15/02/2007
Foot - L1-PSG : Cayzac : «Tout part de Lorient»
Pour Alain Cayzac, le poste de président du Paris-SG a longtemps semblé un fauteuil avec vision sur les ténèbres, synonyme de dégringolade sportive et drames extra-sportifs. Mais le PSG retrouve du souffle sous la houlette de Paul Le Guen avec deux victoires de suite, contre Monaco en L1 (4-2) et sur le terrain du Panathinaikos en Coupe de l´UEFA (2-0). «J´ai dit aux joueurs qu´il y avait un phénomène "petit-bras"», explique-t-il après-coup.
«Alain Cayzac, après tant de difficultés, comment appréhendez-vous cette bonne passe ?
Ce que j´ai vécu cette saison, c´est la situation la plus défavorable que peut connaître un président de club. La mauvaise défaite contre Lorient (à domicile lors de la 1re journée, 3-2), avec des buts surréalistes, ceux de Fiorese, a plombé beaucoup de choses. On rencontre ensuite des problèmes d´arbitrage avec une succession de décisions qu´on a pas très bien comprises. Un joueur comme Mario Yepes ne savait plus trop comment s´y prendre. Il en a perdu sa place de titulaire. Puis la suspension absolument exagérée de Pierre-Alain Frau. En fait, on a jamais trouvé la régularité. Certains événements étaient sportifs. Là, on ne peut s´en prendre qu´à nous mêmes. Mais plus important que tout, il y a le drame de la soirée contre Tel-Aviv (le décès de Fabrice Quemener). On peut aussi évoquer l´affaire Dhorasoo. J´ai pensé qu´il fallait prendre des décisions d´entreprise. Dans le foot, certains critiquent parfois leur propre entreprise. Ce n´est pas ma culture.
Avez-vous été découragé à un moment ?
Jamais. Je n´en avais pas le droit. J´ai pris ce poste comme une responsabilité et non comme un rêve. Je suis au PSG depuis longtemps et je ne pouvais le refuser quand on me l´a proposé.
Vous avez dit que vous ne vous seriez pas séparé de Guy Lacombe si Paul Le Guen n´avait pas été disponible. Mais auriez vous pu le soutenir plus longtemps ?
J´ai tout fait pour éviter de changer d´entraîneur. Je déteste ça. Après la défaite contre Valenciennes (2-1 au Parc, 20e journée) cela devenait vraiment difficile. J´ai eu la chance, et je l´ai favorisée, que Paul Le Guen soit libre. Sinon j´aurais tout fait pour continuer. Un entraîneur ne doit pas être là pour quelques temps sinon, un an après, on se retrouve avec de nouveaux problèmes. Il fallait une décision durable car nous avons eu tout de même beaucoup d´entraîneurs en peu de temps.
Quel était selon vous le coeur du problème ?
Le problème du PSG - et je l´ai toujours dit - c´était la confiance. J´ai une culture de tennisman et j´ai dit aux joueurs qu´il y avait un phénomène "petit-bras". Cette défaite contre Lorient a vraiment tout déclenché. Paul (Le Guen) apporte de la sérénité, une autorité naturelle, ce qui se traduit positivement dans les chiffres. Alors bien sûr nous sommes seizièmes, donc inquiets. Mais cela doit devenir une inquiétude positive. Ce que j´ai vu dernièrement est très prometteur. La défaite à Lille (1-0) est marquée par une décision arbitrale une nouvelle fois difficilement compréhensible. Mais cétait très bien contre l´OM (1-1), spectaculaire contre Monaco (4-2), efficace à Athènes...
De ces deux victoires enchaînées, que retenez vous en priorité ?
Ce qui m´a surtout plu, c´est qu´on a montré qu´une jeune génération de joueurs pouvait tenir le cap. On a beaucoup critiqué le PSG en disant qu´il n´utilisait pas ses jeunes. Or on commence à en sortir des très bons et c´est quelque chose qu´on peut mettre au crédit que Guy Lacombe. Sakho a fait ses débuts à Athènes - on a déjà vu plus facile - et il s´en sort très bien. Au delà de ça, ce sont les trois joueurs les plus décriés (Mendy, Traoré et Diané) qui se sont mis en avant mercredi. C´est une mode dans ce milieu, une mode que j´abhore, que de choisir des cibles. A un moment, "on" a décidé que Traoré était une erreur (de recrutement). A Athènes, il marque de la tête comme il le faisait à Nice. Et je crois toujours que Diané sera un grand joueur. Comme Rothen, même si je ne veux pas juger l´action de Guy Lacombe avec lui. Il a été blessé et on ne peut pas empêcher une plus ou moins grande adéquation entre un joueur et un entraîneur.»