Foot Business : l’OL dans l’ombre du grand Manchester Utd
04/03/2008 - 15 h 20 - Aristide Mamilo
Au-delà de l’enjeu sportif que revêt l’opposition entre Manchester United et l’Olympique Lyonnais ce soir, dans le cadre du 8e de finale retour de la Ligue des Champions, c’est la confrontation entre deux modèles économiques véhiculés par le même esprit, mais encore bien éloignés en termes de résultats.
En effet, le président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas n’a jamais caché que le modèle des Red Devils est son référentiel de base, dans la sphère du football business. Les deux clubs n’évoluent pas encore dans la même catégorie sur ce plan, lorsque United peut se targuer d’un chiffre d’affaires de 324 millions €, Lyon doit se contenter de 140 M€.
Heureusement dans le football le plus riche ne l’emporte pas toujours, sinon les dés seraient pipés dès le départ et le sport roi perdrait de son charme. Cela dit, les chiffres sont des agrégats qui étayent les ambitions d’un club, et qui concourent à ses bons résultats. Manchester a une équipe pour gagner la Ligue des Champions, Lyon non. Cette confrontation est en quelque sorte un duel entre le maître et l’élève, car tout ce qui fait la puissance économique du club anglais (introduction du club en bourse, marketing, gestion de l’effectif) est repris en chœur (à son échelle) par Jean-Michel Aulas, pour l’Olympique Lyonnais.
La marque OL fait son trou
Alors que la manne financière de Manchester United est tirée de ressources diversifiées (Marketing sportif) et propres (stade), l’OL fonde encore l’essentiel de ses revenus sur les résultats enregistrés par son équipe, et évidemment sur les dividendes des droits TV.
137,5 M€ de revenus liés à la billetterie en faveur de United, contre 21,5 pour Lyon. 2,5 M€ de recettes pour les maillots vendus pour les Red Devils, contre 200. 000 pour le sextuple champion de France. Ces chiffres, donnent une image significative de la disparité qui ressort du duel entre les deux clubs, un écart sur lequel le président Aulas veut attirer l’attention « Si l’Olympique Lyonnais arrive, en France, à rester en haut de l’affiche, c’est parce que nous avons des ressources qui sont supérieures à celles de nos concurrents. Les Diables Rouges ont 50 % de ressources en plus que nous, et cela depuis des générations. Cela ne peut pas se gommer sur une rencontre... ».
En lançant la marque OL (transports, brasserie, coiffure...) le président lyonnais espère diminuer l’écart, qui ne sera vraiment perceptible qu’à partir du moment où les recettes du Stade reviendront en totalité au club. Le projet de construction du stade de 60. 000 places à l’horizon 2012 va dans ce sens. Entre temps, Lyon devra se contenter de jouer les cadors en France, mais pas en Europe comme le souligne Jean-François Bourg, économiste au Centre de droit et d’économie du sport « Aujourd’hui, il (Aulas) n’a pas une équipe pour gagner la Ligue des Champions » a-t-il déclaré au Parisien.
La vente des joueurs, une réussite financière de l’OL
S’il y a un domaine dans lequel l’Olympique Lyonnais n’a rien à envier à son adversaire du jour, il concerne l’équilibre entre les achats et les ventes des joueurs. Manchester est auteur des 5 acquisitions les moins rentables de la saison, en achetant des joueurs à un prix supérieur à celui du marché. Man Utd a investi 55 M€ pour les jeunes Nani (21 ans) et Anderson (19 ans), alors que leur valeur conjointe était estimée à 29,7 millions.
À l’exception du transfert de Kader Keita (18 M€ environ) en provenance de Lille, Lyon achète les meilleurs du championnat à des prix raisonnables, et obtient des plus-values importantes lors de leurs reventes. Essien acheté 11 millions à Bastia, revendu 37 millions à Chelsea. On pourrait également citer Malouda et Abidal dont les ventes conjointes ont rapporté 35 M€ au club.
Par ailleurs, Lyon tire bénéfice de sa politique de formation qui devraient générer des futures ventes lucratives, dont les symboles cette saison sont Hatem Ben Arfa et Karim Benzema. Le chantier reste néanmoins énorme pour le Champion de France, qui mesure l’ampleur du travail qui lui reste à accomplir.
Cela passe notamment par la capacité du club à conserver ses meilleurs éléments les saisons à venir. Si Lyon ne peut pas garder Benzema ou Ben Arfa, comment peut-il espérer remporter une Ligue des Champions, alors qu’il renforce les concurrents ?
Pas mal l'article, pour une fois ...
^^