LE PIÈGE RESTE OUVERT
D´abord satisfaits d´avoir ramené un 0-0 de Rome, les Lyonnais ont rapidement pris conscience qu´ils joueraient le match retour sur un fil, dans douze jours à Gerland.
Comme contre Milan, mais avec le beau rôle
0-0 à l´extérieur en Coupe d´Europe, c´est «le pire des bons résultats» selon la subtile formule d´Adriano Galliani, le dirigeant de l´AC Milan, après le score vierge des Rossoneri chez le Celtic Glasgow. C´est aussi ce qu´a ramené Lyon du Stade olympique de Rome et cela lui donne, statistiquement, 68% de chances de voir les quarts de finale. L´an passé, contre Milan justement, l´OL avait constaté qu´il valait mieux avoir plié l´affaire à la maison (0-0, 1-3). Dans ces matches «entre équipes proches les unes des autres», selon Gérard Houllier, le champion de France a désormais le beau rôle, celui de l´équipe qui va recevoir. Mercredi soir après le match, il s´est produit quelque chose de rare dans la zone mixte, ce coin de stade où acteurs et journalistes échangent quelques mots sur le chemin du retour. Le plus souvent, joueurs et entraîneurs présentent une vision standard de la partie qui vient de s´achever. Pour une fois, le discours a varié au fil des minutes. Et Lyon, comme dans un dégradé de sentiments, est passé d´une vraie satisfaction à la crainte de voir la filouterie romaine exercer un effet dévastateur entre Rhône et Saône.
22h50. Conférence de presse des entraîneurs. Gérard Houllier est d´humeur délicieuse, et c´est rare. Question d´un confrère italien : «Le résultat nul vous paraît-il équitable ?» . «Oui, ça me semble juste, et vous ?» . «Ma, oui.» «Si un Italien le dit, c´est qu´on aurait pu gagner» rigole le coach. «0-0 à l´extérieur contre une équipe qui a l´habitude de gagner chez elle, c´est un bon résultat», assène l´entraîneur de Lyon, formel à l´idée que l´OL n´avait jamais aussi bien joué en 2007. A l´étage inférieur, Jean-Michel Aulas dit que Lyon «a le résultat qu´il était venu chercher» et défend aussi la thèse d´une renouveau. «On retrouve petit à petit l´OL. On a vu des enchaînements qui avaient fait la réputation de l´équipe», explique le président. L´adjoint d´Houllier, Patrice Bergues, est moins formel sur les deux aspects. «Le regret, c´est de n´avoir pas marqué à l´extérieur avec les occasions qu´on a eues. Tout reste à faire.» 23h30. Un par un, les joueurs défilent pour défendre leur grosse débauche d´énergie. «On a bien fermé les espaces et, même si on a trop reculé à un moment, les Romains n´ont pas d´occasion franche. On n´a jamais douté», relève Squillaci.
Juninho : «Un résultat dangereux»
Mais très vite, il est clair que ceux qui étaient déjà présents lors des précédentes épopées vivent assez mal le fait de ne pas avoir gagné la première manche à l´extérieur, comme en 2004, 2005 et 2006. «Ne pas avoir pris de but, c´est déjà pas mal, mais on n´a pas fini nos actions» regrette Sidney Govou. Juninho, bonnet bas, arrive peu avant minuit. Il parle de «résultat dangereux». D´une moue, Bernard Lacombe, pas loin, semble dire la même chose. Cris abonde : «Il faudra faire très attention, car si on prend un but, on sera obligé d´en marquer deux». Florent Malouda esquisse aussi ce scénario, et puis d´autres. Avec prolongation, tirs au but, voire pire si affinités. Plus que le score, le Guyanais redoute la façon dont la Roma, adversaire si spécial, saura en jouer. «Des petites choses du match nous ouvrent les yeux sur le fait qu´il faudra être bien au-dessus de la Roma pour passer», référence au «cinéma» de l´adversaire (Cris), trop toléré, à son goût, par l´arbitrage. «Il n´y aura pas grand chose à gérer, il faudra les pousser dans leur retranchements et les pousser à la faute.» Contre Porto, il y a trois ans (0-2 à l´aller), Lyon s´était livré et exposé, se rappelle-t-il (2-2 score final). Le risque existe que Lyon n´ait pas encore assez de volume pour l´emballement final à Gerland. «En deuxième mi-temps, on n´a pas gardé le ballon, regrette Cris. On le récupérait et on dégageait sur Fred. Ce n´est pas notre jeu. Lyon, c´est beaucoup de mouvement et de travail sur les côtés. Mais ça, on ne l´a pas fait.»
Ca commence à me faire flipper moi. 