Le milieu de terrain lorientais Ulrich Le Pen s´est particulièrement illustré à l´occasion de la 11e journée de Ligue 1 face à Valenciennes. Mais pas dans son rôle habituel d´homme du couloir gauche. L´ancien Strasbourgeois a brillé dans la cage bretonne après la blessure de Fabien Audard et l´expulsion de Lionel Cappone. Héroïque, Le Pen a repoussé avec brio les offensives nordistes et permis aux Merlus de conserver leur but d´avance pour décrocher les trois points. Sans jamais céder à l´anxiété, Le Pen a su parfaitement gérer l´heure passée comme dernier rempart des Merlus. Un authentique exploit !
Ulrich s´est fait un nom ! Un nom qu´il porte depuis toujours mais qu´il n´avait même pas sur son maillot, samedi soir sur la pelouse du Moustoir. Un maillot qu´il a pourtant bien mouillé mais qui était floqué du nom du portier numéro un des Merlus, Audard, sorti sur blessure après seulement neuf minutes de jeu. Si ce nom n´a pas fait trop d´ombre à sa carrière, il lui a, il y a quelques années, fermé bien des portes... et des micros. Les médias n´ont jamais fait d´Ulrich Le Pen un habitué des confessions d´après-match. Si le milieu offensif gauche a offert de jolis buts et de beaux moments aux supporters de Strasbourg notamment, c´est sur ses terres, en Bretagne, et dans une position qui n´est pas la sienne qu´il a marqué les esprits, peut-être pour longtemps.
"Je savais qu´il était bon"
Interrogé il y a quelques années sur la difficulté à porter ce nom, connu en terre morbihannaise, Ulrich Le Pen avait eu ces mots simples : "c´est mon nom, celui de mon père, pourquoi en changer !" Samedi, pour le compte de la 11e journée de Ligue 1, Le Pen a été héroïque. A peine les gants enfilés, le natif d´Auray s´employait sur le coup franc de Roudet consécutif à l´expulsion de Cappone (24e). Une mise en mains en somme ! "A la fin de pratiquement toutes les séances, il se mettait dans le but. Je savais qu´il était bon. J´ai pourtant averti mes joueurs à la mi-temps", déclarait Antoine Kombouaré, le coach valenciennois à l´issue de la rencontre. L´ancien joueur du PSG, pour avoir côtoyé Le Pen pendant deux saisons à Strasbourg, sait de quoi il parle. Et le Lorientais lui donnait raison. Au retour du vestiaire, le portier intérimaire s´interposait devant Dossevi (52e), puis face à Haddad (58e). Décisif, Le Pen l´était à nouveau en fin de rencontre. Il se détendait parfaitement sur une frappe de Paauwe (87e) puis bloquait l´ultime tentative nordiste de Bratu (90e).
Bon pied, bon oeil
"Il a été très bon, il a su s´imposer dans le jeu aérien, a montré qu´il savait plonger. Soit il s´entraîne en cachette, soit c´est vraiment un bon gardien", confiait pour sa part Nicolas Penneteau, le portier nordiste. A 32 ans, l´ancien Rennais décroche son moment de gloire, à un poste très loin de ses repères habituels en compétition. Ulrich Le Pen, fou de joie après le coup de sifflet final, tempérait toutefois ses propos : "J´ai vécu une soirée difficile. Il faut toujours être sur le qui-vive, diriger sa défense. Mais forcément, je suis content. Mes coéquipiers m´ont bien aidé". A l´instar d´un Eric Cantona qui ne se voyait pas évoluer à un autre poste que celui de gardien ou d´attaquant, ou encore d´un Jean-Pierre Papin qui aimait prendre place dans la cage lorsqu´il évoluait à Marseille, Ulrich Le Pen aime à jouer les portiers. Aussi à l´aise balle au pied que ballon en main, le Morbihannais s´est peut-être trouvé une nouvelle vocation, à bientôt 33 ans. Il a en tous cas dégagé samedi soir une étonnante facilité.