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Juninho s´ouvre au monde
Après Lyon, c´est au tour du Brésil de profiter de l´art du coup-franc de Juninho. Auteur d´un nouveau bijou face à la Grèce, jeudi, le Lyonnais a inscrit son premier but avec la Seleção. Suffisant pour marquer des points et réclamer du temps de jeu avec un objectif : disputer le Mondial 2006.
Vu de France, ça n´est pas une surprise. Juninho qui mystifie Nikopolidis d´un coup franc venu de nulle part, c´est du déjà vu pour ceux qui ont suivi l´exceptionnel parcours de Lyon la saison dernière. Mais la qualité de frappe du Brésilien a éclaté au grand jour pour la première fois en compétition officielle après 28 sélections. Après l´OL, c´est donc au tour de la Seleção de profiter de sa précision de sniper.
Car le coup franc est un exercice dont raffole Juninho. Un jeu même, au point de prolonger ses entraînements par des séances de coups de pied arrêtés . " C´est vrai que les coups francs me facilitent la tâche pour marquer. Il y a un jeu qui s´instaure entre le tireur et le gardien. De mon côté j´essaie de ne pas regarder les yeux de mon adversaire, je me concentre plutôt sur mon tir" , explique-t-il. La saison dernière, 8 de ces missiles ont fini dans les buts adverses ( 6 en championnat, 1 en Champions League et 1 en Coupe de France) pour un total de 13 réalisations.
Un but sur trois sur coup-franc !
Depuis qu´il est arrivé à Lyon, il a sévi à 19 reprises sur ses 51 buts, soit une proportion de près d´un but sur trois. Mieux, 50 de ses 51 buts ont permis aux Gones d´arracher une victoire ou un nul. Juninho, meilleur buteur des champions de France, refuse pourtant cette étiquette. " Je n´ai jamais eu l´intention ni de devenir un buteur ni de me considérer comme tel. C´est une grande surprise pour moi de marquer autant de buts", insiste-t-il à longueur d´interviews. Admirateur de Zico et Gerson, Juninho estime toutefois que le coup franc est l´un des gestes les plus élégants du football.
Ses performances à l´Olympique lyonnais lui ont valu d´être convoqué au sein de la Seleção de l´entraîneur Carlos Alberto Parreira. Et, sur sa lancée, le canonnier a frappé d´entrée, marquant son premier but avec la sélection brésilienne. " Je suis très heureux d´avoir pu disputer quelques minutes du match et d´avoir marqué mon premier but. En fait, j´étais déjà en vacances, mais je suis toujours prêt à tout donner pour l´équipe nationale. J´ai eu la chance d´avoir une opportunité sur coup-franc tout de suite après mon entrée en jeu", a-t-il modestement commenté.
" J´espère jouer plus"
Pourtant, ce but est sans doute le signe que Juninho a pris du poids en équipe nationale après son parcours remarqué avec Lyon. " Au Brésil on n´entendait parler que du Paris-Saint-Germain et de l´Olympique de Marseille. Lyon, personne n´en avait jamais entendu parler" , se souvient-il. Mais les choses sont en train de changer et le Lyonnais en tire une grande confiance : " J´ai beaucoup de confiance aujourd´hui et je sais que je peux faire la différence sur un coup de pied arrêté bien placé".
Preuve en est le naturel avec lequel, au milieu des stars auriverde, il s´est emparé du ballon pour tirer son coup-franc face à la Grèce. " Comme Ronaldinho était sorti, je savais que c´était à moi de tirer les coups francs", a-t-il expliqué. Désormais, " Juni" espère gagner du temps de jeu : " J´espère jouer un peu plus et qu´on gagnera à nouveau". Seul bémol, le Lyonnais ne s´est pas senti très à l´aise à son poste. " Ce soir, je suis entré sur le côté droit mais j´espère avoir, une autre fois, une opportunité de jouer dans l´axe", a-t-il lancé à l´intention de Parreira.
" Une Coupe du monde, mon rêve"
Au fil des matches, le maître artificier se fait une place. Titulaire à neuf reprises, il a sans doute marqué des points auprès du sélectionneur face à la Grèce. " J´ai l´impression de bien m´intégrer à l´équipe. Aujourd´hui, j´ai atteint 30 sélections et je suis régulièrement titulaire, ce qui est plutôt bien dans une équipe pleine de joueurs de talent. Chaque match joué avec le Brésil est une joie et c´est toujours un honneur d´être présent", dresse-t-il comme bilan.
Mais Juninho a des ambitions plus élevées avec le Brésil. Après avoir manqué le Mondial 2002 et la Copa America, il ne veut pas rester à quai pour le prochain rendez-vous en Allemagne en 2006. " Après avoir remporté plusieurs titres dans mon pays et ici en France, il serait frustrant pour moi de finir ma carrière sans avoir disputé une Coupe du monde", avoue-t-il. " Mon plus grand rêve est de représenter le Brésil à la Coupe du Monde - un tournoi auquel je n´ai jamais participé".