LYON / CLAUDIO CAÇAPA :
« Partir la tête haute »
Entre les blessures et les mises à l’écart, Claudio Caçapa vit une saison difficile. Sa dernière à Lyon. Le capitaine de l’OL annonce en effet son départ du club en fin de saison. Non sans tristesse.
Claudio Caçapa, pourquoi avez-vous décidé de quitter l’Olympique Lyonnais ?
Je ne joue plus ici. Je suis déçu mais c’est le foot. Il y a des choses pires dans la vie. Alors je vais malheureusement partir. C’est un moment très difficile pour moi mais ça fait partie de la vie. Cela fait six ans et demi que je suis là. J’ai connu beaucoup plus de bonheur que de malheur. Il s’est passé des choses cette saison mais je ne veux pas en parler. Je veux simplement dire un grand merci à tout le monde : le président évidemment, mes coéquipiers mais surtout les supporters qui ont toujours été derrière moi. Même quand j’étais blessé.
Depuis quand avez-vous pris votre décision ?
Le président m’avait donné jusqu’au 31 mars. Je voulais attendre un peu plus mais… C’est le moment de partir. Pour prendre ma décision, j’ai fait appel à tout le monde : mes amis au Brésil, ma famille, ma femme… Ce ne fut pas un choix facile. Ça fait un moment que je réfléchis. J’ai besoin d’un autre club, d’autres ambitions. Je sentais que ma carrière n’avançait plus.
Que ressentez-vous ?
Parfois, il faut prendre des décisions qui font mal. Je suis triste.
Avez-vous eu une discussion avec Gérard Houllier ?
Non. Mais je ne veux rien dire sur lui. Je ne veux pas savoir pourquoi il ne me faisait pas jouer. Je veux partir la tête haute.
Le départ du capitaine aux six titres bientôt, c’est un symbole non ?
Je ne sais pas. Je vais garder l’OL dans mon cœur toute ma vie. J’espère que ce sera réciproque et qu’on gardera un bon souvenir de moi. Vous savez, quand je suis arrivé, il y avait Violeau, Laigle, Laville… Ils sont tous partis. Maintenant, c’est mon tour.
Votre départ représente-t-il une cassure dans le clan brésilien ?
Les Brésiliens de l’OL sont des adultes, des hommes et des joueurs exceptionnels. J’espère qu’ils resteront encore longtemps ici. Ils ont du talent. Avant, il y a eu Marcelo, Elber, Anderson… Je ne vois pas l’OL sans Brésilien !
« Je n’ai aucun contact avec un club français »
On a pourtant dit que votre mise à l’écart a déstabilisé le groupe durant l’hiver…
Je ne crois pas. Personne n’a parlé de mon avenir pendant cette période.
Que pensez-vous de votre successeur Sébastien Squillaci ?
Il a fait une très bonne saison. C’est un titulaire indiscutable. Quand je suis revenu de blessure, Gérard Houllier m’a dit qu’il ferait jouer « Toto ». Je lui ai répondu : « Vous avez raison ». Ce que font Cris et Squillaci est très bien.
Même si Cris préfère évoluer avec vous ?
(Gêné) Je ne sais pas s’il pense ça… Il s’entend aussi très bien avec « Toto » et « Pat » (Müller).
Comment imaginez-vous votre avenir ?
Mon avenir est incertain. J’ai envie de retrouver la motivation comme quand je suis arrivé à Lyon. J’espère jouer encore trois ou quatre ans. Je peux retrouver mon meilleur niveau. Je n’ai que 31 ans. Je veux jouer jusqu’à 34 ans.
En France ?
Je n’ai aucun contact avec un club français. Je vais bien réfléchir mais je veux rester en Europe.
Pourriez-vous porter un autre maillot que celui de l’OL en France ? Celui du PSG par exemple ?
J’aime Lyon, le club, la ville. L’OL représente plus que mon club formateur. Ma vie est ici. Mais il faut partir. Et je suis un professionnel. Je vais bien réfléchir avec ma famille sur la meilleure destination.
« J’ai besoin d’une nouvelle motivation »
Vous auriez pu quitter l’OL en janvier. Regrettez-vous d’être resté ?
Jamais. C’est un plaisir d’être ici. C’est aussi pour cela que je pars. Je ne sais pas si l’an prochain, j’aurai ressenti le même plaisir.
Si vous aviez joué régulièrement cette saison, auriez-vous pris la même décision ?
Je crois. Même en disputant 35 matchs, cela n’aurait rien changé. J’ai besoin d’une nouvelle motivation.
Allez-vous jouer d’ici à la fin de saison ?
Je suis à la disposition du coach. S’il décide de m’aligner, je répondrai présent. J’espère jouer mais s’il préfère préparer la saison prochaine avec les joueurs qui seront là, je le comprends.
Aimeriez-vous disputer la dernière rencontre de la saison à Gerland contre le FC Nantes ?
Je ne sais pas ce que le club prépare. Les joueurs qui ont joué toute la saison méritent aussi de participer à ce dernier match…
Quels sont les images que vous retiendrez de votre passage à l’OL ?
Il y en a énormément. Mais le plus beau demeure la victoire en Coupe de la Ligue en 2001. C’est grâce à ça que j’ai signé un contrat de quatre ans. Ensuite, il y a tous les titres de champions et ce succès 3-0 contre le Bayern Munich à Gerland. Je retiens surtout les amitiés.
Pourriez-vous revenir à l’OL après la fin de votre carrière ?
C’est pour cette raison que je veux partir la tête haute. Je laisse la porte ouverte. Pourquoi pas revenir un jour ?
RESPECT pour cette interview de grande classe 