Lyon, Brésil mon amour
26/10/2007 - 16 h 28 - Laurent Salvaudon
Passé du statut de paria à celui de piston indispensable au nouvel équilibre de l’OL, Fabio Santos ne fait en ce moment que perpétuer la tradition récente du succès des Brésiliens à Lyon. Après les Anderson, Juninho, Cris, Edmilson, Caçapa et autres Fred, le club rhodanien entend perpétuer un filon hautement bénéfique et dont la clé de voûte a un nom : Marcelo.
Aujourd’hui largement au-dessus de la mêlée au niveau national, l’Olympique Lyonnais a donc réussi à trouver la bonne recette pour grandir et devenir un club respecté à l’échelon européen. Si le président Jean-Michel Aulas avait su progressivement faire grimper à son club les marches du succès à travers un appréciable développement économique dans les années 1990, c’est pourtant l’une de ses décisions les plus anodines qui a fait passer un palier définitif à l’OL pour dominer la France.
Marcelo, bon pied, bon oeil
Marcelo Kiremitdjian Djian (41 ans), plus connu sous le nom de Marcelo, n’est plus un total inconnu. Honnête défenseur central ayant effectué la majeure partie de sa carrière au Brésil, il a été le premier Carioca passé sur les bords du Rhône depuis Pirès quarante ans avant lui, puisqu’il a évolué à l’OL de 1993 à 1997. Sélectionné en Seleçao à une seule reprise, Marcelo est surtout reconnu pour voir être l‘instigateur de la colonie brésilienne à Lyon. C‘est en effet lui qui s‘est vu conférer par JMA la mission de surveiller les meilleurs talents nichés dans le championnat brésilien dès son départ de l’OL entériné.
Aujourd’hui force est de constater que son rôle, entre l’observateur, l’ambassadeur du club et le négociateur, est essentiel. La réussite de Sonny Anderson ou d’Edmilson, qui a d’ailleurs pu s’imposer en sélection brésilienne pendant son passage à Lyon, a donné une bonne image à l’OL. Attirer des compatriotes jaunes et verts s’est donc avéré de moins en moins difficile au fil du temps. Cela aussi car le taux de réussite du recrutement orienté par Marcelo est impressionnant. Seul Nilmar, attaquant félin aux qualités incontestables mais à l’irrégularité rédhibitoire, fait aujourd’hui figure de bourde au vu des 15 millions d’euros déboursés pour son acquisition. Raillés à leur arrivée, Cleber Anderson et Fabio Santos sont en train de faire taire les sceptiques, grâce à une force de caractère qui n’a surpris personne dans l’encadrement lyonnais. En effet, même si la qualité intrinsèque reste la donnée principale à l’heure du choix du joueur, d’autres caractéristiques rentrent en ligne de compte : « Quand je repère un joueur, poursuit le recruteur, je fais bien évidemment attention à ses qualités de footballeur, mais j’essaie également de mieux connaître sa mentalité. Par exemple, je savais que Juninho était très pro et qu’il avait l’âme d’un leader. Je ne me suis pas trompé, car il est devenu un des piliers de l’OL, à qui je ne recommande que des garçons sérieux. » expliquait Marcelo dans Lyon Mag la saison dernière.
Une concurrence de plus en plus féroce
Mais si l’OL avait autrefois l’avantage d’attirer des Brésiliens cherchant avant tout une rampe de lancement avant de s’envoler vers un grand d’Europe, rien n’est plus aussi aisé aujourd’hui. Marcelo propose de plus en plus de noms à ses dirigeants, car Lyon n’est plus du tout certain d’obtenir un premier choix. Le dernier exemple, celui de Willian Borges (19 ans, ex-Corinthians), en atteste. Adoré par Bernard Lacombe, apprécié d’Alain Perrin, la révélation offensive des derniers championnats du Monde des -20 ans a pourtant rejoint l’Ukraine et le Shakhtar Donetsk sans que les champions de France n’aient rien eu à dire face aux 20 millions d’euros cash lâchés par le club orange et noir. Également placé sur son coéquipier Eduardo Ratinho (18 ans), latéral droit véloce et hyper prometteur, l’OL a été rapidement dépassé par le CSKA Moscou et ses pétrodollars.
Alors, Anderson et Fabio Santos sont-ils les premiers d’une longue série de seconds choix brésiliens qui risquent de débarquer à Lyon ces prochaines saisons ? Ou bien Marcelo aura-t-il moins de travail car son club se tournera vers des destinations moins coûteuses et actuellement en vogue (Suède, Europe de l’Est) ? Des éléments de réponse pourraient nous être fournis lors du prochain mercato hivernal ou l’OL entend rectifier certaines erreurs de casting.
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