Si sur le papier, le Groupe H semblait le plus faible du premier tour de la Coupe du monde, cette impression a volé en éclat par la grâce de l´Espagne, étourdissante de talent et d´efficacité face à l´Ukraine mercredi à Leipzig (4-0). Si cette victoire, la plus large à ce jour dans ce Mondial, n´efface pas d´un coup, d´un seul des années d´échec dans l´épreuve pour les Espagnols, elle est la promesse de lendemains qui chantent, et sûrement très rapidement. D´autant que leurs adversaires du jour, réduits injustement à dix peu après la mi-temps, totalement sonnés par la suite , ont bien pu compter sur Andreï Chevtchenko, peu sollicité au final.
Preuve de la profondeur du réservoir espagnol, le sélectionneur Luis Aragones avait décidé de se priver au coup de sifflet initial de Raul - ce qui était prévu - mais aussi de Fabregas - ce qui l´était un peu moins. Sans son très jeune meneur de jeu (19 ans et un mois), titulaire pour Arsenal en finale de la Ligue des champions (ce qui n´offre aucun avantage, confer Ludovic Giuly), le onze de base comptait tout de même sept joueurs nés dans les années 1980. Le jeu en était logiquement plus vif qu´ailleurs, à tout hasard à Stuttgart, mais aussi plus inspiré, en deux mots plus émouvant . D´appels en dédoublements avec trois milieux pressant très haut, de triangles en frappes cadrées, souvent par l´excellent Brésilien naturalisé de Villarreal Marcos Senna, les Espagnols ont offert une démonstration, entre rigueur et liberté.
Et si la première occasion était ukrainienne, une tête au dessus du défenseur Yezersky (5e), le match était plié pour l´Espagne à peine un quart d´heure plus tard. A une tête de Xabi Alonso sur corner (13e) avait succédé un coup franc de David Villa dévié par un dos ukrainien hors de portée de son gardien (18e). Juste avant l´ouverture du score, l´arbitre avait sifflé un hors-jeu sur un départ de Chevtchenko que ne confirmait pas franchement la vidéo, une situation deux fois reproduites par la suite. Mais ce n´était rien comparé à l´expulsion de Vachtchouk au retour des vestiaires après une faute peu évidente sur Villa (47e). Abasourdis, les Ukrainiens étaient menés qui plus est 3-0 après la transformation du penalty. La suite était une longue liste d´actions espagnoles, avec un but de Senna sur une frappe sous la barre refusé pour une faute préalable (65e) et un autre validé de Fernando Torres après un jeu à une touche de balle (81e). Rebrov (73e) et Chevtchenko, pour l´une de ses rares occasions franches (92e), ont bien tenté de sauver l´honneur. Mais en vain : pour les Ukrainiens, ce seront les lendemains qui hantent l´esprit.
