Lettre écrite par un mec :
Monsieur le président (je vous écris une bafouille)
Monsieur le Président Aulas,
Je sais que j’ai failli à la mission lyonnaise l’an dernier en revendiquant l’envie d’aller jouer en Angleterre, dans l’un des clubs les plus riches, Chelsea.
Je sais, je vous ai fait mal car vous m’aviez fait confiance pour animer le côté gauche de votre équipe et faire croire aux yeux du monde qu’Abidal était un excellent lanceur de ballons pour moi. Oui, je l’avoue auujourd’hui, j’ai dû multiplier, plus que de raisons, les appels de balles afin de faciliter une passe dans l’espace de la part d’Eric.
Je sais, Monsieur Aulas, que sans vous, je serais resté à Guingamp.
Sans vous, je serais peut-être parti à Marseille afin de joueur avec mon copain Didier le temps d’une saison. Lui serait parti à Chelsea, moi, j’aurais plongé dans l’anonymat le plus complet.
Oui, je sais Monsieur le Président que, sans votre présence, je n’aurais pas eu beaucoup de chances d’enfiler la tunique bleue frappée du coq, je n’aurais même pas eu les moyens de m’acheter une TV pour suivre la coupe du monde 2006 étant donné ma faible rémunération guingampaise.
Oui, Monsieur le Président, je vous regrette à l’heure actuelle. Je suis jaloux de voir vos yeux s’émerveiller des prouesses d’Hatem, comme vous le faisiez, il n’y a pas si longtemps, lorsque je dribblais Demont au stade Félix Bollaert.
Vous m’avez sans doute à juste titre remplacé car je ne me suis pas rendu compte de ce que vous aviez fait de moi: un joueur heureux, encensé par mes pairs et récoltant le trophée de joueur de ligue 1. Nous en avions tellement rigolé!
Je me languis de vous Monsieur le Président, je me languis de l’Olympique Lyonnais qui m’offrait la possibilité de briller dans une ambiance chaleureuse agrémentée de quelque côtes du Rhone les soirs de victoires en championnat, et dieu sait qu’il y en a eu, n’est-ce pas Monsieur le Président! Je vous devine rire derrière mes quelques mots.
Je sais que ces souvenirs vous reviennent.
Vous me manquez terriblement. Les copains aussi, même le Gros Gérard me manque. Si vous saviez à quel point je m’ennuie. Il est aujourd’hui 20h à Londres et je prends la plume pour vous écrire.
Je n’en parlerai pas. Car oui, je l’ai déjà avoué aux médias, mais je m’ennuie de la culture française dans ce pays où joueurs ne pensent qu’à accumuler chèques, grosses voitures et soirées nocturnes. Les entrainements sont également ennuyeux et les joueurs montrent un tel manque de respect et d’humilité.
Juste ces derniers mots, Monsieur le Président: je vous remercie d’avoir fait de moi plus qu’un joueur, mais un homme.
Je suis parti loin de vous mais mon cœur est encore quelque-part à Lyon.
Même si vous vibrez des dribbles de Hatem ou des frappes chirurgicales de Karim, donnez-moi encore de votre respect comme vous l’avez accordé de nouveau à Sydney.
Mes dernières heures sont comptées, ici à Londres.
Monsieur le Président, je voudrais revoir Fourvière éclairée de nuit.
Florent
Bien faite je trouve 