L1 / SEDAN :
Belhadj a mangé du Lyon
vendredi 16 mars 2007 - 14 h 01 - Benjamin RUBINI
PANORAMIC
Rayon de soleil dans la grisaille ardennaise, Nadir Belhadj n’en finit plus d’étonner. Dans leur opération maintien, les Sangliers peuvent compter sur les éclairs de l’Algérien, futur joueur de l’OL.
Pour beaucoup de Français, la Gauche, c’est Ségolène Royal. Pour les Sedanais, c’est royal tout court. Au sein de la lanterne rouge, le gaucher Nadir Belhadj multiplie les prestations haut de gamme cette saison, ralliant tous les suffrages du public. Sa signature chez les Gones au Mercato (pour quatre ans et demi) est ainsi venue récompenser une belle ascension depuis ses débuts à Gueugnon. Elu meilleur latéral gauche de Ligue 2 en 2005 et 2006, le Sedanais a connu un apprentissage accéléré de l’élite : « Ce qui est magnifique, c’est que je n’ai fait que six mois en L1 avec Sedan. Tout ça veut dire que le travail paie. Quand vous êtes bon, vous partez, même si vous êtes dans une mauvaise équipe ou dans une mauvaise passe », confirme l’intéressé.
Revenu en prêt dans les Ardennes, l’international algérien n’est plus le même, si l’on en croit son entraîneur, José Pasqualetti : « Il était un peu perturbé par ce Mercato. Aujourd’hui, il est bien dans sa tête et dans sa peau. Il est libéré. Le fait qu’il reste jusqu’en juin est significatif de sa mentalité. » Sur le terrain en revanche, le cocktail n’a pas changé : explosivité, sens du dribble, toucher de balle… Belhadj est le prototype du latéral moderne, sans cesse porté vers l’offensive. Pas assez décisif (trois passes et deux buts en Ligue 1), certes, mais si souvent au départ des actions. Lui enclenche et les autres poursuivent.
Positionné un cran plus haut à Rennes (2-0), à Nantes (1-1, 5 tab à 6) et à Lens (1-1), le Sedanais brille aussi par sa polyvalence. Quand il évolue devant Lachor, son passé d’ailier (son poste de formation à Lens) revient au galop. Il peut alors perforer sans arrière-pensée (le replacement) et éliminer à son gré. Ses adversaires directs en sortent souvent dégoûtés. Sorti à la mi-temps par Pierre Dréossi lors de la 26eme journée, le Breton Danzé pourrait en témoigner.
Pas question pour autant d’attraper le melon. Quand il s’agit d’évoquer ses performances, Belhadj joue collectif : « Oui, j’ai vu que je progressais. Les coachs que j’ai eus m’ont bien aidé. Serge Romano m’a beaucoup appris sur le plan tactique et sur mon positionnement. Pasqualetti me fait progresser sur d’autres choses, très importantes aussi. » Et ce dernier voit loin pour son joueur : « Il a une grande marge de progression. A Lyon, le niveau ne sera pas le même mais il est à l’écoute et a envie de progresser. Pour lui, le plus dur commence… » En attendant de se frotter à Abidal, Belhadj a un autre défi en tête : sauver son club. « Nous sommes tous dans le même bateau. J’ai fait monter le club en L1 et je veux qu’il y soit toujours en juin quand je partirai. Comme ça, j’aurai fait mon boulot. » S’il bat Bordeaux à Louis-Dugauguez, Sedan aura fait le sien et pourra continuer à espérer un avenir en L1.