Les Verts s'extériorisent
Retour vers le futur, pour Caen et Saint-Etienne, samedi (1-3). Les Caennais, bourrasques de la fin d'année 2007, en sont revenus au même stade qu'en tout début de saison, lorsqu'ils étaient des promus faciles à promener. Volontaires mais terriblement naïfs en défense, ils se demandent encore comment ils ont pu clore la première période avec trois buts encaissés malgré une domination territoriale incontestable. Les Verts, eux, jadis épinglés pour une qualité de jeu stérile, ont remporté une victoire éclair et spectaculaire grâce un incroyable réalisme. Elle redresse leurs statistiques à l'extérieur. Après Nancy (4-0), ils remportent leur deuxième victoire consécutive pour la première fois depuis le mois d'octobre. Les deux équipes se croisent dans le ventre mou du classement : Saint-Etienne est provisoirement neuvième et Caen, onzième.
A la mi-temps, Franck Dumas a parlé de «science fiction» pour qualifier le doublé de Dernis (19e, 36e, sur deux superbes frappes flottantes) et le but de Bafé Gomis inscrit à la 27e d'un tir du gauche croisé. A la demi-heure de jeu, l'attaquant des Verts avait frappé le poteau suite à un centre de Feindouno, qui rayonne dans son nouveau rôle de deuxième attaquant axial. Dernis heurterait à son tour la barre transversale sur coup franc (65e), dans la foulée de la réduction du score de Compan, bien lancé en profondeur face à des Stéphanois moins concentrés (64e). A un moment, le fantôme de la défaite à Lens (2-3) a resurgi, mais les Normands montrèrent assez vite qu'ils n'avaient pas assez d'essence.
Trente-trois tirs, sept cadrés pour Caen !
Les deux équipes n'ont pas arrêté de jouer : trente-trois tirs dans le match, dont dix cadrés. Parmi eux, sept pour Caen ! Le public caennais ne s'y est pas trompé. Malgré la déception, il a applaudi le spectacle. Notamment les sorties de Feindouno et Gomis. Des gestes de fair-play que la France méconnaît le plus souvent. «Le plus du est derrière nous, constatait Laurent Roussey avec soulagement, au micro de Canal+. Dans le football, tout va vite. Nous avons un groupe jeune, construit pour trois ans. Dans ces cas-là, tout ne peut pas être toujours comme on le voudrait, notamment sur le plan psychologique. Mais on a vu des joueurs désormais capables de se faire violence.»
http://www.lequipe.fr/Football/breves2008/20080223_191826Dev.html