L1 / LORIENT :
L´archange Abriel
mardi 11 septembre 2007 - 14 h 46 - Olivier DE LOS BUEIS
L´archange Abriel
PANORAMIC
Connu avant tout pour son amitié avec Nicolas Anelka, l´excellent et régulier Fabrice Abriel mériterait de l´être pour son talent. Football365 vous emmène à la découverte d´un des meilleurs joueurs de L1.
A 28 ans, Fabrice Abriel présente la caractéristique d´avoir joué les 76 matchs de championnat des deux dernières saisons : deux saisons complètes. Une statistique rare pour un joueur de champ. En plus d´être régulier, il monte en puissance. Christian Gourcuff n´hésite pas à le mettre en avant à chaque occasion, pour souligner que dans son collectif, les individualités peuvent briller de mille feux. Et Abriel brille. Il illumine les soirées lorientaises. Activité, jeu court, jeu long, Abriel veille sur le (beau) jeu de sa formation : « En choisissant de venir à Lorient, confie-il à Football365, j´avais choisi une équipe qui jouait au ballon, une équipe qui pour s´en sortir, doit être très collective. Par le passé le beau jeu lorientais m´a toujours plu. » Ex-numéro 10 ou 9 et demi à Guingamp et Amiens, Abriel aurait pu redouter son recul sur le terrain, mais Gourcuff l´a convaincu facilement en lui assurant qu´il ne regretterait pas de devenir milieu défensif : « C´est le discours que « coach Christian » m´avait tenu avant de venir. Je jouais plus haut à Amiens ou à Guingamp. Il m´a dit : « Je ne joue pas avec un 10, mais avec deux attaquants et deux 6. Pour moi, le meneur de jeu est un 6. J´aime bien être face au jeu et toucher beaucoup de ballons, c´est ce que je voulais. Je ne me suis pas trop trompé sur l´évolution de mon jeu. Je suis bien content d´être au coeur de l´action pour défendre ou attaquer. »
Abriel se démène. Et à 28 ans fait taire les détracteurs dans l´exigeant schéma tactique de Gourcuff. Dans un rôle exposé aux cartons et aux blessures, un ange-gardien semble veiller sur le joueur, jamais absent : « J´ai la chance de ne pas trop connaître de blessures. Je suis content de faire la saison pleine. Ça démontre une certaine hygiène de vie, une certaine régularité dans le travail. Mais il ne faut pas s´arrêter là, il faut continuer. Après c´est à moi de faire de bons matchs. » A en croire ses entraîneurs, les journalistes locaux et les supporters, cet Abriel-là ne les décevraient pas sur ce plan. Même les coachs adverses reconnaissent son importance. S´il repousse la comparaison avec un autre ex-Parisien reconverti en numéro 6, Daniel Bravo, Abriel, un brin flatté, accepte celle avec les milieux espagnols du Barça Guardiola, Xavi ou Iniesta : « Je préfère la comparaison avec Xavi ou Iniesta qu´avec Bravo, car ils touchent beaucoup de ballons, qu´ils fluidifient le jeu de leur équipes. Daniel Bravo, c´était un pur attaquant. Lui, on peut plus le comparer au Toulousain Dieuze. » En réalité, Abriel retrouve un poste connu lors de sa formation au PSG : « A Paris, j´étais formé en 6. En pro, on m´a fait monter plus haut pour faire profiter de ma dernière passe. Mais ici, la dernière passe on n´en a pas besoin dans notre système, car tout le système est basé sur la multiplication des passes. »
« Mon amitié avec Nicolas, je ne l´échangerai pas »
Malgré ce profil intéressant et les louanges de grands techniciens, on continue de peu parler d´Abriel. Son nom a rarement été associé à l´équipe nationale où il ne ferait pourtant pas tâche. Pour certains, il est et restera avant tout « le grand ami de Nicolas Anelka » avant d´être un bon footballeur. Cela lui pèse-t-il ? La réponse vaut le détour : « Non. J´ai une chance justement. C´est qu´il existe. Si un entraîneur comme Christian Gourcuff me fait venir c´est pour mon jeu, mon football... Pas pour le reste. Jean-Louis Gasset à Bordeaux m´a dit qu´à Paris, avec Luis Fernandez, il avait vu la qualité que j´avais mais m´a dit que je traînais des casseroles. Ca veut dire qu´on m´assimilait avec Nicolas Anelka avec qui j´étais à Paris en étant jeune. Ça m´a peut-être fermé des portes. Je ne sais pas... Mais aujourd´hui, mon football reste le même et je progresse. Mon amitié avec Nicolas, je ne l´échangerais pas. Si on m´avait dit de choisir entre être son copain et jouer au foot, j´aurais choisi... de ne pas changer d´ami. Un ami c´est pour la vie ! Même si ça ne donne pas à manger tous les jours. »
A force de travail, Fabrice Abriel mérite de voir s´ouvrir de nouvelles portes. Celles de l´équipe de France ? Modeste, il affirme que ce n´est pas sa priorité : « Pierre Ménès en a parlé un peu à 100% Foot. Je ne revendique pas de jouer en équipe de France. Chaque chose en son temps.
Pour aller relever le défi en équipe de France, pour moi, il faut jouer le haut niveau, les premières places en championnat et la Coupe d´Europe. Mais après, certains ne jouent pas ça non plus... D´autres ne jouent même pas dans leurs clubs. L’objectif principal pour moi, c´est que mes dirigeants soient contents de l´investissement sur moi et que mes partenaires aient confiance en moi. C´est mon travail au quotidien. Le reste, après, ça arrive ou pas. C´est comme les médias, je n´attends pas, et je me remets tous les jours en questions. » Si la porte bleue reste pour le moment fermée, celle tango du FC Lorient pourrait logiquement s´ouvrir pour laisser l´Archange Abriel filer vers d´autres cieux plus prestigieux : « Je ne vous cache pas que pour la progression d´un joueur, il faut savoir évoluer. Ce qui est clair, c´est que j´espère évoluer avec l´équipe jusqu´à la fin de saison et si on termine dans les dix premiers, je serai très heureux. Si des clubs viennent me voir, alors, on avisera. Je ne suis pas figé à Lorient, mais je ne suis pas pressé de partir. » Mais Abriel sait que pour être reconnu, un gros club ne serait pas un mal : « Quand vous êtes brillant à Marseille, télévisé tous les dimanches, c´est beaucoup plus facile d´avoir un gros impact médiatique. Mais ça ne me gêne pas d´être moins médiatisé et de rester régulier. Ça ne me dérange pas qu´on ne m´attende pas. En fait, j´aime bien cette position. » Lorient ne s´en plaint pas non plus pour le moment...
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