N. Belhadj - ´Sarkozy parle bien, mais je ne voterai pas pour lui´.
Sur le terrain, le Sedanais Nadir Belhadj allie vitesse, fougue et précision. En dehors, ce spécialiste du couloir gauche a les mêmes qualités. Interview décoiffante (foot décalé, argent, gonzesses, politique) de l´une des grandes révélations de la Ligue 1 à ne pas manquer !
Maxifoot : Nadir, Sedan, ton club actuel, joue mieux que Lyon, ton futur club, depuis quelques semaines. Pourquoi ?
Nadir Belhadj : Je suis d´accord, on joue mieux depuis un mois. Mais il faut pas exagérer, il y a plus de qualité à Lyon. A Sedan, on a retrouvé un peu de stabilité et surtout les joueurs blessés sont revenus. Ca a ramené de la confiance et les bons résultats se sont enchaînés.
Parmi les blessés sedanais qui reviennent, il y a Stéphane Noro, que l´on appelle le «Juninho des Ardennes» . Et Nadir Belhadj, c´est le Roberto Carlos de Dugauguez, alors ?
(Rires) Il y a encore beaucoup de choses à faire pour arriver à ce niveau. Je dois gagner en expérience, donner plus de bons ballons à mes attaquants et tirer au but plus souvent quand je suis en bonne position. Mais la comparaison me fait plaisir !
A Lyon, penses-tu remplacer Eric Abidal ou Florent Malouda ?
Je ne sais pas… Je peux évoluer n´importe où dans le couloir gauche. Je vais me défoncer pour jouer le maximum de matches, quelque soit le poste.
Tu as regardé le match OL-Roma. A la place d´Anthony Réveillère, tu aurais fait quoi face à Mancini ?
C´est très difficile. Mancini est un très bon dribbleur. Vu la course du ballon et le un contre un direct dans la surface, Réveillère a tenté un "recul-frein" , ça n´a pas marché. Il aurait pu essayer de le tacler, mais il aurait sûrement fait faute. Je crois que sur cette action c´était mort dès le début …
A Sedan, ton président est Pascal Urano, à Lyon ce sera Jean-Michel Aulas. Lequel des deux a la plus grande gueule ?
Pascal Urano. Notre président est un fanatique, il descend sur le banc, il crie dans les tribunes, il donne le maximum pour que Sedan ne descende pas… Jean-Michel Aulas, lui, a la classe ! C´est un homme d´affaires. Mais quand il faut l´ouvrir, il l´ouvre…
Un journaliste algérien m´a dit que tu avais refusé une proposition de l´Olympique de Marseille lors du mercato de janvier 2006. C´est vrai ?
Pas exactement. J´aurais bien aimé y jouer, mais les dirigeants n´ont pas pu se mettre d´accord. L´OM est un très gros club, ça ne se refuse pas !
Tu es franco-algérien. Aujourd´hui tu pourrais postuler à une place en équipe de France. Regrettes-tu aujourd´hui d´avoir opté pour l´Algérie ?
Je ne regrette pas du tout. J´ai été sélectionné en équipe de France avec les moins de 17 et les moins de 18. Devant moi, il y avait Silvestre, Evra, Escudé et puis Abidal. Ils étaient tous plus forts que moi, il faut être honnête. Depuis, j´ai progressé, mais je suis fier de représenter aujourd´hui l´Algérie. Mes parents sont fiers de moi.
L´Algérie va-t-elle enfin retrouver une grande équipe ?
On a franchement une bonne génération. On joue à domicile devant 100 ou 110 000 personnes, si on laisse Jean-Michel Cavalli (NDLR : le sélectionneur français des Fennecs algériens) travailler, on peut se qualifier pour la CAN 2008 puis pour la Coupe du monde. On a de très "gros" joueurs !
Quittons le domaine du football. Suis-tu la campagne présidentielle ?
Bien sûr ! On est français, on vit en France, il faut aller voter. J´écoute les programmes de tout le monde. Tous les candidats caressent le peuple dans le sens du poil. Même Le Pen ! Je l´ai écouté à «A vous de juger» , il a osé dire qu´il n´est pas raciste, c´est grave ! Nicolas Sarkozy parle bien, il embobine bien son monde, mais je ne voterai pas pour lui. Finalement, la seule qui écoute les gens, c´est Ségolène Royal, elle leur demande carrément de lui donner des idées. C´est pas non plus comme ça qu´on fait de la politique !
Comment vas-tu choisir ton candidat : la fiscalité, c´est un critère ?
Le plus important, c´est d´aider ceux qui en bavent. Depuis le passage à l´euro, les Français souffrent terriblement. En France, tout augmente, sauf les salaires ! Avec 990 euros par mois pour bosser huit heures par jour derrière une presse et faire vivre avec ça une femme qui ne travaille pas et des enfants, c´est pas une vie, mais à peine une survie. Alors, c´est normal de payer des impôts, même si ça fait chier, il faut le dire aussi… Nous, les footballeurs, on est des privilégiés, au moins pendant dix ans, parce qu´après c´est fini…
Nadir, je crois savoir que tu es célibataire : espères-tu trouver l´élue de ton coeur à Lyon ?
Je n´y pense pas. Je me concentre sur ma carrière. Je ne me prends pas la tête. Mais il faut faire attention aux "gratteuses" …
Aux quoi ? (lol)
C´est comme ça que j´appelle ces filles qui ne s´intéressent à moi que parce que je suis footballeur. C´est difficile pour nous de trouver une fille "correcte" . Comment savoir si elle m´aime pour ma personne ou pour mon argent ?
A Sedan, tu es très sollicité quand tu sors ?
Honnêtement, je ne peux pas te répondre, je sors jamais. J´ai dû aller deux fois en boîte depuis que je suis à Sedan !
