RENNES / SYLVAIN WILTORD :
« Je ne suis pas un sauveur »
Nicolas COUET - jeudi 23 août 2007 - 14h58
Après avoir effectué son premier entraînement à la Piverdière jeudi matin, Sylvain Wiltord a confié ses premières impressions sur ses retrouvailles avec le maillot rennais et sur la fin du feuilleton de l’été.
Wiltord portera le numéro 6
Après s’être entraîné devant un public venu en masse, Sylvain Wiltord a présenté son nouveau maillot devant une salle de presse bien garnie L’ancien Lyonnais portera le numéro 6 qui appartenait auparavant à Grégory Bourillon, parti cet été au Paris Saint-Germain. Sa participation pour le match face à Metz, samedi reste incertaine. « On verra, a indiqué Pierre Dréossi. Il est opérationnel pour s’entraîner mais on prendra le temps qu’il faut pour qu’il joue. »
En marge de la présentation à la presse, Pierre Dréossi a affirmé qu’Emerson arriverait jeudi après-midi. Le manager rennais a, par ailleurs, « décidé de prêter Moussa Sow » sans préciser sa destination. « Lyon recherche un attaquant » a t-il ironisé.
Sylvain Wiltord, quelles sont vos premières impressions pour votre retour à Rennes ?
J’ai fait ma formation ici et revenir après dix années, ça me fait plaisir. Je regarde un peu le changement, comme le centre d’entraînement qui a changé. Je ne connais pas encore le stade même si je suis venu avec Lyon. J’ai hâte de le découvrir. Je connais un peu la ville où je retrouve les gens que je connais. Le plus important est de retrouver vite les terrains.
Vous reveniez souvent à Rennes depuis votre départ ?
Je revenais à Rennes souvent parce que j’ai encore des proches. J’ai toujours gardé des attaches avec certains joueurs et certains dirigeants. Ca fait plaisir de retrouver Michel Sorin (entraîneur adjoint), Landry Chauvin (entraîneur adjoint) et Pierrick Hiard (entraîneur des gardiens). Ca me rappelle de très bon souvenir quand j’ai commencé ma carrière.
Vous devez être soulagé que le feuilleton se termine enfin…
Je suis très content, ça a été long et pesant. Quand on est footballeur, on a envie de jouer rapidement et c’est vrai que rien ne remplace les matchs. Le fait de s’entraîner et voir les collègues jouer, c’est toujours contraignant. Depuis que j’ai pris la décision de rejoindre Rennes, j’étais impatient d’arriver et de pouvoir vite jouer. C’est vrai que ça a été long et que ça aurait pu être beaucoup plus simple.
Avez-vous des regrets par rapport à toutes les choses qui ont été dites ?
Parfois, ils oublient qu’on a une famille et c’est un peu embêtant. Mais je leur ai dit qu’on réglera ça un peu plus tard. Je pense vite à jouer avec Rennes et je m’occuperai un peu plus tard de Lyon. Il y a eu beaucoup de choses de dites, vraies ou pas. Je vais faire une ou deux interviews pour tout remettre à plat et pour que j’oublie rapidement afin de passer à autre chose.
Avez-vous quitté vos partenaires en bons termes ?
A Lyon, on était une petite famille. Je n’ai eu aucun problème avec qui que ce soit et vous pouvez demander à tout le monde là bas. Je n’ai aucun problème avec Fred non plus.
Depuis quand avez-vous pris la décision de rejoindre Rennes ?
Ma décision a été prise quand Lyon a fait le forcing pour se séparer de moi. Je n’ai jamais dit que je voulais m’en aller de Lyon mais après plusieurs discussions avec le président (Jean-Michel Aulas) et le nouveau coach (Alain Perrin), je me suis rendu compte qu’ils voulaient se séparer de moi. Comme j’aime jouer avec beaucoup de plaisir et d’envie pour des gens qui me veulent, j’ai pris la décision de m’en aller. Et le Stade Rennais était la touche qui m’intéressait le plus.
En venant à Rennes, n’avez-vous pas l’impression de régresser ?
Venir à Rennes s’inscrit dans une continuité. C’est un autre challenge d’essayer de faire grandir encore le Stade Rennais. Le club n’était pas loin de la Ligue des Champions et, sur un projet à long terme, c’est un vrai challenge. Je ne pense pas régresser, je vais toujours jouer au foot pour prendre autant de plaisir.
« Je postule toujours pour l’équipe de France »
Souvent, les joueurs qui reviennent dans leur ancien club, ça ne marche pas très bien…
(rire) Je ne l’espère pas. Ca fait dix ans que j’ai quitté le club, ça commence à faire longtemps. J’ai l’expérience pour gérer ça et pour ne pas me mettre trop de pression. Même si c’est vrai que, depuis pas mal de mois, on m’attend. Je ne vais pas me prendre trop la tête. Je n’ai pas une étiquette de sauveur ou quoi que ce soit. Je vais apporter mon savoir-faire, mon envie de jouer, ma gnac.
L’équipe de France reste toujours un objectif ?
Tant que je joue en club, c’est vrai que je postulerai pour l’équipe de France. Quand on goûte au maillot bleu, on a toujours envie de jouer avec cette équipe. Tant que je ne suis pas blessé, que je cours et que je prends du plaisir, je postule même s’il y a des petits jeunes qui poussent, notamment Jimmy Briand. J’ai envie de retrouver ce groupe parce que j’apprécie énormément d’être en équipe de France.
Avez-vous eu des contacts avec Raymond Domenech ?
Non, je n’ai pas eu de contact mais il a du voir ma situation. Ca s’est déjà passé l’année dernière, il ne m’avait pas sélectionné avant de me rependre après. Même s’il ne va peut être pas me reprendre cette fois. Ca passe tout simplement par le Stade Rennais.
« Je suis un enfant du cœur »
Votre objectif est de marquer des buts ?
(rire) Je suis là pour faire ce que je sais faire, ça m’est arrivé de marquer des buts, de faire des passes mais aussi, d’avoir des passages à vide. Je n’arrive pas en sauveur qui va marquer trois buts à chaque match.
Il y aura de la concurrence en attaque…
Comme dans tous les clubs. A Lyon, on se retrouvait à quatre ou cinq attaquants et ça ne m’a jamais empêché de bien m’entraîner avec toujours la même envie, que je joue ou pas.
Fonctionnez-vous à l´affectif ?
Quand on a envie de moi, j’ai envie de bien travailler et c’est une grande joie de revenir au stade Rennais. Maintenant, il y a une attente, ce qui est normal. Je ne suis pas un enfant de la région peut être plus un enfant du coeur. Je vais bien me préparer pour donner le meilleur de moi-même.
Propos recueillis à Rennes par Nicolas COUET