing (Hauts-de-Seine) a eu du mal à confirmer ses promesses, notamment quand il a débarqué de Charleroi pour Auxerre. « J’ai eu un peu de difficultés à Auxerre. Je suis allé à Sedan, ça a marché, mais je n’ai pas pu resigner. Je suis parti à Lorient et ça a marché aussi bien. Je ne reprends pas à zéro, mais je reprends la marche sur le bon chemin. »
« L’échec auxerrois »
Les routes sinueuses, Ciani connaît. « En région parisienne, il y a plein de jeunes qui n’arrivent pas à percer. Moi, j’ai eu l’opportunité de signer un contrat pro en Belgique en sortant des 18 ans nationaux. Ce n’était pas courant. J’ai saisi ma chance à Charleroi. » L’exil est convaincant. Ciani montre outre-Quiévrain qu’il a le niveau. « Avoir des matchs dans le Championnat belge, c’est quand même être pro dans l’élite », nous explique-t-il. Le gamin de Colombes espère alors décoller à Auxerre, découvrir l’Europe, etc… Mais c’est raté. « Quand je suis arrivé, l’AJA avait une équipe en place, venait de gagner la Coupe de France. Il y avait beaucoup de gens dans l’axe. Ça a été difficile de jouer. J’ai été mis sur le côté. Auxerre marchait bien. Kaboul et Mignot étaient en pleine ascension. Je suis resté sur le côté, je ne voulais pas rester une saison de plus. »
Du coup, le garçon continue son tour d’Europe des villes pas vraiment lumières. Ce fan de la Capitale découvre, après Charleroi et Auxerre, Sedan et Lorient. Mais comme le foot prime pour cet homme sérieux sur la vie la nuit, les années passent sans déprime. A Lorient surtout, il tombe sur un entraîneur nommé Gourcuff qui lui fait une confiance totale et le « fait beaucoup progresser tactiquement. » Pour Ciani, être au point tactiquement lui permet de s’améliorer dans d’autres domaines : « On est mieux placés, on couvre mieux, on trouve plus facilement ses partenaires, donc la relance en bénéficie. Beaucoup de choses passent par la tactique. » Aujourd’hui, ses progrès ne passent plus inaperçus. A 23 ans, son profil très britannique plaît de l’autre côté de la Manche. Si jouer un jour dans une autre ville « un peu triste » comme Lens ne lui déplairait pas, car « c’est un grand club », l’étranger semble être le prochain passage de ce chemin sinueux. Reste donc à savoir où débouchera cette route.