L1. Marseille - Lorient. Souviens-toi l’an dernier
Le danger n’est pas forcément là où on le pense. Lors de ses déplacements chez les supposés ténors du championnat, le FC Lorient a toujours affirmé sa manière et très souvent ramené des points. Un constat à confirmer demain au Vélodrome, un stade qui les fait toujours autant rêver.
La salaire de la peur
« C’est un contexte vraiment à part. Dans aucun autre stade, on ne trouve un engouement comme à Marseille ou au Parc des Princes. Forcément, on a envie d’aller y jouer. » Pour Jérémy Morel comme pour tous les joueurs des clubs « normaux » de Ligue 1, un déplacement à Marseille reste toujours un événement particulier dans la saison. Un rendez-vous qui fait dresser un peu les poils sur les bras, qui donne quelques frissons. Elles pourraient paralyser, mais ces ondes un peu électriques ont presque toujours eu un effet positif sur le comportement de la formation lorientaise. La victoire au Vélodrome l’an passé, les deux succès décrochés successivement au Parc des Princes, et même la défaite contre le cours du jeu concédée à Lyon l’an passé ont mis en exergue la capacité de cette formation à se sublimer dans la difficulté.
« Le groupe se ressoude »
Une réalité à laquelle Christian Gourcuff, l’entraîneur lorientais, trouve des explications rationnelles. « Dans ces situations où il y a de la crainte, on assiste à un renforcement de la solidarité et du souci collectif. Le groupe se ressoude collectivement. » Christophe Jallet, qui avait muselé l’an passé Ribéry au Vélodrome, confirme cette sensation. « C’est évidemment un très bon souvenir, avec la victoire au bout, car c’était, pour moi, l’un des premiers gros matchs. Quand on a un peu peur des joueurs en face, qu’il y a la possibilité que l’on prenne le bouillon, il y a certainement un peu plus d’attention, même si c’est inconscient. On aime bien ce genre de matchs. » Bref, quand le danger plane et que le risque d’être ballotté se fait jour, le FC Lorient a souvent démontré sa capacité à se recentrer sur ses vraies valeurs, à savoir un engagement maximal et une organisation tactique éminemment rigoureuse, capables de gêner n’importe qui dans ce championnat à faible valeur ajoutée. Dans ce sens, le match de l’an passé au Vélodrome fait évidemment référence.
« La même combativité »
Un an après, quasiment jour pour jour, les Lorientais vont tenter de renouer avec le fil conducteur parfait du spectacle de l’an dernier. « C’est certainement un de nos meilleurs matchs à l’extérieur, rappelle Michaël Ciani. Il faudra avoir la même combativité, le même sérieux samedi. » La référence est en effet toute trouvée pour l’entraîneur lorientais. « C’est le match que j’ai le mieux vécu l’an passé. Malgré la poussée marseillaise, on avait bien contrôlé la partie, c’est une victoire que l’on avait construite. » La voie est forcément tracée, sans que le résultat ne soit évidemment garanti. Car, comme le rappelle Christian Gourcuff en forme d’avertissement : « Le passé, c’est le passé. »