ÉQUIPE DE FRANCE / DAVID TREZEGUET :
« Je l’attends depuis longtemps »
mardi 06 février 2007 - 13 h 30 - Rédaction Football365
PANORAMIC
David Trezeguet, le plus Argentin des joueurs français, est impatient d’affronter le pays de son enfance. Le buteur des Bleus nous parle des raisons de son choix de porter le maillot bleu.
David Trezeguet, vous allez obtenir votre 69eme sélection contre votre pays natal, l’Argentine…
C’est un match que j’attends depuis longtemps, en n’oubliant pas qu’en face il y a la moitié de ma vie. Ça peut être un bon test pour l’équipe de France. Peut-être qu’au début il y aura de l’émotion pour moi, mais je ne dois pas oublier que c’est un match qu’il faut gagner. Je motive mes coéquipiers depuis des mois, car il faut vraiment le gagner, sinon mes prochaines vacances vont être un peu longues. Si ça reste un match amical, on a la possibilité de faire un match de haut niveau. Moi, de mon côté, je suis très fier d’être là, car cette année est assez difficile avec mon club (Ndlr : la Juventus, en deuxième division italienne). Etre là, ça fait du bien dans la tête.
Que représente pour vous l’Argentine ? Beaucoup de souvenirs ?
C’est le pays qui m’a donné les possibilités de faire mes premiers pas dans la vie. Il y a mes amis, ma famille, mes habitudes… Et après, au niveau sportif, ce sont mes premiers pas dans le foot aussi, même si après, je suis devenu pro à Monaco. Dans ce pays, le foot est une passion : dès qu’on est né, on nous donne un ballon et un maillot. Je suis très fier d’avoir connu ça et après de m’être adapté en France et d’avoir été adopté, ce qui est la chose la plus importante dans ma vie.
Vous aviez le choix de porter le maillot argentin, pourquoi avoir opté pur la France ?
Il faut dire que ça a été un choix difficile, pas évident. Quand on est convoqué avec les moins de 17 ans à l’époque, c’est touchant. Après, on s’adapte et plus le temps passe, plus on est fier de porter le maillot bleu. Mais on peut dire à la fois qu’en face il y a un pays où, quand on y naît, le premier rêve est de mettre le maillot de l’équipe nationale. C’est un pays passionné de son propre pays. Mais ça a été un choix. J’ai vécu 17 ans dans un pays qui m’a tout donné. Je suis né avec l’image du Mondial 86 avec Maradona qui lève la Coupe du Monde. En même temps c’est mon premier souvenir des Bleus avec Michel (Platini). Ça a été un choix pas évident. Mais je me suis lancé et je suis très fier de porter le maillot bleu.
« Je dois un respect plus grand à la France »
Vous a-t-on reproché de tourner le dos à l’Argentine ?
Ouais, mais quand on a 17 ans on ne réfléchit pas trop à ça. Ça a été un choix rapide. Six mois après j’ai été convoqué avec les A et on a gagné 98, et là on a compris le choix qu’on avait fait. 1998, 2000, ce sont des beaux souvenirs. Après on a connu l’échec. L’Argentine m’a tout donné, mais je suis fier d’être là et je continuerai ma vie en France.
L’Argentine vous regrette-t-elle ?
Il faut dire que quand j’ai quitté l’Argentine je n’étais pas connu. Après 98, ça a été un nouveau départ au niveau image. C’est là qu’on me parle du choix. La joie d’avoir gagné 98 a été beaucoup plus forte que de porter l’autre maillot. Après il y a eu 2000. Je dois un respect à la France plus grand qu’un autre coéquipier car j’ai été adopté par la France. Je suis fier de donner cette image. Je me suis adapté. Je suis en équipe nationale depuis 98 et plus passe le temps, plus je suis fier d’avoir accepté le maillot bleu.
esperons qu´il va faire un doublé
