mais je trouve que zidane et henry ca va pas du tout ensemble meme Sur le plan footballistique, ce qui est plus grave, Zidane et Henry sont presque aussi incompatibles que dans la vie. Pour faire simple, disons que Zidane transforme magnifiquement par un jeu en boucles (ses arabesques) des réceptions rectilignes en propositions de jeu ouvertes. Zizou ouvre des possibles et transmet à ses attaquants non pas des solutions toutes faites (des « droits au but ») mais des suggestions de directions pour aller au but. Sur une passe de Zidane, et c´est le ressort de son génie, contrairement à un Giresse qui, dans son style, était un n°10 extrêmement directif, l´attaquant doit, au moment où il reçoit le ballon, tracer lui-même son chemin vers le but parmi deux ou trois possibilités. Or, Henry n´aime pas ça. Il n´aime pas tant les ouvertures du champ des possibles que des directions imposées. Ainsi, ce qui plombe le travail des deux hommes, c´est par nature, le caractère trop brillant et démocratique du leadership de Zidane. Cela ne veut pas dire, comme on le caricature souvent, qu´Henry (qui n´est pas Cissé) n´est bon que lorsqu´il reçoit des ballons dans l´espace. Henry a beaucoup progressé et a une formidable capacité à creuser un sillon vers le but et à éclaircir et forcer une trajectoire, lorsque celle-ci lui est indiquée clairement. C´est pour cela qu´il aime particulièrement Pirès et Bergkamp à Arsenal. Avec Zidane, il se heurte à un choix au moment de la prise de balle qui n´est pas dans ses habitudes.
Pour parvenir à rendre les deux hommes compatibles, le sélectionneur n´a pas 36 solutions. La seule, refusée par Lemerre en 2002, est finalement de contraindre Zidane dans son jeu en lui adjoignant un relais haut (Wiltord peut être cet homme là) qui facilite sa progression vers l´avant et bizarrement le conduit à faire un choix pour l´attaquant sous la pression de l´adversaire. A cette place, son talent n´en est que plus éclatant (lorsqu´il est en forme) car Zidane devient le directeur de jeu qu´il n´est pas naturellement. Une variante de cette option, et qui a forgé le succès en 1998, est de faire glisser Zidane sur la gauche, endroit depuis lequel il délivre des ballons plus fermés et autoritaires que lorsqu´il travaille assez loin du but et dans l´axe. Le secret peut enfin venir tout seul d´une faute tactique de l´adversaire qui pratiquerait sur Zizou un marquage individuel ou à la culotte le contraignant à forcer sa nature, au lieu de le laisser flotter sur la zone avant.
Ce qu´on peut retenir de cette analyse, c´est bien qu´Henry et Zidane incarnent à eux seuls deux solutions très modernes et performantes mais antagonistes par nature. Deux joueurs d´exception, dans ce cas précis, ne donnent pas deux fois plus de chances de marquer mais probablement deux fois moins
si ce sont 2 joueurs enormes