Foot - Coupe - Lyon - Coupet : «Le bon moment»
Grégory Coupet (Photo L'Equipe) s'est fait attendre. Il était presque deux heures du matin lorsque le gardien de l'Olympique lyonnais s'est présenté en salle de presse. Quelques mots sur le doublé historique Coupe de France-Championnat réalisé par son équipe un peu plus tôt aux dépens du Paris-SG -«ce n'est que du bonheur»-. Puis évidement les explications sur sa décision de quitter l'OL en fin de saison. «Un choix personnel», presque familial, mais en aucun cas dicté par des offres d'autres clubs. Le portier des Bleus se dit même prêt à arrêter sa carrière s'il ne trouve pas chaussure à son pied. Entretien.
«Grégory Coupet, depuis quand savez-vous que vous ne serez plus lyonnais la saison prochaine ?
Depuis dix, quinze jours maximum. Mais j'y avais déjà pensé la saison dernière. C'est une décision dictée par l'envie de préserver ma famille, mais aussi ma vie future. J'avais envie de choisir ma sortie. Que mes enfants soient fiers de porter mon nom. Ça peut paraître dérisoire, mais je jure que je n'ai rien signé avec personne. C'est simplement un choix personnel.
Pourriez-vous être tenté par une aventure à l'étranger ?
Si je peux allier le côté familial avec l'aspect sportif... J'ai un enfant de huit ans. Si dans deux ans, le temps que je me donne pour une aventure à l'étranger, il peut parler anglais, ce serait fabuleux. Maintenant, je ne mets pas non plus de veto sur l'Allemagne ou l'Espagne. Tout ce que je voulais en annonçant ma décision, c'est que le club me mette sur le marché des transferts. Si l'OL peut toucher de l'argent grâce à moi, ce serait avec grand plaisir. Lyon restera dans mon coeur. Finir maintenant avec Grenoble qui monte en L1, Saint-Etienne qui retrouve l'Europe et Lyon qui réalise le doublé, je pouvais difficilement rêver mieux. Je crois vraiment que c'est le bon moment.
Votre bourde contre Saint-Etienne aurait eu des répercussions sur votre fils ?
Mon fils grandit. A huit ans, il commence déjà à entendre beaucoup de choses. J'ai toujours construit ma vie par rapport à ça. Je ne veux pas que mes enfants subissent ce que je suis. En partant maintenant, je pense qu'ils seront juste fiers de s'appeler Coupet.
Pour revenir sur ce dernier match, n'a-t-il pas été trop dur à vivre ?
Non, franchement, ça s'est bien passé. Et puis, de toute façon, à titre personnel, je n'ai rien gagné. J'ai simplement eu la chance de vivre dans une période faste pour l'Olympique lyonnais. J'ai contribué à quelque chose, j'ai mis ma pierre à l'édifice, mais, c'est d'abord l'équipe qui a remporté des trophées. D'ailleurs, si on avait dû perdre ce soir, cela aurait aussi été logique car on ne méritait pas de gagner.
On ne sent pas beaucoup de nostalgie chez vous ?
C'est difficile, il faut canaliser les sentiments. Mais c'est vrai que je m'attendais à ce que ce soit beaucoup plus fort et beaucoup plus dur émotionnellement parlant. Finalement, il y a avant tout beaucoup de joie. Ça me conforte dans l'idée que c'est le bon moment pour moi de partir.
Et si vous ne trouviez pas de club ?
Si je n'en trouve pas, je suis prêt à arrêter. Très sincèrement»
Greg
