LYON / JEAN-MICHEL AULAS :
« Combler le retard »
samedi 27 janvier 2007 - 09 h 10 - Rédaction Football365
PANORAMIC
En lançant l’OL en bourse, Jean-Michel Aulas entend revenir rapidement à hauteur des plus grands clubs européens dans ce domaine. Le président lyonnais ne promet rien et a conscience d’être un précurseur pour la France.
Jean-Michel Aulas, pourquoi avez-vous décidé d´introduire l´OL en bourse ?
A l´instar de tout ce qui se passe en Europe, les clubs sportifs, et pas uniquement les clubs de football, ont besoin de financer un certain nombre d´investissements. La France a pris beaucoup de retard dans son équipement de stades. Cet accès aux marchés financiers va permettre de régler un problème de concurrence et à un certains nombre de clubs sportifs de pouvoir trouver leur moyen de leur financement, en particulier dans la construction du stade. Pour l´Olympique lyonnais, c´est le projet principal.
En Angleterre ou en Italie, certains grands clubs ont pensé comme vous avant de se retirer...
Oui mais cela fait partie de toutes les activités. Dans d´autres secteurs comme l´informatique dans lequel je sévis depuis 25 ans, certaines entreprises dans le domaine de l´Internet n´avaient pas été performantes pendant des années et puis aujourd´hui, les plus fortes capitalisations, les plus forts rendements viennent de ces sociétés-là. Je crois que c´est un business model qui est différent, c´est une époque où la maturité des gestionnaires et des actionnaires fait qu´on peut voir les choses différemment. Nous avons non seulement bon espoir mais des certitudes sur l´avenir.
Quels risques y a-t-il à entrer en bourse pour l’OL ?
Comme toutes les entreprises en bourse, ce sont des risques de non-maîtrise des charges, de non-atteinte en développement en matière de produit, de vente. Quand on va en Bourse, c´est pour donner à l´entreprise les moyens de son développement. Si sans ces moyens nous avons déjà réussi à faire en sorte d´être performants, on peut imaginer qu´avec ces moyens supplémentaires, on va être plus performants. Et c´est à ce moment-là que les investisseurs vont en bénéficier.
Quelles peuvent être les répercussions en cas de mauvais résultats sportifs ?
En diversifiant, on peut désolidariser complètement (NDLR: les aspects sportifs et financiers). Maintenant, il y a toujours une incidence sportive à un moment ou à un autre. C´est à nous de faire qu´elle ne soit pas plus importante que le reste, et qu´on puisse au contraire jouer de l´effet de levier du résultat sportif.
« Nous ne promettons pas de gagner de l’argent »
Redoutez-vous un manque à gagner sur les droits TV suite à la fusion entre Canal et TPS ?
Je fais partie des gens qui regardent ce qui se passe en Europe. Il ne nous a pas échappé qu´en Angleterre, où il y a une plate-forme dominante qui est BskyB, les droits avaient évolué de manière considérable. S´il y a eu fusion entre Canal et TPS c´est pour valoriser encore mieux les droits du football. On n´imagine pas qu´ayant accepté d´investir de manière très performante dans l´acquisition de TPS, les actionnaires de Canal prennent le risque de perdre les droits. Donc nous sommes convaincus que les droits vont continuer d´évoluer selon les tendances européennes.
Estimez-vous être en avance sur les clubs français ou en retard sur les grands clubs européens ?
Il n´y a pas vraiment de précurseur. Il n´y a que des retardataires et donc on est plutôt en avance effectivement sur un certain nombre de clubs français à l´instant « t ». Mais quand nous sommes arrivés, nous étions en deuxième division. Nous sommes aujourd´hui dans un train de retardataires mais ambitieux par rapport au train de l´élite européenne. Nous envisageons avec cette augmentation de capital de combler ce retard le plus rapidement possible.
Combien de temps faudra-t-il à un détenteur d´une action OL pour gagner de l´argent ?
Nous ne promettons pas de gagner de l´argent à court terme. Nous sommes dans un investissement boursier avec bien sûr des perspectives. Comme nous avons une bonne maîtrise de la gestion et de ces opérations financières, on peut dire que jusqu´à maintenant les investisseurs qui nous ont fait confiance ont plutôt trouvé des solutions pertinentes.
jean mimi 